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Révision du statut de Paris : une opération de communication doublée d’une manœuvre politicienne

6 octobre 2015

© Sophie Robichon / Mairie de Paris

Les élus du groupe les Républicains ont appris par voie de presse qu’Anne Hidalgo réfléchissait à une évolution du statut de Paris, ce qu’elle a confirmé plusieurs jours après en déposant un vœu lors du dernier Conseil de Paris.

Sur la forme, nous ne pouvons que déplorer la méthode choisie par la Maire de Paris, puisque c’est aussi en lisant la presse que nous avons appris qu’Anne Hidalgo avait écrit une note confidentielle à François Hollande et Manuel Valls afin d’obtenir une révision de la loi qui gouverne le statut et les compétences de Paris.

La volonté de la Maire d’ouvrir une concertation avec les arrondissements paraît d’ailleurs d’autant moins crédible que tous les détails du plan de Mme Hidalgo sont en réalité déjà arrêtés, comme l’a rapporté Le Monde.

La Maire propose ainsi de fusionner la ville et le département de Paris, projet qui ne peut qu’emporter l’adhésion tellement il est consensuel mais aussi projet très complexe administrativement et sans enjeu particulier, ce qui laisse douter de sa mise en œuvre réelle. 

On découvre par ailleurs avec surprise qu’après avoir refusé toutes nos propositions demandant à ce que la Maire de Paris s’investisse davantage en matière de sécurité, Anne Hidalgo revendique enfin des pouvoirs de police étendus. Il aura fallu plus de deux ans de demandes incessantes de notre part pour en arriver là : que de temps perdu !

Bien plus contestable enfin est le projet de la municipalité socialiste de revoir l’organisation de Paris en 20 arrondissements, au motif qu’il existerait de trop grandes disparités entre le plus petit (le 1er arrondissement, qui compte 17 000 habitants) et le plus grand, près de quinze fois plus peuplé (le 15ème, avec 240 000 habitants). Dès lors, Anne Hidalgo propose de fusionner certains arrondissements (sans dire lesquels) afin d’harmoniser leur taille respective. La Maire de Paris invoque les exemples de Lyon et de Marseille, où les écarts de population entre les plus grands et les plus petits arrondissements ne dépassent pas un rapport de 1 à 3.

Comme à chaque fois les socialistes présentent ce projet comme un enjeu de modernisation, néanmoins il n’en reste pas moins que la conséquence serait d’influencer le rapport de forces gauche/droite en faveur de la première, puisque selon nos simulations une réorganisation de la carte des arrondissements, avec fusion des plus petits, ferait au moins perdre trois sièges à la droite.

Par ailleurs, ce projet conduirait à nier l’identité des arrondissements parisiens, chère aux Parisiens.

 A ce stade, la révision du statut de Paris s’apparente donc surtout à une opération de communication doublée d’une manœuvre politicienne.