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Intervention de Jean-Baptiste Menguy sur le Conseil Parisien de la Jeunessse – Septembre 2014

13 février 2015

Tout d’abord, saluons le grand travail et l’implication de ces jeunes qui n’hésitent pas à donner –j’insiste sur ce terme- à donner de leur temps,  à se saisir et à travailler sur des sujets complexes mais importants pour la jeunesse parisienne.

Ces sujets, vous les égrenez au fil de ce texte. Il y en a beaucoup. Trop peut-être avec le risque d’un travail trop diffus et donc éparpillé.

Mais vous avez eu le mérite de vous en saisir et de les porter jusque devant les élus. A charge pour nous maintenant d’y répondre de façon adéquate.

Mais là, le chemin semble encore long malheureusement. Soyons francs, quand on lit cette communication, nous restons sur notre faim.

Non pas sur votre bilan lui-même, mais à cause du caractère extrêmement résumé de ce texte, et des suites réservées par l’exécutif municipal.

C’est tout cela que nous aurions souhaité retrouver dans cette communication et sur lequel, comme vous, nous n’avons aucune certitude.

Et d’ailleurs, vous l’écrivez vous-même,

« nous restons pour une grande partie d’entre eux [avis et préconisations formulés à diverses occasions par le CPJ] en attente d’un retour sur leur éventuelle prise en compte dans les politiques municipales ».

Il semble donc qu’il y ait un fossé réel entre votre engagement, le temps que vous avez passé tout au long de l’année et le résultat présenté ce matin. Et c’est vraiment dommage.

Il appartient à l’exécutif, aux professionnels de la vie publique, de vous accompagner pour développer, élargir, concrétiser, informer notamment pas une communication beaucoup plus détaillée.

Et là, que voit-on ? 4 pages ½.

        Si on retire la fin sur la réforme, il reste 4 pages.

        Si on retire les remerciements très polis, voire policés, nous perdons la première page

        Si on retire le bilan des dix ans de CPJ, on perd une page et demi.

Bref, la communication sur votre travail ne porte au final que sur une page et demi.

Une page et demi pour un an de travail… Quelle ironie.

Quelle ironie de réduire autant le travail d’une année, de presque une centaine de jeunes, sur autant d’idées.

Quelle ironie au bout du compte de soumettre un vœu à cette assemblée, repris par l’exécutif et qui, vous le dites vous-même, ne sera suivi que de peu d’effets.

Quelle ironie de lire dans ce texte la perte d’une illusion sur les suites réservées à vos propositions.

Je crois que votre travail mérite mieux car il doit refléter votre jeunesse. Votre jeunesse a déjà dépassé les limites des vœux. Mais il y a semble-t-il encore beaucoup à faire.

Alors repoussez encore plus loin les limites !

Les limites des sujets que vous abordez, les moyens de les aborder, les moyens d’en informer les autres.

Refusez que votre action se perde dans les méandres de nos débats, dans les arcanes de nos services, dans l’amnésie de notre mémoire collective.

Ne vous laissez pas enfermer dans un cadre trop strict, trop conventionnel.

Pourquoi les Parisiens auraient le droit à un budget participatif et vous, instance officiellement prévue par les textes, vous ne pourriez pas par exemple proposer directement des projets de délibération plutôt que des vœux ?

Pourquoi ne pas demander également une publication régulière dans les pages du magazine municipal « A Paris ».

Demandez, encore une fois, que votre site Internet soit plus visible, plus accessible et surtout plus rempli car actuellement, on ne retrouve même pas la composition du CPJ lui-même !

Parce qu’au cœur de tout cela, il y a votre travail et le temps que vous y consacrez. Et ce travail a aussi besoin de temps.

Je salue d’ailleurs la reprise du thème de l’entreprenariat des jeunes. Deux ans ne sont pas de trop en effet pour appréhender correctement ce vaste sujet.

Mais je souhaite ce matin insister sur votre engagement pour l’Europe et les rencontres internationales que vous avez effectuées et qui sont trop brièvement mentionnées.

A titre personnel, je crois fondamentalement que nous avons besoin d’Europe.

Que VOUS avez besoin d’Europe.

C’est vous qui dessinerez cette Europe. Et ce travail de construction d’une « Europe 2.0 », il commence ici, avec votre engagement au sein du CPJ.

Il n’y a pas d’engagement plus petit qu’un autre, de projet plus petit qu’un autre. L’Europe est une somme de peuples, une somme d’histoires, une somme de cultures et aussi une somme d’actions, grandes ou petites.

Alors dites-nous en plus sur ce que vous avez fait.

Que s’est-il passé pendant ces réunions sur le thème « Des idées une Europe meilleure ». Quelles sont justement ces idées ? Pourquoi avez-vous décidé de participer à cette rencontre précisément ? Qu’en attendiez-vous ? Comment avez-vous vécu la rencontre de cultures différentes ? de langues différentes ? de jeunesses différentes ?

L’Europe est au cœur de tous les débats d’actualité, d’une façon ou d’une autre, alors quels enseignements retenez-vous et surtout quelles suites aimeriez-vous apporter ? Etait-ce un premier pas vers un travail approfondi pour déboucher sur des actions et propositions concrètes et que l’exécutif parisien devra mettre en musique ?

Pourquoi ne pas prolonger les rencontres auxquelles vous avez participé en organisant une séance à Paris l’année prochaine. Nous pourrions développer des jumelages entre le CPJ et des instances comparables si elles existent dans d’autres capitales européennes, nous pourrions aller tellement plus loin avec vous.

Qu’en attendez-vous et qu’attendez-vous de nous ? Dites-le nous…

Vous avez eu mille fois raison d’aller sur ce terrain difficile qu’est l’Europe, car cette idée d’Europe est elle-même révolutionnaire.

C’est une idée jeune, qui doit être faite pour les jeunes et par les jeunes.

C’est, je le crois, la meilleure preuve que vous êtes une jeunesse active et mobilisée devant  les défis à relever.