Restez informés

Paris sans frontières

1 février 2017

Visuel1

Un appel à projets pour abattre les frontières entre Paris et sa banlieue

Le boulevard entourant la capitale est rejeté de la ville, enfermant Paris dans ses 87 km intramuros. Les élus les Républicains au Conseil de Paris souhaitent faire de ce site, aujourd’hui périphérique, le véritable point central de l’agglomération parisienne. Il est difficile de dépasser, à moyen terme, la vocation première du périphérique. Captant chaque jour 1,3 million de véhicules, il constitue, aujourd’hui, l’épine dorsale du réseau routier métropolitain. Le renforcement des transports en commun à l’horizon 2030, grâce à la mise en œuvre du Grand Paris Express, ne suffira pas à épuiser les besoins en mobilité et d’approvisionnement de l’aire urbaine parisienne. La suppression pure et simple de cet axe relève donc de l’utopie. Ce n’est pas le périphérique qui est anachronique, mais la coupure urbaine qu’il représente entre Paris et sa banlieue.

6634755_51f70944-e63b-11e6-b46f-ca2197cc15c2-1_1000x625

Faire du périphérique un espace de respiration

Solidement ancré dans le quotidien des Parisiens, cet axe fait l’unanimité contre lui par l’image négative qu’il véhicule. Enfermant pour les uns, infranchissable pour les autres, le périphérique forme une barrière sclérosante qui nourrit les inégalités au cœur même de la métropole. Cette frontière tend d’ailleurs à se matérialiser davantage ces dernières années. Ainsi, la récente zone de circulation restreinte prend appui sur le périphérique pour délimiter l’espace privilégié en matière de qualité de l’air. Les émissions de bruit et de pollution, par les effets qu’elles causent sur la santé humaine, diminuent chaque jour l’espérance de vie des 100.000 riverains immédiats. Dès lors, travailler à l’effacement du périphérique participe directement et de manière radicale à l’amélioration du cadre de vie des habitants.

Capture d’écran 2017-01-29 à 17.53.21

Transformer les frontières actuelles en agora

Le périphérique a, pourtant, des atouts urbanistiques. Loin d’être une rocade inerte, il a su s’adapter aux contraintes spatiales qui sont autant de séquences à aménager selon une identité propre. Les friches et autres délaissés de voirie forment autant de lieux qui gagneraient à réintégrer l’espace urbain. Ce potentiel est pourtant tenu à l’écart du développement de la métropole. Quelques projets de couverture ont été menés à leur terme, mais d’autres ont été mis à l’arrêt. Les regards semblent ces dernières semaines portés exclusivement sur l’hypercentre de la ville, achevant de créer un Paris à plusieurs vitesses. Le lancement d’un appel à projets, visant à estomper le périphérique, n’a pas vocation à faire succéder une enceinte de béton par à une autre. Il s’agit de faire émerger des projets aussi créatifs que réalisables, variés et destinés à résoudre des problèmes laissés, depuis trop longtemps, de côté. Le sujet des portes de la capitale est un exemple parmi d’autres. Alors qu’elles devraient être les places du Grand Paris, elles marquent aujourd’hui davantage des frontières, tant elles sont imperméables pour nombre de personnes, en particulier les piétons et les cyclistes.

L’effacement du périphérique, dans le respect des contraintes spatiales, peut être envisagé sous de multiples formes. Des couvertures légères pourront succéder à des ouvrages plus denses, sans heurter la cohérence globale du boulevard. Il s’agira, évidemment, de satisfaire le souhait des Parisiens de voir une ville toujours plus durable et inclusive s’épanouir autour d’eux. Une ville, enfin, tournée vers l’extérieur et non plus recroquevillée sur elle même. Plusieurs décennies ont été nécessaires pour achever le périphérique. Sa transformation s’inscrira, également, dans le temps long. Les finances publiques sont, aujourd’hui, incapables de supporter le coût de la couverture intégrale ou de l’enfouissement du linéaire.

En privilégiant la forme d’appel à projets, l’objectif est d’assurer la viabilité financière des opérations à travers la valorisation foncière. Certaines portes pourraient accueillir des gestes architecturaux puissants, vecteurs de curiosité et de dynamisme pour le territoire. À l’évidence, Paris ne peut estomper la rupture avec sa banlieue sans associer largement ses partenaires institutionnels. Les communes riveraines, la métropole et la région devront, aux côtés de l’État, être pleinement associées aux différents projets. En matière d’urbanisme, les projets les plus ambitieux émergent souvent au sein d’espaces longtemps délaissés. Nous ne doutons pas que des équipes d’urbanistes de talents ne manqueront pas de se saisir de ce défi.

 

Document à télécharger