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© Jean-Baptiste Gurliat / Mairie de Paris

Les études scientifiques concordent pour démontrer la dangerosité de l’exposition à la pollution. Les Parisiens voient ainsi leur espérance de vie réduite de 6 à 8 mois à cause de la mauvaise qualité de l’air.

Si les pics de pollution exposent ponctuellement les Parisiens à de hauts niveaux de polluants, c’est en réalité la pollution de fond, celle qui est présente à Paris tous les jours, qui est la plus nocive pour la santé.

Les principaux polluants sont les particules fines, principalement émises par les véhicules Diesel et le dioxyde d’azote, irritant pour les voies respiratoires. Le CO2 n’a pas d’incidence directe sur la santé humaine, mais sur le réchauffement climatique.

La Maire de Paris dispose de nombreux leviers d’action pour lutter contre la pollution. La loi Grenelle 2 lui donne la possibilité d’interdire la circulation des véhicules les plus polluants à travers le dispositif des ZAPA. La Ville de Paris a aussi un devoir d’exemplarité concernant sa propre flotte de 4.000 véhicules.

 Une urgence sanitaire

La Maire de Paris multiplie les déclarations dans la presse et en Conseil de Paris sans avoir pris à ce jour de mesures fortes. Le plan antipollution, annoncé pour le mois de novembre 2014 ne sera débattu qu’en février 2015, alors qu’Anne Hidalgo dit en avoir fait la « grande priorité de la mandature ».

L’urgence sanitaire est pourtant bien réelle : les pics de pollutions sont fréquents (décembre 2013, mars 2014, septembre 2014) et la pollution de l’air reste importante chaque jour.

La Maire de Paris a rejeté en mai 2014 le vœu du groupe UMP demandant la mise en place d’une Zone d’Actions Prioritaires Pour l’Air (ZAPA) à Paris. Il s’agit d’une disposition du Grenelle qui permet d’interdire la circulation des véhicules les plus polluants. Le dispositif est opérationnel, un arrêté du 3 mai 2012 fixe en effet la nomenclature des véhicules en fonction de leur niveau de pollution. L’interdiction des véhicules polluants aurait donc déjà pu être appliquée à Paris.

De même, en décembre 2014, la majorité municipale a rejeté un vœu similaire pour les autocars.

Depuis début 2015, Anne Hidalgo semble commettre un énième revirement en défendant désormais le principe d’une ZAPA, tout en se refusant par dogmatisme à prononcer ce terme.

Une ZAPA « low cost »

La mesure envisagée par la Maire de Paris semble toutefois à ce jour moins ambitieuse. En effet, dans un premier temps, seuls les véhicules antérieurs à 1997 et les poids lourds immatriculés avant 2001 seraient concernés.

La Maire de Paris souhaite une dérogation pour les ménages modestes qui possèdent un « vieux véhicule Diesel ». Ce sont précisément les plus polluants. La Ville, privée des recettes de l’écotaxe sur le périphérique, ne se donne pas les marges de manœuvre pour inciter financièrement ces ménages à changer de véhicule.

Anne Hidalgo a proposé des axes à ultra basses émissions (rue de Rivoli, Champs Elysées). Cela n’a pas beaucoup de sens, car les véhicules circuleront sur des axes moins larges, où la dispersion des émissions sera encore plus difficile.

La flotte municipale

La majorité municipale manque de crédibilité tant la flotte municipale est encore largement dieselisée. Au nom de l’exemplarité, la Ville de Paris doit bannir le Diesel de sa flotte municipale.

Anne Hidalgo annonce avoir éradiqué en trois mois les voitures à motorisation Diesel. Or, les berlines et citadines représentent moins de 15 % de la flotte municipale.

Selon une note de la Ville de Paris, 38 % du parc roulant de la Ville fonctionnait au Diesel en juin 2014. Le gazole représente 47,5 % des consommations de carburants en 2013, contre 29,7 % en 2006. La flotte qui roule le plus est donc largement dieselisée.

La Ville est plus sévère envers les délégataires assurant la collecte des ordures ménagères (l’emploi de véhicules Diesel est désormais interdit par les contrats) que pour sa propre régie. 37 % des bennes à ordures ménagères de la régie roulent encore au Diesel. Pis, au lieu de remplacer ses bennes Diesel, elle prolonge leur amortissement. Pendant ce temps, d’autres villes ont fait le choix de bennes 100 % électriques.

Le compte administratif 2013 fait état de l’achat de véhicules Diesel alors qu’une alternative électrique existe, notamment pour les fourgonnettes.

En février 2013, les administrateurs de la Ville de Paris au STIF ont soutenu l’achat de bus Diesel qui rouleront jusqu’en 2028.

En juillet dernier, la Maire de Paris a annoncé à grand renfort de communication un abonnement de 8,9 M€ au budget annexe des transports municipaux pour accélérer la dédieselisation. En octobre dernier, pour boucler son budget municipal, elle en a repris 6,5 M€. L’éradication du Diesel prendra donc plus de temps que prévu faute de volontarisme budgétaire.

Les autocars

Si Anne Hidalgo dit ne plus « supporter de voir Paris encombré d’autocars », elle ne propose rien pour les bannir de la capitale. Elle se contente d’une « coopération avec les opérateurs » pour qu’ils privilégient l’achat d’autocars plus propres. Elle préfère les recettes de stationnement autocars à la santé des Parisiens. Là encore, nous avons proposé d’aller plus loin en interdisant purement et simplement la circulation des autocars polluants.

Chiffres-clés

  • Les Parisiens perdent entre 6 et 8 mois d’espérance de vie à cause d’une exposition à un niveau de pollution trop élevé
  • Le gazole représente 47,5 % des consommations de carburants du parcs roulant de la Ville en 2013, contre 29,7 % en 2006.
  • En 2014, la qualité de l’air n’a pas été jugé bonne par AirParif plus d’un jour sur quatre.