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Intervention de Brigitte Kuster sur la propreté – Février 2016

18 février 2016

Madame la Maire, mes chers collègues,

Depuis l’arrivée de la gauche à la Mairie de Paris, la malpropreté est un sujet d’insatisfaction générale, Bertrand DELANOË l’a rapidement reconnu, sitôt d’ailleurs son mandat achevé.

La situation est devenue dans certains sites parisiens insupportables car subie au quotidien et semble même devenue maintenant impossible à éradiquer, particulièrement à la périphérie de Paris, mettant en exergue avec les communes voisines la différence de traitement et de moyens mis en œuvre.

Notre espace public n’est pas tenu et dans trop d’endroits, le non-droit devient d’ailleurs la règle dans certains quartiers, où la saleté attire la saleté et où elle n’est que très faiblement réprimée.

Il faut dire que les moyens fournis par la Mairie de Paris ne sont pas au rendez-vous. Sans parler du fort taux d’absentéisme à la Direction de la Propreté, les effectifs utilisés pour verbaliser les comportements inciviques sont dérisoires. On compte par exemple 4 agents verbalisateurs pour 171.000 habitants dans le 17e arrondissement. C’est pourquoi le transfert envisagé des A.S.P. pour renforcer les effectifs qui combattent les incivilités ne pourra être qu’une bonne chose.

Par ailleurs, avec la hausse vertigineuse de la taxe de balayage, taxe dont vous remarquerez au passage qu’elle est particulièrement inéquitable, nos trottoirs devraient pour le moins être propres. Il n’en est évidemment rien et les Parisiens sont même appelés cyniquement à contribution, dans tous les sens du terme, avec l’opération « Paris, fais-toi belle » par laquelle ils fournissent ainsi le beurre et l’argent du beurre.

Cette saleté engendre aussi une perte d’attractivité économique d’autant plus préjudiciable qu’elle confère à la France une image désastreuse auprès des visiteurs étrangers. Notre Capitale a ainsi le triste privilège d’avoir donné son nom à un trouble psychologique appelé « syndrome de Paris ». Il n’est pas étonnant dans ces conditions, même si ce n’est pas l’unique facteur, que Paris ne parvienne jamais à surpasser sa rivale Londres dans les classements internationaux des métropoles les plus attractives.

Ainsi, face au constat d’échec acté par votre communication, nous devons imaginer de nouveaux modes de fonctionnement. C’est pourquoi nous proposons que les maires d’arrondissement soient au cœur de la stratégie de propreté de Paris, puisqu’ils sont les premiers sollicités par leurs administrés qui ne conçoivent pas qu’il n’y ait pas plus de pouvoir pour améliorer leur quotidien.

Il faut davantage de pragmatisme et d’ambition. En tout premier lieu, même si cela semble être une évidence, il faut que les agents verbalisateurs soient présents au moment des infractions. Or l’évolution de leur rythme de travail telle qu’elle nous été annoncée semble très restrictive. Il faudrait donc intégrer une souplesse alors que, nous le savons, les incivilités suivant leurs origines ont des horaires nécessitant une grande amplitude.

Paris doit aussi être plus volontaire sur certains phénomènes qui empoisonnent la vie de ses habitants comme les étiquettes publicitaires autocollantes qui vandalisent les murs des immeubles, les poteaux électriques ou les feux tricolores. Il y a également les prospectus qui sont posés sur les pare-brise et que l’on retrouve bien trop souvent par terre. Nous avions d’ailleurs à l’époque proposé un vœu que vous avez rejeté sans même formuler la moindre contre-proposition pour interdire ces prospectus sur les véhicules.

Je ne me lasserai pas non plus de répéter combien je déplore que vous ayez joué petits bras pour la collecte pneumatique des déchets sur la Z.A.C. « Clichy-Batignolles », 81e futur quartier de Paris présenté par vous-même comme un écoquartier. Seulement, en limitant aux seuls immeubles d’habitation cette collecte pneumatique, vous avez ruiné l’espoir de créer un quartier pionnier sans camion-benne.

Pour conclure, contrairement aux apparences, la propreté mérite un grand professionnalisme et une véritable volonté politique. C’est une affaire sérieuse dont les enjeux sont beaucoup plus importants que l’on pourrait le croire. Les comportements sont longs à faire évoluer et nécessitent rigueur, astuce, volontarisme et constance.

En tant que maire du 17e et je m’exprime ici aussi au nom d’autres maires les Républicains, nous l’avons dit, la frustration est quotidienne quant au manque de moyens donnés.

Vous venez de nous annoncer des nouvelles sanisettes, des milliers de cendriers de poche. Formidable, mais sachez que nous ne vous avons pas attendu, avec nos faibles moyens d’arrondissement pour sensibiliser les habitants à des comportements plus civiques tant au niveau du tri sélectif qu’à un écocivisme.

Ce matin, vous disiez dans « le Parisien », Madame la Maire, je vous cite : « Paris, ce n’est pas 20 maires mais un maire qui s’appuie sur 20 arrondissements pour travailler. Il y a une unité à conserver. »

Madame la Maire, merci sur la propreté d’en faire une réalité.