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La rentrée scolaire 2015/2016

10 septembre 2015

© Sophie Robichon / Mairie de Paris

A ce jour, nous ne disposons pas de chiffres définitifs de la rentrée puisque les constats de rentrée seront disponibles d’ici le mois d’octobre. Pour autant, les estimations fournies par l’Académie portaient les effectifs prévisionnels pour le primaire à 133.599 élèves, soit 1.523 de moins qu’à la rentrée 2014, répartis de la façon suivante :

  • 53.062 élèves en maternelle, soit 1 412 de moins qu’à la rentrée 2014
  • 79 868 élèves en élémentaire, soit 119 de moins qu’à la rentrée 2014.

Malgré les engagements ministériels en ce sens, le taux de scolarisation des enfants de moins de 3 ans, notamment en zone d’éducation prioritaire, ne croît pas, au contraire il diminue.

La forte baisse des effectifs en primaire provient surtout de la maternelle (- 988) et les prévisions établies pour 2015 montrent que pour la 4e année consécutive, la perte d’élèves en maternelle s’amplifie (- 2.160 élèves entre 2011 et 2014, à ajouter aux – 1.412 prévus pour 2015). Preuve que malgré les déclarations de l’exécutif parisien, il ne fait plus si bon vivre pour les familles à Paris, qui visiblement quittent la Ville avant l’entrée à l’école de leurs enfants, puisque les effectifs perdus ne se retrouvent pas dans le privé.

Le patrimoine scolaire

L’état de certaines écoles ou de certains collèges laisse bien souvent à désirer. Alors que durant la précédente mandature, l’opposition municipale n’a pas cessé de demander un audit indépendant, afin d’élaborer un plan pluriannuel d’investissement, pour programmer un véritable plan de travaux pour nos établissements scolaires (constructions, rénovations, extensions), la Ville a fait le choix du chiffre en inscrivant 760 M€ au PIM (selon l’Adjointe), mais sans plan précis de constructions, de rénovations ou d’extensions.

Par ailleurs, en 2013, la CRC révélait, dans son rapport sur la gestion des biens du Domaine public de la ville de Paris, que 25% des équipements scolaires (de l’échantillon étudié, à savoir 12e, 14e, 15e, 18e, 19e et 20e arrondissements) étaient surdimensionnés, au point que l’excédent représenterait l’équivalent de 31 écoles de 10 classes. Elle recommandait alors l’élaboration d’un schéma directeur immobilier scolaire.
Là, encore, et « même si c’est la CRC qui le dit », la Ville passe outre, et aucun document de ce type n’a vu le jour depuis.

A noter qu’à ce jour, 160 écoles seulement sur 662 sont accessibles, dont 114 totalement. (Source : contrat d’objectifs et de performance DASCO annexé au BP 2015)

La sécurité des élèves

Qu’il s’agisse de la violence entre élèves ou de la violence créée par un élément extérieur à l’établissement, force est de constater que la sécurité des élèves n’est pas partout/toujours assurée.
Pourtant, il existe un outil pour les établissements du 2nd degré, mis en place par Luc Chatel, les diagnostics de sécurité, établis par les chefs d’établissement, qui recense les travaux nécessaires à la sécurisation de leur établissement.
Mais la Ville demeure aveugle sur ce problème, malgré les nombreuses interpellations du Groupe UMP au Conseil de Paris demandant entre autres d’identifier les établissements prioritaires pour y installer un système de vidéo-protection.
Cela peut également passer par le renforcement de la présence humaine aux abords de l’établissement : déploiement des inspecteurs de sécurité de la Ville devant les écoles par exemple.

La restauration scolaire

Concernant le Bio, l’objectif fixé par Bertrand Delanoë pour la fin de sa mandature, était de de garantir 30% d’alimentation bio dans les cantines scolaires. Cet objectif était loin d’être atteint dans nombre d’arrondissements (rappelons que la restauration scolaire est assurée à Paris par les arrondissements à travers les Caisses des écoles).
Que dire, alors, de l’objectif de 50% promis par Anne Hidalgo et ses têtes de listes pendant les municipales. Si le développement de l’alimentation durable dans les cantines se révèle si épineux, c’est avant tout lié pour les caisses des écoles à un problème d’ordre financier. Très souvent rappelé par notre groupe, les présidents des caisses des écoles des mairies de la majorité municipale le reconnaissent aujourd’hui bien volontiers. Le plan « Alimentation durable » voté par le Conseil de Paris en juin 2015 n’a rien arrangé.

S’agissant du prix de la cantine, la Maire de Paris a choisi de communiquer largement sur les deux nouvelles tanches tarifaires créées en décembre dernier et contre lesquelles notre groupe a engagé un contentieux, contestant leur légalité.
En effet, ces deux nouveaux tarifs aboutissaient à faire payer le service de restauration scolaire plus cher que ce qu’il ne coûtait réellement. Or, le Code de l’Education le lui interdit.
Le contentieux est toujours en cours, mais la Maire de Paris a choisi de passer outre et d’appliquer ces nouveaux tarifs dès cette rentrée, quitte peut-être à se voir contrainte ultérieurement de les retirer…

Les rythmes scolaires

Mis en place dès la rentrée 2013, alors que rien de l’y obligeait, la Ville a décidé d’appliquer les nouveaux rythmes scolaires.
Depuis maintenant 2 ans, les enfants des classes maternelles et élémentaires ont donc 3 heures d’activités périscolaires gratuites les mardi et vendredi après-midi (2x1h30).

Cette réforme reste la cause d’une désorganisation profonde de l’école, de ses fondements, de son fonctionnement au détriment parfois des règles élémentaires, notamment de sécurité.

Cela aboutit à:

  • des directeurs d’école quotidiennement confrontés à des manquements à la bienséance qui leur est due,
  • des signalements de comportements inappropriés (d’importance inégale) des animateurs, des REV, des associations.

Sur le fond, fatigue démultipliée des enfants en maternelle, manque de concentration et perte des repères en élémentaire sont les piètres résultats de l‘empressement de la Mairie de Paris. Il est urgent d’agir et de revoir cette mise en œuvre des nouveaux rythmes scolaires.