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Intervention de Jean-Baptiste de Froment sur les budgets supplémentaires – Juillet 2014

13 février 2015

M. Jean-Baptiste de FROMENT. – Merci, Madame la Maire.

À propos du budget supplémentaire 2014 que vous nous présentez aujourd’hui, vous nous expliquez qu’il ne s’agit de procéder qu’à de simples « ajustements ». Ce terme revient sept fois dans le texte de votre communication, qui ne fait pourtant que trois pages. « Ajustements », c’est le mot magique qui permet de couper court à toute discussion, à tout débat. C’est une façon de ravaler ce qui devrait être un sujet politique à un niveau simplement technique.

C’est ainsi, par exemple, que le chantier des Halles nécessite en cours d’année un « ajustement » de 83 millions d’euros, ce qui fait dépasser le coût total de l’opération au-dessus de la barre du milliard…

Le problème, Madame le Maire, c’est que vous ne pourrez plus « ajuster » bien longtemps !

Cette rhétorique des petits pas et de la procrastination qui caractérise toutes vos interventions depuis le début de cette mandature, ne résistera pas à l’épreuve des faits. La situation financière de la Ville est, en effet, en train de changer structurellement, pour des raisons qui ont déjà été longuement indiquées par les intervenants précédents.

À ces éléments, s’ajoutent les conséquences financières de la création de la Métropole du Grand Paris, que vous semblez n’avoir pas anticipées.

Toutes ces évolutions structurelles appellent des réponses elles-mêmes structurelles. L’heure n’est plus, encore une fois, aux ajustements. C’est l’économie générale du budget de la Ville qu’il va falloir repenser.

Or, les Parisiens n’ont pas été préparés à un tel chantier, puisque vous leur avez expliqué, tout au long de la campagne, que Paris était la ville la mieux gérée du monde. Ils sont donc aujourd’hui d’autant plus fondés à exiger d’être étroitement associés aux douloureux arbitrages qu’il va falloir que vous rendiez. Il ne peut donc plus être question de temporiser, de saucissonner les questions, de les découper par petits bouts pour éviter tout débat gênant et espérer ainsi passer sous le radar, plaçant tout le monde devant le fait accompli.

Madame la Maire, nous vous le disons avec gravité, à l’heure des grands choix, vous ne pouvez pas priver les Parisiens d’une discussion globale stratégique sur l’avenir des finances de la Ville.

Nous souhaitons donc que soit organisé, au sein du Conseil de Paris, en amont de la discussion du budget 2015, un débat exceptionnel sur les grandes orientations pluriannuelles en matière budgétaire ; débat pour lequel vous mettriez à notre disposition, à défaut des résultats de l’audit que nous réclamons sur les finances de la Ville, l’ensemble des données en possession des services et qui nous manquent aujourd’hui, en particulier en ce qui concerne l’état réel de la dette, afin que chacun puisse se forger, en parfaite connaissance de cause, une conviction sur ce qu’il convient de faire.

Je vous remercie.