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Si l’école est menacée, alors nous devons la défendre, et non l’affaiblir.

23 septembre 2016

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Lettre ouverte aux parents d’élèves parisiens

Si l’école est menacée, alors nous devons la défendre, et non l’affaiblir.

Le 30 août dernier, une réunion de prérentrée était organisée à l’Hôtel de Ville. Au cours de cette rencontre, en présence du Préfet de Police, Alexandra Cordebard, Adjointe d’Anne Hidalgo, en charge des affaires scolaires, était interrogée sur l’utilisation par la Ville des moyens alloués par l’Etat pour sécuriser les écoles parisiennes, via le Fonds interministériel de prévention de la délinquance. Aucune réponse ne fut apportée.

Depuis plus d’un an pourtant, l’actualité commande de redéfinir drastiquement les priorités. Les écoles, nous le savons, sont des cibles potentielles des terroristes. Mais la Mairie de Paris semble n’avoir toujours pas pris la mesure de cette terrible menace.

Dès les attentats de Charlie hebdo en janvier 2015, nous ne pouvions que constater avec stupeur à quel point les administrations n’étaient pas préparées à de tels drames ; et à quel point les responsables politiques l’étaient encore moins. Des directives contradictoires entre le Rectorat et la Ville, et des consignes différentes entre services municipaux eux-mêmes plongeaient les agents dans l’embarras, les laissant au mieux perplexes et dubitatifs.

Les attentats de novembre 2015 devaient révéler que les leçons de cette crise n’avaient pas été suffisamment tirées. Et ce ne sont pas les circulaires Cazeneuve/Vallaud-Belkacem  publiées il y a seulement quelques semaines qui pourront corriger le tir et rattraper le retard.

Aujourd’hui, les parents nous pressent de multiples questions sur la sécurité dans nos écoles et la protection de nos enfants. La Municipalité parisienne, sous couvert de déclarations rassurantes, reste particulièrement évasive.

A ce jour, les 663 écoles publiques parisiennes (sans oublier les 115 collèges), ne disposent pas des mêmes directives, notamment en ce qui concerne les sorties scolaires, voire reçoivent des directives en contradiction avec les indications de la police ; des textes importants ne sont toujours pas finalisés comme le règlement des gardiens d’écoles ; tous les points école ne sont pas couverts ; les flux d’entrée et de sorties des adultes restent parfois chaotiques, comme les directives de dépose des enfants le matin ; enfin, le plan de sécurité des écoles fraîchement publié prévoit un contrôle visuel des sacs, totalement ignoré en pratique. Les directeurs, qui ne sont pourtant plus chefs d’établissement depuis la réforme des rythmes éducatifs, doivent souvent se débrouiller et gérer les situations comme ils peuvent.

Pendant ce temps, la Ville de Paris démultiplie les initiatives et les réformes malheureuses pour faire de l’école un grand laboratoire expérimental, au sein desquels défilent de plus en plus d’intervenants. A se demander s’il n’y a pas dans les écoles plus d’adultes que d’enfants.

C’est déjà le cas avec sa politique périscolaire pléthorique. Ce sera encore plus le cas avec la réforme des cantines qui permettra à un nombre disproportionné de partenaires inconnus et impossibles à contrôler d’intervenir sur tout Paris.

Tout ceci ne peut plus durer. La sécurité des écoles doit être confiée aux acteurs locaux de la sécurité, avec des consignes précises, dans un esprit de responsabilité.

L’existant doit être simplifié, rationnalisé, en particulier le flux d’adultes chargés des activités périscolaires. La réforme des cantines doit être suspendue sine die, afin de concentrer les efforts des services sur le renforcement de la sécurité, l’amélioration des procédures. Les agents municipaux concernés seront d’ailleurs mieux employés aux vraies priorités plutôt que de participer à des débats stériles.

Voilà les priorités de cette rentrée. Si l’école est menacée, alors défendons-la!
Brice Alzon ; Laurence Amand ; Pierre Auriacombe ; Samia Badat-Karam ; Vincent Baladi ; Véronique Baldini ; Jean-Didier Berthault ; Aline Bessis ; Pascale Bladier-Chassaigne ; Julie Boillot ; Olivier Bouet ; Alix Bougeret ; Geoffroy Boulard ; Céline Boulay-Esperonnier ; Pierre-Yves Bournazel ; Anne-Charlotte Buffeteau ; Emmanuel Caldagues ; Stéphane Capliez ; Sylvie Ceyrac ; Pierre Charon ; Grégoire Chertok ; Marguerite Chevreul ;  Daniel-Georges Courtois ; François-David Cravenne ; Claire de Clermont-Tonnerre ; Hubert de Segonzac ; Bernard Debré ; Eve Desbonnets ; Jérôme Dubus ; Catherine Dumas ; Agnès Evren ; Nathalie Fanfant ; Stéphane Fertier ; Cécile Frattaroli ; Guillaume Frèrejean-Taittinger ; Corinne Gabadou ; Pierre Gaboriau ;  Jean-Jacques Giannesini ; Daniele Giazzi ; Claude Goasguen ; Philippe Goujon ; Philippe Guerre ; Adeline Guillemain ; Marie-Laure Harel ; Yves-Marie Hervouet des Forges ; Thierry Hodent ; Christian Honoré ; Nathalie Kosciusko-Morizet ; Brigitte Kuster ; Jean-François Lamour ; Ariane Laverdant ; Jean-Pierre Lecoq ; Catherine Lecuyer ; Christophe Ledran ; Franck Lefevre ; Jacques Lefort ; Jean-François Legaret ; Pierre Lellouche ; Sylvie Leydet ; Jean-François Lozin ; Benjamin Mallo ; Catherine Mahon ; Jean-Baptiste Menguy ; Déborah Pawlik ; Frédéric Péchenard ; Atanase Périfan ; Josy Posine ; Laurent Queinnec ; Chantal Rolgen ; Nicole Schneider ; Matthieu Seingier ; Benoît Soles ; Jacques Soppelsa ; Dominique Stoppa-Lyonnet ; Isabelle Travaux ; Marie Toubiana ; Alexandre Vespérini ; Jean-Louis Vincent ; Nicolas Martin-Lalande.