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© Sophie Robichon / Mairie de Paris

A Paris, la sécurité relève conjointement de la Maire de Paris et de la Préfecture de Police. Le Préfet de Police dispose en effet de certains pouvoirs dévolus aux maires dans les autres communes.

Les quelque 2.000 Agents de Surveillance de Paris (ASP) principalement affectés au contrôle du stationnement sont placés sous l’autorité du Préfet de Police mais sont financés par le budget de la Ville de Paris. A l’heure du PV électronique, une redéfinition de leurs missions semble inéluctable. C’est pourquoi le groupe UMP proposera au Conseil de Paris des 16, 17 et 18 mars de consulter les Parisiens par référendum pour savoir s’ils souhaitent ou non la création d’une police municipale.

Par ailleurs, plusieurs réformes législatives viennent petit à petit aligner les pouvoirs de maire de Paris sur ceux des maires de droit commun. Cependant, ce mouvement reste partiel. A titre d’exemple, en matière de circulation, le Maire de Paris est désormais compétent pour toutes les voies de Paris mais doit obtenir l’aval du Préfet de Police sur les axes stratégiques.

La Maire de Paris n’est pas dénuée de leviers d’actions en matière de sécurité. La Ville de Paris dispose d’un corps d’inspecteur de sécurité de la Ville de Paris chargés d’assurer la sécurité des bâtiments municipaux, notamment tous ceux ouverts au public. La sécurisation des parties communes du parc social parisien est également financé par la Ville de Paris.

Les statistiques de la délinquance sont difficilement accessibles pour les Parisiens. Elles ne sont en effet publiées que sur le site de l’Observatoire National de la Délinquance et des Réponses Pénales (ONDRP). Aucune statistique n’est disponible par arrondissement.

La sécurité passe après les PV

L’exécutif municipal pratique souvent la défausse en matière de sécurité. En se réfugiant derrière les pouvoirs du Préfet de Police, il explique que la sécurité n’est pas de son ressort.

Depuis 2001, les Maires de Paris délaissent leurs propres agents de sécurité. La Ville de Paris comptait 750 Inspecteurs de sécurité (ISVP) en 2001, ils ne sont plus que 616 en poste au 31 octobre 2013 : cela représente une diminution de 18 %. Dans le même temps, la mairie a recruté 14 000 nouveaux fonctionnaires.

De même, la Ville de Paris se désengage progressivement de la sécurisation des ensembles sociaux, avec une baisse drastique de sa subvention depuis 2004 (-55 %). Il n’y a par ailleurs plus de subvention pour la sécurité des parkings alors qu’il s’agit ouvrages appartenant à la Ville de Paris.

La Maire de Paris a demandé au Préfet de police de concentrer ses agents sur la verbalisation du stationnement. La sécurité passe après les PV : entre 2007 et 2009, les PV relatifs aux infractions à la circulation ont augmenté de 105 %, mais ceux relatifs aux infractions à la salubrité publique et aux incivilités ont chuté de 74 %.

La vidéoprotection

La vidéoprotection est l’exemple-type de l’inertie de la majorité sortante. Le réseau parisien est timide et tardif puisque l’inauguration des premières caméras n’a eu lieue qu’en décembre 2011. On ne compte à Paris que 1.105 caméras de voie publique pour 2,2 millions d’habitants, soit une caméra pour 2027 habitants. Strasbourg et Lyon comptent deux fois plus de caméras par habitant.

De récents faits divers ont démontré que le réseau de caméras comporte trop de zones blanches. La RATP dispose d’un réseau plus performant avec 27.000 caméras : par exemple, les images du « tireur fou » de Libération qui ont été diffusées au moment de l’appel à témoins en sont issues.

La Ville n’a financé que 5 millions des 230 millions d’euros (soit 2%) du Plan de Vidéoprotection Pour Paris (PVPP). Si le Maire de Paris avait mis un euro pour un euro engagé par l’État, Paris aurait deux fois plus de caméras aujourd’hui.

Chiffres-clés

  • depuis la mise en service du PVPP, 10.000 personnes ont été interpellées grâce aux images issues des caméras.