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Pourquoi la stratégie piétons d’Anne Hidalgo n’est que de la communication.

17 janvier 2017

Au Conseil de Paris du 30 et 31 janvier 2017, Anne Hidalgo présentera au nom de sa majorité sa « Stratégie Paris piéton ». Cette stratégie vise à « améliorer la vie des piétons et à promouvoir la marche à Paris ».

Dans ce plan stratégique, La Maire de Paris segmente sa politique de déplacement par usager, en opposant les modes entre eux… Or, un Parisien est tour à tour piéton, usager des transports collectifs, cycliste voire automobiliste.

C’est une stratégie des déplacements qu’il conviendrait d’adopter et non une succession de plan pour les cyclistes, pour les piétons, pour le réaménagement de tel ou tel axe. C’est le sens d’un vœu que nous déposerons en Conseil de Paris.

Un plan stratégique qui n’a de stratégie que le nom

L’élaboration de ce texte n’a fait l’objet que d’une commission extra municipale des déplacements. Des échanges ont eu lieu avec les mairies d’arrondissement, mais toujours dans le flou.

La délibération présentée au Conseil de Paris propose de consacrer 5 principes certes consensuels, mais peu précis :

• Faciliter les continuités piétonnes et de nouveaux partages de la voirie ;
• Favoriser la diversité des usages de la rue
• Élever les standards de confort des espaces publics
• Repenser l’orientation des piétons
• Conforter la culture piétonne de Paris
Le constat sur les problématiques rencontrées par les piétons est trop rapidement évacué. Les problèmes sont pourtant nombreux et les diagnostics parfois évoqués manquent d’approfondissement.

Ainsi, le mauvais état de la voirie et singulièrement des trottoirs est passé sous silence. Faute d’entretien, les trottoirs se dégradent et occasionnent de nombreuses chutes. Ainsi, les indemnisations de victimes a atteint 0,9 M€ en 2016 contre 0,5 M€ en 2014.

L’accessibilité des trottoirs, encore trop encombrés, peine à progresser en dépit du plan de mise en accessibilité adopté en 2012 et prochainement revu. La Ville n’y voit qu’un motif de verbalisation pour les terrasses et les étalages, arguant au passage que la nouvelle brigade de lutte contre les incivilités permettra de mieux faire respecter les règlements, à travers la multiplication des PV.

Les quartiers piétons (Halles, Montorgueil) plébiscités par les Parisiens n’ont pas attendu 2001 pour être mis en oeuvre. Ils sont d’ailleurs de moins en moins respectés, faute d’entraves opérationnelles.

L’ensemble de ces chantiers opèrent systématiquement une opposition entre circulation et espaces piétons au lieu de concilier les deux. Par exemple, en plaçant systématiquement les stationnements deux roues en amont des traversées piétonnes, la visibilité est améliorée et les risques diminués.

En annexe de la délibération figure une compilation de projets à titre d’illustration, beaucoup de petits projets et quelques projets plus majeurs, mais déjà lancés. Les projets retenus au budget participatif sont aussi décrits. Preuve que la présente délibération est totalement creuse, celle-ci prévoit de réaliser un guide méthodologie sur la base de ces opérations.