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© Herzog & de Meuron

Rejeté lors du Conseil de Paris de novembre 2014, le projet dit « Triangle » prévoyait la construction, porte de Versailles, d’une tour de bureaux (90 000 m2) de 180 m de haut, 150 de long et 35 m de large. L’édifice aurait été, après la tour Eiffel (324 m) et la Tour Montparnasse (210 m), le troisième plus haut édifice de la capitale. Selon Unibail, son coût hors taxes aurait été de 535 millions d’euros (estimation 2011).

Initialement, le projet présentait de l’intérêt : un hôtel de 300 à 400 chambres, des espaces de congrès, une pépinière d’entreprises dédiée aux salons, afin de profiter de la proximité avec le parc des expositions, des locaux destinés à la formation professionnelle des salariés du tourisme, …

Toutefois, tous ces éléments ont peu à peu disparu du projet initial, si bien que la Tour Triangle n’aurait été plus qu’une tour de bureaux, alors même que Paris compte déjà trop de bureaux vides.

Conformément à nos engagements de campagne, les élus des groupes UMP et UDI-Modem se sont prononcés contre ce projet porté par la majorité municipale :

  • d’une part, parce que notre capitale a besoin de logements, non de bureaux :  selon une étude de l’observatoire régional de l’immobilier d’entreprise en Île de France parue le 5 novembre 2014, Paris disposait au 2ème trimestre 2014 d’un peu plus de 805 000 m2 de bureaux de seconde main libres de toute occupation ainsi que de près de 45 000 m2 de surfaces vacantes depuis plus de 4 ans dont 56 % avaient été rénovées ;
  • d’autre part, parce que nous sommes opposés à la tour unique qui défigure le paysage urbain, comme l’a fait la Tour Montparnasse, qui est aujourd’hui le monument le plus détesté des Parisiens. Même l’Unesco a émis en octobre 2013 un avis négatif contre le projet de Tour triangle, estimant notamment que « si Paris veut être considérée comme une ville qui a des valeurs historiques et un cadre patrimonial, elle ne doit pas faire ça », précisant que « c’est une très mauvaise idée de mettre des tours à chaque porte de Paris » et que « l’idée de densifier en hauteur, c’est une fausse idée », « ce n’est pas le futur ».

Suffit-il de construire une tour pour développer l’attractivité de Paris ?

La majorité municipale a tenté de présenter la Tour Triangle comme un objet d’attractivité essentiel pour le développement de Paris, Jean-Louis Missika affirmant par exemple que « le projet de Triangle contribuera lui aussi à l’attractivité et à la visibilité du Parc des expositions ».

Or, c’est exactement le même argument d’autorité qui avait été avancé avant la construction de la Tour Montparnasse, qui sert aujourd’hui de cas d’école sur les ratés de l’urbanisme et ne participe en aucune manière à l’attractivité de notre capitale. Il était de même question, comme aujourd’hui, de construire de grands « gestes architecturaux » se voulant modernes, mais qui défigurent durablement l’espace urbain. Ainsi la Tour Montparnasse a-t-elle été classée récemment 2e édifice le plus laid du monde.