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Contre-budget pour Paris : une autre politique est possible

15 décembre 2014

Graphique dette 2

Héritière et complice de deux mandatures qui ont vu la masse salariale de la collectivité parisienne gonfler de 35 % et la dette de augmenter de 300 % , Anne Hidalgo a finalement été obligée de reconnaître, après des mois de dénis, l’existence d’un découvert de 400 millions d’euros.

Alors que ce fait inédit aurait du servir d’avertissement, la Maire de Paris a décidé d’engager les finances de la ville dans une fuite en avant, en annonçant le 4 décembre dernier que l’investissement sur la prochaine mandature serait non pas de 8,5 milliards d’euros, comme annoncé durant la campagne électorale, mais de 10 milliards d’euros. Quitte à faire progresser la dette « selon un rythme proche de celui constaté sous la précédente mandature » , c’est à dire de la porter à plus de 7 milliards d’euros en 2020, soit une augmentation de 540 % par rapport au niveau de 2001.

Dans ce contexte, le budget 2015 a été comblé avec quelques paillettes et beaucoup d’impôts, les principaux éléments de cadrage reposant sur des prévisions de recettes surévaluées, des estimations de dépenses sous-évaluées, et donc des risques majeurs de dégradation de la situation.

En réalité, la Maire de Paris fait payer aux Parisiens le prix de ses faiblesses

Les Parisiens auraient pu croire qu’avec un maire de gauche, leurs intérêts seraient mieux défendus face au gouvernement dans le bras de fer avec l’Etat sur la question des dotations. Cela n’aura malheureusement pas été le cas, comme en témoignent la réduction de 200 millions d’euros des dotations et la hausse de 70 millions d’euros des dépenses de péréquation, qui contribuent largement au « trou » budgétaire des 400 millions d’euros manquant à la Maire de Paris. Au contraire, la seule chose que la Maire de Paris ait obtenu du Gouvernement pour les Parisiens, c’est davantage d’impôts, comme la création d’une taxe d’habitation sur les résidences secondaires ou la hausse de la taxe de séjour.

De même, on aurait attendu d’Anne Hidalgo qu’elle réduise les dépenses de la ville et parte à la recherche de solutions innovantes pour dégager de nouvelles marges de manœuvre. L’ouverture des commerces le dimanche aurait ainsi pu avoir indirectement un effet positif pour les finances parisiennes, mais la Maire de Paris, afin de préserver sa fragile majorité et de ne pas risquer de nouveaux désaccords, a préféré céder sur le seul sujet sur lequel elle parvient à générer un consensus : dépenser de l’argent qu’elle ne possède pas.

Cette gestion de son image par la dépense publique a un coût pour les Parisiens : non seulement la promesse d’Anne Hidalgo de ne pas augmenter les impôts aura été brisée dès la première année de son mandat, mais le reniement risque de se répéter d’année en année et pour les générations à venir, tant l’exécutif va plonger durablement la ville dans le piège de la dette, qu’il prévoit d’augmenter de 75 % sur la mandature. Or chacun sait que la dette d’aujourd’hui est l’impôt de demain.

Une autre politique est possible

La Maire de Paris et son équipe voudraient faire croire qu’aucune autre politique n’est possible, que la dette n’est pas forcément une mauvaise chose, et que l’augmentation de la fiscalité, somme toute, est un passage obligé.

Une autre politique est possible, sans coûter un euro de plus aux Parisiens. C’est la raison pour laquelle nous proposons une autre logique budgétaire pour Paris, reposant sur une logique d’investissement dynamique, qui sera permise par la maîtrise des dépenses et la réduction de la dette.

Tel est le sens de notre proposition de contre-budget.

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