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Intervention de Jean-Didier Berthault sur les orientations budgétaires – Octobre 2015

26 octobre 2015

(Seul le prononcé fait foi)

Madame la Maire,
Mes chers collègues,

La récente grève des agents de la Direction de la Propreté et de l’Eau acte déjà l’échec de votre politique de propreté à Paris.

La défaite de votre prédécesseur, madame la Maire, ne vous a pas incité à prendre par les cornes dès le début ce sujet prioritaire pour les Parisiens. Je vous rappelle que quelques semaines seulement après la fin de son mandat, B. DELANOË regrettait d’avoir « lâché trop vite » sur ce sujet.

L’actuel adjoint de la Maire de Paris a d’ailleurs fait part de son fatalisme en indiquant que Paris « n’est pas une ville sale, mais une ville salie ». En somme, pour l’exécutif, la responsabilité des Parisiens est exclusive dans l’état des rues de la capitale.

Il suffit d’assister aux différents Conseils de Quartier pour se rendre compte combien les Parisiens sont excédés par la saleté de Paris. Et le moins que l’on puisse dire est que nous les comprenons. Rares sont les capitales étrangères à être aussi sales. Cette situation est tout simplement indigne du rang de Paris de première destination touristique mondiale. Nous ne figurons qu’en 24e place du classement des destinations touristiques les plus propres.

Certaines personnalités n’hésitent d’ailleurs pas à vous interpeller madame la Maire sur les réseaux sociaux. Certains journalistes sont ulcérés devant la « crasse » des rues, d’autres vous intiment d’agir et lancent le hashtag #ParisVilleSale. Même des membres de votre comité de soutien vous interpellent devant votre inaction.

Trois exemples :

Depuis avril dernier, la Maire de Paris annonce la présentation imminente d’un plan d’action pour la propreté. 18 mois après le début de votre mandat, les Parisiens l’attendent encore. A croire que l’urgence n’est pas réelle à vos yeux. À ce jour, seul le relèvement de l’amende à 68 € s’est concrétisé depuis le 1er octobre.

Vous nous annoncez dans ces orientations budgétaires vouloir recruter plus agents pour la propreté. Toujours plus d’effectifs cela ne suffit pas, et cela coûte très cher. Vous appliquez encore une fois cette bonne vieille logique socialiste du toujours plus de moyens humains sans changer les méthodes managériales défaillantes.

Nous avions déposé un voeu commun en octobre 2014 proposant diverses pistes d’améliorations. Nous vous demandions de pourvoir les postes budgétaires déjà créés. Dans la plupart des arrondissements, ces nombreux postes vacants conjugués au fort taux d’absentéisme désorganisent le nettoiement des rues. C’est aussi la traduction d’un fort malaise au sein des agents, démotivés par un manque de considération évident et souvent démunis pour accomplir leurs missions au service des Parisiens. La mécanisation des tâches, à l’aide d’engins de nettoiement électriques, doit ainsi être une priorité pour soulager les équipes sur le terrain.

La Ville dispose largement des ressources lui permettant d’assurer un service de propreté de qualité. Je rappelle que le produit de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères est nettement supérieur au coût du service. Par ailleurs la hausse brutale de la taxe de balayage, +600 % pour certains propriétaires, vous permet désormais de dégager une centaine de millions d’euros de recette chaque année. Cette pression fiscale ne fait que renforcer l’indignation des Parisiens, ils paient beaucoup plus cher pour un service qui se dégrade.

Dans le cadre de la réforme du statut de Paris, il serait légitime de confier aux maires d’arrondissement un pouvoir de direction en matière de propreté. Les Parisiens se tournent assez naturellement vers leur mairie d’arrondissement dans ce domaine. Cela permettrait de mieux organiser le nettoiement des rues en fonction des diverses animations locales (manifestations, marchés, etc). C’est le sens du vœu que le groupe déposera au Conseil de Paris de novembre.

Vous le voyez, des solutions existent pour rompre avec l’immobilisme et redonner à Paris la propreté qu’elle mérite. En matière de propreté, plus qu’ailleurs, le volontarisme paie toujours.

Je vous remercie.