Restez informés

Le scandale du vrai faux plan antipollution d’Anne Hidalgo

28 mai 2015

© Jean-Baptiste-Gurliat / Mairie de Paris

Adoptée en février dernier par le Conseil de Paris, l’interdiction des poids lourds les plus polluants à compter du 1er juillet 2015 semble désormais hypothétique. Moins d’un mois avant son entrée en vigueur théorique, rien n’est prêt.

Les zones à circulation restreinte ne pourront être instituées qu’à partir de 2017, le temps que les décrets d’application de la loi de transition énergétique soient publiés.

D’ici 2017, la Maire de Paris comptait s’appuyer sur un article du Code général des Collectivités Territoriales. Or, cette base juridique s’est révélée insuffisante, comme nous le disions en séance du Conseil de Paris en février dernier.

Un amendement à la loi de transition énergétique a introduit une période transitoire, en attendant 2017, pour permettre aux maires de restreindre la circulation des véhicules polluants. Il faut désormais attendre l’adoption définitive de cette loi pour que l’interdiction des poids lourds polluants soit possible à Paris. Or, la seconde lecture du Sénat ne commence que le 30 juin.

Le Préfet de Police l’a indiqué en séance hier : les effectifs de police ne pourront pas être mobilisés pour contrôler la date d’immatriculation des poids lourds et autocars. Il faut donc instituer une vignette pour identifier les véhicules les plus polluants.

Le Premier ministre a annoncé en novembre 2014 qu’un système d’étiquetage des véhicules serait prochainement mis en place. Le Préfet de Police précisait hier que cette identification ne serait prête qu’à la fin de l’année 2015, l’adjoint en charge des transports ne tablant que sur le début d’année 2016. En l’état actuel des travaux interministériels, il n’est pas acquis que les vignettes permettront un contrôle automatisé pourtant indispensable. Surtout, au regard du précédent sur l’écotaxe, il n’est pas interdit de penser que la Ministre de l’Ecologie reculera une nouvelle fois devant le lobby des transporteurs routiers.

Les camions et autocars polluants semblent donc avoir encore de beaux jours devant eux à Paris. Les Zones d’Actions Prioritaires Pour l’Air issues du Grenelle de l’Environnement étaient prêtes à être mises en œuvre dès 2012 pour interdire progressivement les véhicules polluants. Cela fait donc 5 ans que Paris aurait pu agir fermement pour lutter contre la pollution de fond et préserver la santé des Parisiens.