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Intervention de Claire de Clermont-Tonnerre sur le Plan de Prévention du Bruit – Septembre 2015

1 octobre 2015

Intervention de Claire de Clermont-Tonnerre
Délibération 2015 DEVE 123 : Approbation du PPBE de la Ville de Paris

Monsieur le Maire, mes Chers Collègues,

Lancé en 2008 et débattu en Mars 2015, le Plan de Prévention du Bruit dans l’Environnement pourrait se résumer 7 ans plus tard, par « Beaucoup de Bruit pour …pas grand-chose…. »

Si à l’issue de la Consultation Publique qui s’est tenue du 2 avril au 2 juin quelques modifications ont bien été apportées au projet initial, il faut avouer que la version que nous examinons évoque timidement quelques-unes des propositions que nous avions formulées lors de notre Conseil de Mars.

Je pense en particulier :
–    À la couverture du périphérique, seule solution pour réduire l’exposition au bruit des 100.000 riverains,
–    au traitement métropolitain d’un certain nombre de nuisances sonores récurrentes qui impactent les parisiens, comme les collectivités voisines !
–    Je pense aussi à l’indispensable exemplarité que doit avoir la Ville pour son parc automobile afin de favoriser les alternatives électriques à la fois moins polluantes et moins bruyantes ; Je me réjouis d’ailleurs que les parisiens aient voté massivement pour le projet N° 28 du budget participatif qui porte sur l’équipement des Services avec du matériel de nettoiement silencieux et non polluant
–    Si désormais les Mairies seront un peu plus associés à ce PPBE, comment comprendre que nous ne disposions toujours pas d’une déclinaison par arrondissement du programme d’action du Plan alors que nous sommes en permanence interpelés sur des problèmes de nuisances sonores. J’ajoute qu’une fois de plus les débats dans nos  Conseils ont été, pour partie, escamotés puisque vous ne nous avez transmis les cartes des bruits routiers par arrondissement qu’à l’issue des Séances !

Sur un sujet qui ne prête pas à polémique nous aurions pu construire ensemble un PPBE plus ambitieux, plus proche des attentes des parisiens.

Les avancées que j’évoquais il y a quelques instants nous conduirons néanmoins à nous ABSTENIR sur le Plan, alors que nous avions voté CONTRE en mars dernier.
Nous persistons à penser que son contenu ne permettra pas de rattraper le retard de Paris :
–    D’abord il faut aller plus loin sur la logistique moins bruyante et moins polluante, en recourant plus systématiquement aux modes alternatifs à la route. Il est d’ailleurs surprenant que l’utilisation de la Seine ne soit pas plus présente dans ce PPBE,
–    Ensuite, certains aménagements routiers portés par votre Exécutif nous laissent craindre le pire en matière d’émissions sonores : un exemple,  alors que nous vous avions proposé d’apaiser la circulation sur les Quais hauts Rive Droite, vous choisissez de fermer la Voie sur Berge et de cantonner les habitants du cœur de Paris dans un concert de klaxons,

Quant au bruit dans les établissements de petite enfance et les écoles il n’est pas suffisamment pris en compte. Le patrimoine municipal doit être mieux isolé à l’intérieur comme à l’extérieur pour améliorer le confort des enfants,

Enfin, le bruit de voisinage qui exaspère tant de Parisiens ne semble pas être une priorité.
Les sanctions pour troubles de jouissance et nuisances sonores devraient être plus systématiques :
–    que ce soit chez les bailleurs sociaux,
–    sur certains sites trop minéraux parfois récemment réaménagés par la Ville où le tohubohu casse les oreilles des riverains
–    ou encore, aux abords des  terrasses comme l’évoque Marie-Laure Harel dans le Vœu  104 par lequel nous demandons à la Maire de Paris et au Préfet de Police de proposer un plan d’action pour lutter contre le bruit excessif observé autour de certaines terrasses.

Il est d’ailleurs assez consternant que le PPBE parisien se limite au bruit routier, …alors que le Code de l’Environnement permet de l’étendre à la plupart des activités urbaines génératrices de bruit !
Cela n’a pas été votre choix, ….je le déplore en pensant en particulier aux milliers d’habitants du 15ème qui subissent quotidiennement les survols des hélicoptères ou encore aux riverains excédés qui vivent fenêtres fermées aux abords des infrastructures ferroviaires des grandes gares parisiennes, en particulier dans le secteur Falguière.
La Ville pourrait pourtant peser de tout son poids pour faire bouger les lignes…

A l’axe 8 du PPBE je relève votre souhait d’intégrer dans le Plan des exigences en matière d’exposition au bruit routier dans les nouvelles opérations de construction dans le diffus. C’est une bonne chose, …mais alors pourquoi, Monsieur le Maire, continuez-vous à construire des barres de logements sur les talus SNCF de la rue Castagnary en lisière des voies ferrées Montparnasse dont le trafic va augmenter de façon considérable avec la mise en service des nouvelles Lignes à Grande Vitesse ?

Car quel sera l’utilité de ce plan si d’un côté vous faites des annonces et de l’autre vous laissez croitre le nombre de nos concitoyens impactés par des nuisances sonores.

85 % des Parisiens étant actuellement exposés à une quantité de bruit supérieure aux recommandations de l’OMS, nous regrettons que le PPBE ne fixe aucun objectif précis pour 2020 afin d’évaluer l’impact de ce Plan sur  le nombre de parisiens exposés.
Alors qu’une nouvelle étude menée par Bruiparif et l’Observatoire Régional de la Santé d’Ile de France alertent sur l’impact réel des nuisances sonores sur la Santé Publique, nous étions en droit d’attendre un PLAN plus ambitieux et surtout prenant à bras le corps les problèmes de bruit les plus lourds qui polluent le quotidien des parisiens.