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Intervention de Catherine Dumas sur la MIE « Fabriquer à Paris » – Septembre 2015

30 septembre 2015

Intervention de Catherine Dumas, ancienne Sénatrice de Paris, Conseillère de Paris
MIE « Fabriquer à Paris »

Madame la Maire, Mes Chers Collègues,

Lors de sa séance de Février 2015, le Conseil de Paris a décidé de créer une Mission d’Information et d’Evaluation sur le thème : « Fabriquer à Paris » pour relever les défis sociaux et environnementaux : quelles filières industrielles d’avenir ?

Cette mission présidée par notre collège, Nicolas Bonnet et dont le rapporteur est Pierre Auriacombe, a entrepris un long travail d’état des lieux de la situation industrielle parisienne lors d’une large concertation avec les acteurs politiques, administratifs, économiques, culturels ou sociaux.

Elle s’est appuyée également sur l’expertise des directions de la Ville et a formulé un ensemble de préconisations.

Je souhaite revenir sur celles qui concernent les métiers de bouche, qui incarnent l’excellence française, représentent des emplois non délocalisables. Aujourd’hui ces métiers plutôt traditionnels font preuve d’innovation et de créativité. Cela a été d’ailleurs rappelé par mon collègue Pierre Auriacombe, sont apparues des niches de spécialisation à l’instar des fabricants de mozzarelle, de farine sans gluten ou encore de « jambon de Paris » dans le 11ème arrondissement.

L’agro-alimentaire représente un enjeu considérable et une des préconisations de la mission est la mise en réseau des différentes structures qui interviennent dans le domaine des métiers de bouche à Paris. Je veux parler des incubateurs, des centres de formation des apprentis, des lycées professionnels. Ceci trouve son sens, alors que l’Exposition universelle s’achève dans un mois à Milan et que la France vient d’y présenter ses réponses à la question « Comment nourrir la planète ? ».

Cela trouve également son sens alors qu’une cité de la gastronomie doit voir le jour à Rungis dans quelques années. Mais qui dit alimentation, dit agriculture. A Paris, la question de l’agriculture urbaine ne doit pas être éludée. Les jardins partagés dont l’objectif est de créer du lien social mais aussi de végétaliser la ville, les jardins pédagogiques, les vignes, les ruches et les projets d’agriculture urbaine devraient fournir à terme plusieurs halles et marchés parisiens.

Egalement associés au prestige de Paris dans le monde, les métiers d’art, dont la mode, ont été largement étudiés par la mission. Ils constituent une des activités les plus emblématiques du « Fabriquer à Paris ».

L’Ile-de-France accueille les trois quart des entreprises françaises du luxe et les sous-traitants représentent 5 000 entreprises dans la région. Si la Capitale est bien la plateforme incontestée de la création et de l’excellence française, il importe de mettre en place une meilleure promotion de ces filières artisanales au sein des établissements scolaires ; mettre en place aussi des campagnes de communication valorisant ces  métiers de passion qui font cohabiter le savoir-faire traditionnel et l’innovation.

Dans un rapport rédigé en 2009 pour le Premier ministre, j’avais proposé la création d’un pôle d’excellence de la création sur le modèle des pôles de compétitivité en concentrant sur le même site la recherche, la formation et la production. Je constate avec plaisir que cette proposition a été reprise par notre mission.

Enfin la mission a travaillé sur la création d’un label « Fabriquer à Paris » qui se ferait en partenariat avec la Chambre de Commerce et d’Industrie d’Ile-de-France. Il s’agit de valoriser la créativité et les savoirs faire parisiens.  Seraient prises en compte les entreprises locales qui s’inscrivent dans une démarché éthique, socialement responsables et aussi respectueuses de l’environnement.

Sur ce point, j’attire votre attention, Madame la Maire, qu’il ne doit pas s’agir d’un label de plus, mais qu’il doit s’inscrire dans la démarche de consommation des Parisiens et pour ce faire, il faudra mettre en place une vaste campagne de sensibilisation du « Fabriquer à Paris ».
Si le temps qui m’est imparti est court, je voudrais souligner que le design qui se caractérise dans notre ville par des écoles prestigieuses et qui constitue un secteur d’avenir pour l’économie parisienne a fait l’objet de l’attention de la mission qui n’a pas ignoré que c’est un enjeu fondamental pour la création de demain.

Voici, mes Chers Collègues, quelques éléments qui me tiennent particulièrement à cœur sur cette mission qui a formulé 54 préconisations. Je salue également le travail accompli dans un bon climat, comme mes collègues l’on fait. Je remercie également Raphaël Brun pour son expertise et je souhaite, bien sûr, que les préconisations soient mises en œuvre tout d’abord, que leur concrétisation puisse bénéficier du même esprit consensuel, c’est-à-dire que les groupes continuent à être associés et qu’il ne s’agisse pas, bien sûr, d’un travail unilatéral de l’Exécutif.