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Intervention de Florence Berthout sur les attentats – Novembre 2015

26 novembre 2015

Madame la Maire,
Mes chers collègues,

Après les attentats barbares du 13 novembre dernier, nous avons le devoir moral et politique de protéger, entre tous, les plus faibles et donc en particulier les plus jeunes.

Les moyens humains déployés pour protéger les Parisiens sont considérables qu’il s’agisse de l’administration parisienne ou des forces régaliennes et de santé dont le comportement et la mobilisation ont été et restent exemplaires.

Ces dernières heures, les policiers, gendarmes, pompiers et agents de la protection civile ont bénéficié des renforts de l’armée, dont certains effectifs ont été accueillis dès ce week-end, avec fierté et reconnaissance, en mairie comme c’est le cas dans le 5e arrondissement.

Toutes ces femmes et tous ces hommes donnent tout.  Notre gratitude est immense. Mais ils ne peuvent pas tout à eux seuls.

A côté des gardes statiques devant les lieux jugés très sensibles se pose clairement aujourd’hui la question des rondes aléatoires à proximité des crèches et des établissements scolaires qu’ils soient publics ou privés. Je n’oublie pas les universités dont 90 000 des quelques 240 000 étudiants sont dans le 5e.  Ces derniers jours, certaines ont recruté sur leur budget propre des vigiles qu’elles n’ont déjà plus les moyens de garder durablement.

Nous avons donc besoin en renfort de tous les appuis humains :
−    ceux de la Direction de la Prévention et de la Protection (DPP), dont certains agents ne sont toujours pas équipés de gilet pare-balles, en dépit des promesses de l’après 7 janvier, puisqu’un distinguo subtil a été opéré entre les agents qui seraient exposés et ceux qui  ne le seraient pas ;
−    ceux à moyen terme, sans doute aussi, d’une force de protection civile bénévole dans le prolongement de l’expérimentation que le chef de l’État a proposé devant le Congrès ;
−    ceux à terme enfin d’une réelle police municipale.

Pour autant, les moyens humains ne sont pas extensibles à l’infini. Ils ne pourraient à eux seuls suffire à protéger les 33 000 enfants des crèches, les 171 000 écoliers et les 86 000 collégiens, public et privé confondus.

Les dispositifs de vidéo protection de l’ensemble de ces établissements doivent être renforcés aux abords de l’ensemble de ces établissements à l’aune des attentats de 2015.

Ces moyens ne sont pas exclusifs de l’installation de dispositifs de sécurité encore attendus dans de nombreux établissements scolaires et dans les crèches : visiophones,  alarmes anti-intrusion, boutons d’alarme…

Notre collègue Brigitte KUSTER avait demandé en février 2015 « un fonds d’urgence », il lui avait été répondu que cette demande était, je cite, « prématurée ». Et bien nous y sommes. Entre-temps, vous le savez, des maires ont payé sur leur état spécial des équipements. Ce fut mon cas dans le 5e arrondissement pour six visiophones.

Merci, Madame la maire, de nous aider à compléter rapidement ces plans d’équipement, en construisant avec les acteurs locaux un plan concret et réaliste mais rapide.

Agir, c’est aussi préparer le pire pour que jamais le pire n’advienne.

A cet égard, nous disposons d’un outil précieux, le Plan particulier de mise en sûreté – PPMS – que les pouvoirs publics ont mis en place en 2002 pour préparer les établissements scolaires à des situations d’exception.

La mise en application grandeur nature en février dernier, dans un climat post-attentats, de la déclinaison parisienne de ces PPMS avait mis à jour quelques dysfonctionnements, en particulier dans les écoles maternelles. Une de nos collègues s’en était émue en conseil de Paris en mars 2015. Madame CORDEBARD avait concédé d’ailleurs que les améliorations étaient souhaitables et que la DASCO et l’Académie allaient commencer un travail de mise à jour.

Reçus par le recteur, nous fûmes alors nombreux parmi les maires à soulever la confusion des responsabilités générée par la mise en place des nouveaux rythmes scolaires. Hélas, je note avec tristesse que la dernière circulaire du recteur ne revient pas sur la confusion. Aussi donc, rien ne se serait passé qui ne vous obligerait à bouger les lignes !

Le bon sens et l’intérêt des enfants militent pourtant plus que jamais pour que soit réaffirmé que les directeurs d’écoles doivent être les seuls et uniques chefs d’établissements, sans distinction des temps scolaires et périscolaires.

Enfin concernant les établissements d’accueil de la petite enfance, même s’il n’y a pas d’obligation légale, je redis comme je l’ai fait en avril dernier à travers un vœu qui a reçu l’avis favorable de l’exécutif, Paris doit rapidement mettre en place des PPMS dans les crèches et haltes-garderies.

Le niveau inégalé de la menace, rappelé toute à l’heure par le préfet, mais aussi la spécificité du secteur de la petite enfance à Paris qui accueille 32 000 enfants dans les structures publiques, exigent que la Ville mette en place très vite ces plans dans toutes les crèches et haltes-garderies.

Ce sont toutes ces pistes qui, traduites en actes, nous aideront à retrouver une vie paisible et solidaire, dans ces lieux où se construit dès le plus jeune âge le Paris de la Fraternité, le Paris de la Liberté et le Paris de l’Égalité.