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Intervention de Florence Berthout sur le budget – Décembre 2015

15 décembre 2015

Madame la Maire,
Mes chers collègues,

Après les attentats barbares du 13 novembre dernier, à l’initiative de mon groupe, nous avons eu, lors du dernier Conseil de Paris, un débat riche sur la sécurité à Paris.

A cette occasion, j’avais rappelé, au sein de l’hémicycle, notre devoir moral et politique de protéger les parisiennes et parisiennes et notamment les plus vulnérables, en particulier les plus jeunes.

L’adoption de mon vœu, proposant d’étendre la mise en œuvre du Plan particulier de mise en sûreté – PPMS – aux crèches et haltes-garderies, me laissait penser que l’exécutif parisien allait déployer un panel de mesures concrètes, réalistes et rapides pour garantir la sécurité de la jeunesse parisienne, si durement frappée par les attentats barbares du 13 novembre dernier.

Hélas, après lecture du projet de budget pour 2016, je déplore que vos actes ne soient pas à la hauteur du discours tenu lors du dernier Conseil de Paris.

Alors que mon groupe, par la voix de sa présidente, avait proposé, en novembre dernier, de dédier l’ensemble du budget participatif 2016, soit 75 millions d’euros, à la sécurité, votre projet de budget pour 2016 prévoit de consacrer seulement 1% des dépenses d’investissement, soit 21,4 millions d’euros des 2,14 milliards d’euros du budget d’investissement, à la sécurité et la création d’une maigre réserve financière de 5 millions d’euros pour financer des mesures de sécurité post-attentats pas encore identifiées.

S’agissant  de  la  sécurisation  des  équipements  municipaux, notamment des haltes-garderies, crèches, écoles et installations sportives, dans votre communication sur le projet de budget, vous annoncez 39 recrutements supplémentaires à la Direction de la Prévention et de la Protection (DPP). Une peccadille au regard 1700 établissements recevant du public (ERP) parisiens dont 663 écoles parisiennes fréquentées par 171 000 écoliers et 740 établissements de la petite enfance accueillant 33 000 tout-petits.

Les 11 millions d’euros d’investissement prévus pour la mise en place d’équipements de sécurité dans les établissements municipaux, tels que des visiophones ou des caméras, ainsi que des aménagements de voirie de sécurité aux abords de ces bâtiments, avaient déjà actés avant les attentats du mois de novembre.

Cette enveloppe parait aujourd’hui bien insuffisante compte tenu du niveau inégalé de la menace terroriste à Paris et du faible nombre d’établissements déjà sécurisés. A titre d’exemple, un tiers seulement des établissements de la petite enfance sont aujourd’hui équipés de visiophones ou de sas d’entrée.

La Ville continue à faire un distinguo entre les établissements scolaires et de la petite enfance en zones jugées sensibles et les autres. En accueillant chaque jour les petits parisiens, ces lieux sont par essence tous des lieux sensibles devant être protégés. L’utilité  de  tels  équipements  de  sécurisation  ne  fait  débat  pour  aucun  des  établissements scolaires dont Paris a la responsabilité. La distinction « partout où leur utilité sera avérée », mise en avant par l’Exécutif municipal par voix de presse, est intenable voire irresponsable. Comment pourrait-on raisonnablement expliquer à des parents qu’il y a des écoles, des crèches qui doivent être sécurisées et d’autres non ?

Chaque crèche, halte-garderie, école, doit donc pouvoir être équipée de dispositifs de sécurisation  tels  que  visiophones,  caméras,  sas  d’entrée  sécurisés,  systèmes  d’alarme  anti-intrusion.

Si après les attentats de janvier dernier, à l’instar d’autres maires d’arrondissement, j’avais financé des équipements de sécurité sur l’état spécial du 5e arrondissement, les crédits sont insuffisants pour permettre un équipement d’urgence pourtant nécessaire, notamment dans les écoles maternelles du 29 rue Mouffetard, 242 rue St-Jacques et de l’école élémentaire Cardinal Lemoine. Nous avons aujourd’hui besoin de l’appui de la Ville  pour généraliser ces équipements.

Madame la Maire, l’heure est à l’action pour répondre à l’inquiétude légitime des Parisiennes et Parisiens. Le groupe les Républicains renouvelle sa proposition d’affecter les crédits du budget participatif 2016 à des mesures de sécurité.

Nous vous proposons ainsi de donner un réel élan au renforcement de la sécurité dans les écoles et les établissements de la petite enfance en allouant 5 millions d’euros pour la sécurisation des établissements de la petite enfance et 10 millions d’euros pour les écoles.

Le plan de vidéoprotection pour Paris – PVPP – dont la réalisation a été anticipée à 2016, doit en parallèle être renforcé. Avec 165 caméras supplémentaires, nous atteindrons péniblement les 1200 caméras dans la capitale, là où la capitale britannique en compte plus 500 000.

Madame la Maire, il faut savoir choisi nos priorités. Si les circonstances nous imposent le sérieux budgétaire, il est de notre responsabilité d’élus de ne pas transiger avec la sécurité des Parisiennes et des Parisiens.