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© Marc Verhille / Mairie de Paris

Avec la suppression de 85.000 places de stationnement depuis 2001, les automobilistes sont souvent contraints de stationner de manière illicite, notamment pour des arrêts de courte durée. 2.000 agents de surveillance de Paris contrôlent le respect des règles de stationnement. Ils sont placés sous l’autorité de la Préfecture de Police mais financés par la Ville de Paris.

La Ville de Paris a tout intérêt à ce que le nombre de PV soit le plus élevé possible, car les recettes permettent de couvrir une partie des coûts de fourrière.

Le marché d’enlèvement des véhicules donne aujourd’hui lieu à divers abus. Les sociétés sont rémunérées en fonction du nombre de voitures mises en fourrière. C’est donc moins la dangerosité du véhicule en stationnement que sa proximité avec une fourrière qui est déterminante.

Face à ces dérives, le groupe UMP souhaite que la Préfecture de Police assure directement les enlèvements de voitures, par ses propres agents. Un vœu a été adopté en ce sens par le Conseil de Paris de juillet 2014.

Le fonctionnement

Il existe 6 préfourrières à Paris : Balard, Bercy, Les Halles, Pantin, Foch, Pouchet et 1 fourrière à Paris et 3 en proche couronne : Clichy, Charléty, La Courneuve, Bonneuil.

Une mise en fourrière revient à 204 euros au propriétaire du véhicule : 150 euros pour les frais d’enlèvement, 19 € de frais de garde et 35 euros d’amende de stationnement.

L’enlèvement est demandé en cas de :

  • stationnement abusif : stationnement de plus de 7 jours consécutifs au même endroit ;
  • stationnement gênant : trottoirs, passages piétons, emplacement réservé, double file ;
  • stationnement dangereux : tout stationnement qui réduit la visibilité des autres usagers de la route.

Si ce sont des agents publics qui assurent la verbalisation, ce sont trois sociétés privées qui se partagent le marché de l’enlèvement. Le mode de rémunération par la Préfecture de Police incite aux cadences élevées : 40 euros par véhicule enlevé et 30 euros par moto enlevée.

De plus, les salariés de ces entreprises sont aussi incités à « faire du chiffre » : au-delà d’un quota de 200 véhicules enlevés par mois, ils bénéficient de primes. À la fin du mois, certains d’entre eux doublent leur salaire qui peut alors atteindre les 3.000 euros.

Cette forte incitation pousse les chauffeurs à prendre de grandes libertés avec le Code de la route : téléphone au volant, non-respect des feux rouges, vitesses excessives, prises de deux véhicules avec un seul camion. Les dépanneuses ramassent les véhicules à proximité des fourrières afin d’effectuer le maximum de rotations. Les chauffeurs n’hésitent pas à offrir des « petits cadeaux » aux Agents de Surveillance de Paris (ASP) et à les guider dans leur choix des rues contrôlées, toujours dans le but d’optimiser les trajets.

Des convois commun ASP et voitures d’enlèvement sillonnent fréquemment la capitale. Sitôt le véhicule verbalisé, il est envoyé à la fourrière. Si le Code de la route ne prévoit pas de délai entre la verbalisation et l’enlèvement, une tolérance a toujours existé. La Préfecture de Police a choisi de laisser aux ASP le soin de discerner si l’enlèvement est urgent.

La nécessité de faire du chiffre est l’une des conséquences du désengagement de la Ville de Paris dans le financement des enlèvements. Malgré quelques rallonges budgétaires de la Ville de Paris, la Préfecture est obligée de financer le chapitre des fourrières par des mesures de gestion interne.

Le stationnement

Ces dérives concernant le fonctionnement des fourrières soulèvent la question plus large du stationnement à Paris. La suppression de 85.000 places depuis 2001 favorise le stationnement illicite. Par exemple, faute de place de stationnement de courte durée, les automobilistes sont contraints de se garer sur les bateaux d’immeubles, en double file ou sur les passages piétons.

La majorité municipale refuse par dogmatisme de construire des parcs de stationnement souterrains. Ils permettraient pourtant de libérer la voirie du stationnement de longue durée au profit de places pour s’arrêter quelques minutes.

Cette politique de court terme cherche à contraindre l’automobiliste, mais ce sont tous les Parisiens qui sont pénalisés. 20 % du flux de circulation est constitué d’automobilistes en quête d’une place de stationnement. Roulant à très faible allure, ils polluent 50 % de plus qu’un autre véhicule. Tous les Parisiens subissent donc les émissions nocives, en particulier de particules fines, dégradant de près de 6 mois leur espérance de vie.

Chiffres-clés

  • 250.000 voitures enlevées chaque année (1.000 par jour de semaine) contre 200.000 en 2001 ;
  • 2.000 agents de surveillance de Paris chargés de verbaliser les véhicules en stationnement illicite ;
  • au 1er janvier 2015, les frais d’enlèvement ont augmenté de 19 % (150 € contre 126 € en 2014).