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Les vrais chiffres de la politique du logement à Paris et ses effets désastreux

25 avril 2017

Budget

LE LOGEMENT CONSTITUE UN ÉLÉMENT CENTRAL ET STRATÉGIQUE DE LA POLITIQUE MUNICIPALE.

En effet, le logement à Paris sert de laboratoire à une politique de gauche archaïque marquée par l’omniprésence de l’idéologie : chaque décision de la maire en la matière est estampillée du « label rouge » de son adjoint communiste en charge du dossier.

Un « portefeuille » très largement doté qui représente la priorité d’investissement de la mandature -2 800 millions- dont  500 millions en 2017, ainsi consacrés au logement social comprenant 85 millions d’aides de l’Etat et 180 millions au compte foncier pour les préemptions.

Le montant des acquisitions immobilières a explosé entre 2012 et 2017 passant de 72 millions en 2012 à 180 millions en 2017, soit 250% d’augmentation !

Il apparait clairement que tous les leviers sont systématiquement utilisés pour réorienter en profondeur le logement social à Paris et atteindre un objectif de 25% de logements SRU en 2025.

D’autre marqueurs l’attestent : de 2001 à 2016, 74 000 logements ont été financés mais plus de 60% par acquisition-conventionnement, et seulement moins de 40% en création, ce qui représente en moyenne 2 000 logements par an effectivement produits par la Ville, on est loin des objectifs annoncés de 7000 voire 10 000 logements chaque année .

En outre, les opérations de conventionnement sont intensifiées du parc de logements libres et intermédiaires des bailleurs sociaux : à la seule séance du conseil de  Paris du mois décembre 2016, 4 000 logements ont été conventionnés principalement dans des catégories très sociales alors qu’ils sont situés dans des arrondissements dépassant 25% de logements sociaux.

L’exécutif municipal a d’ailleurs prévu d’accélérer ces opérations, 9 000 conventionnements de ce type sont programmés d’ici 2020.

Quant à l’ensemble de la production, elle demeure particulièrement déséquilibrée : 70 % des logements sociaux ne concernent que des catégories sociales et très sociales (PLUS et PLAI) contre seulement 30% de PLS, et quasiment aucun financement de logements intermédiaires, à peine 200 annuels, en contradiction avec le Plan Local de l’Habitat qui en prévoyait 3 000 par an .

En 2016, 220 000 demandeurs de logements sociaux étaient toujours inscrits pour un logement social dont 130 000 parisiens, soit 45 000 de plus qu’en 2001 et le délai moyen d’attente estimé à 7 ans pour obtenir un logement.

Le constat est sans appel, il est donc avéré que la maire de Paris utilise le logement social pour remodeler à l’avantage de sa majorité la sociologie de la capitale en appliquant une mixité déséquilibrée, qui ne fait que raréfier l’offre pour les jeunes actifs, les familles et les classes intermédiaires, ghettoïser les arrondissements de l’est et déstabiliser le marché de l’immobilier.


 UNE STRATÉGIE COMPTABLE SUR LE DOS DES BAILLEURS SOCIAUX DE LA VILLE

Les finances de Paris sont aux abois, les dépenses de fonctionnement dérapent et s’accumulent à chaque exercice budgétaire au détriment des investissements concrets et urgents qu’attendent les parisiens pour répondre à leurs priorités.

Le budget 2017, comme celui de 2016, repose sur une manœuvre comptable manifeste qui hélas illustre comment la maire de Paris se sert du logement social pour pallier les dérives de sa gestion.

L’opération est menée en trois temps :

  • 1ère étape : il est procédé à une intensification des opérations de conventionnement du parc de logements libres des bailleurs sociaux, près de 9 000 depuis 2014 dont 4 000 en décembre 2016, alors même que ces opérations ne créent pas un seul logement supplémentaire pour les parisiens ;
  • 2ème étape : au lieu de se contenter d’un loyer annuel, les opérateurs sociaux -les bailleurs de la Ville- sont contraints de capitaliser les loyers sur 50 ans, permettant ainsi à la Ville d’encaisser de confortables revenus présentés comme « exceptionnels »  par la municipalité ;
  • 3ème étape : les loyers ainsi capitalisés, qui sont en réalité des recettes d’investissement, font alors l’objet par la Ville d’un transfert en « recettes exceptionnelles de fonctionnement » sur une seule année pour combler les trous budgétaires à répétition.

Il faut savoir qu’un tel montage a nécessité la mobilisation de trois ministres (finances,  budget et  collectivités territoriales) afin d’accorder cette « facilité » -selon l’expression bien choisie de la chambre régionale des comptes qui a dénoncé le subterfuge- pour renflouer le budget 2016 de 354 millions, et celui de 2017 de 283 millions.

