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Intervention de Jean-François Legaret sur le statut de Paris – Septembre 2015

1 octobre 2015

Madame la Maire,

Ainsi c’est par le moyen d’un vœu négligemment diffusé hier en fin d’après-midi, non annoncé en Conférence d’Organisation, venant appesantir encore un ordre du jour surchargé que vous voudriez sceller le sort historique du statut de Paris.

Jamais personne avant vous n’a osé faire preuve de tant de désinvolture. Le sujet est sérieux, votre méthode est dérisoire et même ridicule.
Elle ne parvient pas à dissimuler les frustrations qu’ont fait naître récemment ce qu’il faut bien appeler vos déboires.

Que ne vous êtes-vous exprimée, Madame la Maire, lors de la discussion sur la loi NoTRe. Bien au contraire, lors de notre séance de juin 2014 répondant à une question d’actualité d’Eric AZIÈRE, vous déclariez : « Moi je suis ici garante du statut de Paris. Paris est une ville et un département. Au moment où l’on est en train de construire la métropole, ce n’est pas le moment de démanteler Paris. » et vous ajoutiez « Je vois justement beaucoup de modernité à la loi PML au moment où nous travaillons sur la métropolisation ». Enfin, vous rappeliez avec force « aujourd’hui aucun des maires ne sollicite l’intervention législative. ».

Et faut-il rappeler vos creuses proclamations en faveur de la décentralisation des pouvoirs au bénéfice des maires d’arrondissement ? Des arrondissements que vous voulez aujourd’hui abattre !

Pourquoi un tel acharnement contre les arrondissements parisiens, leurs contours, leur culture, leur diversité, leur personnalité, leurs contrastes, leurs splendeurs, leurs misères, leur vie même.

Oh probablement en raison de la manière dont vous faites de la politique  Madame la Maire, dans le sectarisme et le mépris affichés avec constance mais surtout dans l’ignorance. Que savez-vous du travail, de l’implication, de la disponibilité des maires d’arrondissement et de leurs équipes ? Rien : vous avez été élue en 2001 par la grâce d’une intervention haut placée : 1ère adjointe, puis maire, sans connaître le plus grand bonheur que puisse donner la vie politique, la reconnaissance et le soutien que les électeurs d’un arrondissement vous apportent par leur vote.

C’est parce que vous n’avez jamais éprouvé cette plénitude que vous vous en prenez aux arrondissements avec la volonté affichée de les dépecer. Avec des arrière-pensées électoralistes évidentes.
D’ailleurs si vous êtes maire de Paris c’est grâce à la majorité des arrondissements et pas grâce à celle des électeurs puisque vous étiez minoritaire en voix.

Venons-en à votre vœu et aux 3 points sur lesquels il porte :
–    La fusion de la ville et du département n’est pas un sujet polémique. Ce n’est même pas un sujet du tout. Une telle réforme ne dégagerait aucune économie et les difficultés administratives, comptables et financières, seraient bien plus importantes  que vous ne le croyez. Je vous le dis par avance : vous n’y parviendrez pas et sûrement pas dans les délais prévus.
–    Quant à votre revendication sur les pouvoirs du Préfet de Police, elle n’intéresse que vous et pas les Parisiens. En quoi cela les concerneraient-ils que de savoir que ces pouvoirs ont changé de titulaire ?

Ce qui les intéresse, ce sont les missions, les effectifs, les méthodes, les moyens, la mise en place d’une police municipale

Il ne reste de votre vœu que le dernier point. L’attaque brutale contre les arrondissements de Paris.

Nous sommes maires d’arrondissement d’opposition, solidaires et déterminés. Nous ne nous laisserons pas impressionner.

Nous résisterons, nous lutterons démocratiquement avec la force de nos convictions et de notre légitimité.

A l’écoute des Parisiens qui réclament des améliorations rapides de la propreté, de la circulation, de la pollution, de l’accessibilité de la qualité de vie que vous avez détériorées. Notre ligne politique et institutionnelle, notre préoccupation, notre mission se résument ainsi:
1)    La démocratie aujourd’hui, c’est la démocratie de proximité. A Paris, elle s’exerce dans les quartiers, dans la concertation, sous la responsabilité des maires d’arrondissement. Les parisiens le savent. Ils y tiennent.
2)    Pas de dépeçage sans s’en remettre à la décision des Parisiens.

Et pas sous la forme d’une consultation bidon comme celle que vous venez d’organiser sur le budget participatif. Par le moyen constitutionnel, républicain, citoyen du référendum local, pour tous les électeurs de Paris, sur une seule question et une seule réponse.

Madame la Maire, vous avez reçu pour mandat de défendre Paris et vous portez atteinte à son unité et à sa diversité. Vous le ferez sans nous et contre nous.
Et dans ce débat qui commence bien mal, nous reconnaîtrons pour seuls juges les Parisiens.