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Intervention de Déborah Pawlik sur la préemption d’un immeuble en vente au 17 rue Eugène Varlin (10e) – Juin 2014

13 février 2015

Mme Déborah PAWLIK. – Madame la Maire, merci.

Madame la Maire, chers collègues, le rachat ou la préemption par la Mairie de Paris d’un immeuble en vente est un outil qui doit se manier avec raison gardée. L’équipe précédente a fait un usage trop souvent contestable de la préemption, rachetant bien souvent à prix d’or des immeubles pour les transformer en logements sociaux.

La vente de l’immeuble situé au 17 rue Eugène Varlin ne semble pas entrer dans un cas légitime de rachat par la Ville de Paris ou de préemption. Sur les trois bâtiments qui composent cet ensemble, bâtiments détenus par trois membres d’une même famille, seul un à ce stade est en vente. Composé d’une quinzaine d’appartements, la vente de cet immeuble ne semble pas présenter de difficultés particulières, puisque trois ou quatre appartements auraient déjà été rachetés par les locataires en place.

Par ailleurs, on ne compte pas dans cet immeuble de familles en situation de grande détresse sociale. Une seule occupante semble pour l’heure agiter la communauté des locataires, annonçant que la mairie va racheter l’immeuble. Je pose la question : d’où tient-elle ces informations, si ce n’est de vous ?

Vous ne pourrez m’accuser d’une opposition systématique au rachat ou à la préemption d’immeubles dans le

10e. J’ai ainsi voté, avec mon groupe, lors du conseil d’arrondissement de mardi dernier, le vœu de la majorité relatif au rachat groupé par un bailleur social ou, à défaut, la préemption, de l’immeuble situé au 166 quai de Jemmapes, la situation le justifiant cette fois.

Je rappelle également que si le taux de logements sociaux dans le 10e est encore inférieur à l’obligation légale, se situant aux alentours de 11,4 % de logements sociaux réalisés, vous ne pourrez accuser la droite, cette fois, Monsieur BROSSAT, d’entraver leur réalisation, la mairie du 10e étant à gauche depuis 1995 !

Vous oubliez par ailleurs encore trop que le logement intermédiaire ne doit pas être le grand oublié du logement dans les arrondissements de l’est, car la mixité sociale que vous prônez tant ne pourra être une réalité que si une véritable mixité existe d’abord et avant tout dans les types de logements.

Et dans le 10e comme dans tant d’autres arrondissements parisiens, nous assistons de plus en plus au départ des classes moyennes, sans que la majorité à laquelle vous appartenez n’accepte d’en prendre la mesure.

Pour toutes ces raisons, nous voterons donc contre ce vœu.