La maire de Paris a même annoncé qu’elle comptait renouveler l’opération jusqu’en 2020 en vue d’inscrire de nouvelles recettes  de loyers capitalisés estimées à un milliard d’euros sur cette période, soit environ 300 millions chaque année.

Cette stratégie est non seulement une fuite en avant préoccupante : que se passera-t-il quand il n’y aura plus rien à conventionner ? mais comporte également  des effets encore plus dommageable pour les bailleurs sociaux et  pour les parisiens.

En effet, en privant les bailleurs sociaux d’une trésorerie et d’une capacité d’emprunt qu’ils pourraient utiliser pour un meilleur entretien de leur parc de logements et pour de nouveaux investissements. La ville « plume » littéralement ses opérateurs, et ce d’autant plus que l’évaluation des loyers capitalisés est faite à l’avantage de la ville

Par ailleurs, alors que plus de 130 000  parisiens demandeurs de logements attendent toujours un logement, l’exécutif municipal procède à l’éradication des logements destinés aux classes intermédiaires pour les conventionner en logements sociaux et très sociaux.

Au final, on comprend mieux la finalité de la politique de logement de la maire de Paris, accélérer une politique de peuplement au détriment des classes intermédiaires, tout en constituant une cagnotte par un recours systématique aux loyers capitalisés pour boucler un budget de fonctionnement de plus en plus déficitaire.


 

LA MACHINE À TAXER DE LA MAIRIE DE PARIS TOURNE À PLEIN RÉGIME !

La maire de Paris et son exécutif se livrent à une véritable course aux recettes au détriment des contribuables parisiens, qu’il s’agisse des propriétaires et des acteurs économiques de la capitale.

Malgré ses grandes promesses de campagne de ne pas augmenter les impôts et les taxes, Anne Hidalgo a ainsi multiplié les augmentations de taxes pour tenter de combler les dérives dépensières de sa politique budgétaire.

Pourtant, la Chambre régionale des comptes l’a sévèrement interpellée en 2016, dans un rapport sur les marges financières de la Ville de Paris, pour la mettre garde sur la dégradation générale de sa gestion.

A plusieurs reprises, les élus du groupe les Républicains ont exigé un audit général budgétaire et financier réalisé par un organisme indépendant.

Or, au terme de seize exercices budgétaires, la maire de Paris refuse de présenter aux parisiens une information complète, transparente et incontestable sur l’ensemble  de la gestion de la collectivité.

En dépit de cette opacité entretenue par l’exécutif ; l’analyse des comptes administratifs est sans appel.

A. Hidalgo a amplifié la mauvaise gestion de son prédécesseur, et met en œuvre une politique qui compromet les finances de la Ville : la dette s’envole, la fiscalité continue d’augmenter, le train de vie de la collectivité n’est pas maitrisé et les frais de fonctionnement dérapent lourdement

Il faut savoir que l’encours de dette est passé de 2008 à 2014 de 2,3 à 4,2 milliards d’euros, soit une hausse de 77%, et en 2017 la dette atteindra 5160 millions soit une progression de plus de 40% depuis 2014.

A. Hidalgo n’en reste pas là, et a annoncé, lors de la présentation du budget 2017, un objectif d’endettement de 7,5 milliards en 2020 !

Quant au budget de fonctionnement, il a dérapé de 10% depuis 2014, en augmentation de 300 millions. La masse salariale illustre cette gestion irresponsable : +3% en 2017, 60% en 16 ans dont 10% depuis 2014.

Dans le même temps, l’investissement stagne, les principales dotations sont englouties dans un budget logement particulièrement coûteux de près de 500 millions d’euros par an, dont 180 millions consacrés à toutes les opérations de préemptions qui s’avèrent onéreuses et improductives.

De telles orientations sont lourdes de conséquences et produisent des effets pervers : l’intensification des préemptions entretient la spéculation, déstabilise le marché immobilier, pénalise les primo-accédants et les propriétaires, notamment par la mise en œuvre du droit de préemption urbain renforcé.

Pour financer cette politique anti économique et contre les classes moyennes, la Ville a intensifié les augmentations de taxes : +40% de taxe de séjour en 2015, relèvement des droits de mutation en 2016, application du taux maximal de 60% de la surtaxe d’habitation sur les résidences secondaires en 2017, + 5% depuis 2014 sur les droits de voirie pénalisant particulièrement les  terrasses des 22 000 cafetiers restaurateurs de Paris, +3,7% pour les participations familiales dans les équipements municipaux.

Les résultats sont là :

Paris est aujourd’hui un bateau ivre totalement décalé de la priorité des parisiens, qui est de pouvoir disposer d’une  véritable offre de logement à la location comme à l’achat, et de préserver ainsi  le maintien des classes moyennes dans la capitale.

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