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Intervention de Jean-Pierre Lecoq sur la rentrée scolaire – Septembre 2015

30 septembre 2015

Madame la Maire,
Madame l’Adjointe,
Mes chers collègues,

Vient aujourd’hui la traditionnelle communication sur la rentrée scolaire qui nous permet d’apprécier chaque année dans quelles conditions vont étudier les 134 000 élèves du primaire ainsi que les 57 000 collégiens et les 75 000 lycéens du Département de Paris.

Et bien disons le aujourd’hui avec regret, consternation et colère, la rentrée 2015 à Paris est une des plus difficiles que les élèves et leurs familles aient connu.

Non seulement, les zigzags  incessants de la rue de Grenelle et des pseudo pédagogues qui y règnent, déconcertent les parents d’élèves et accablent les enseignants, mais le Rectorat qui répartit les moyens alloués par le gouvernement et la Mairie de Paris se donnent la main pour réduire les moyens alloués à l’enseignement à Paris.

Cette année, ce sont près de 30 postes que Paris a rendu au Ministère, soit un nombre de 34 classes supprimés, la différence étant affectée à des postes de remplaçants qui d’ailleurs ne suffisent pas, le stress permanent subi par le corps enseignant à Paris entraînant de facto de nombreuses absences non remplacées.

Ce n’est pas moi qui le dit mais Sud Education, c’est « du jamais vu même sous Sarkozy ». Ainsi donc alors que vous nous avez saoulé avec vos reproches sur le quinquennat précédent, vous arrivez aujourd’hui à faire plus mal, alors que « Moi je » avait annoncé la création de 60 000 postes dans l’Education Nationale !

Où sont ces postes ? en tout cas pas à Paris où le nombre de remplaçants est insuffisant  -je le répète- et où la bronca organisée par Madame Cordebard sur l’éducation prioritaire en février s’est payée cash au CDEN de juin. Autrement dit les postes supplémentaires obtenus en février (et d’ailleurs souvent justifiés) se sont traduits par des suppressions supplémentaires en juin, voire à la rentrée de septembre ce qui est du jamais vu !

Vous vouliez fromage et dessert, vous devrez vous contenter d’un maigre plat de lentilles !

A noter d’ailleurs que si beaucoup d’efforts sont faits pour pousser les familles dans l’enseignement privé, en réalité ses effectifs stagnent à haut niveau et les effectifs perdus en maternelle correspondent de fait à des familles qui ne peuvent plus rester dans la capitale, notamment pour celles qui appartiennent aux classes moyennes salariées.

La seconde constatation que nous avons progressivement faite tout au long de cette année scolaire c’est que l’éducation n’est plus une priorité pour la Mairie de Paris !

Avec 900 M€ sur la mandature, le budget dévolu à l’éducation (et qui intègre l’enseignement supérieur) est le quatrième budget de la Ville et s’inscrit en nette réduction par rapport aux années Delanoë.

Vous avez annoncé 110 M€ d’investissements pour 2015, dont 77 M€ pour le 1er degré et 27 M€ pour le second degré.

Rien que pour le 1er degré, votre prédécesseur dépensait 138 M€ en 2008, soit presque le double de ce que vous faites cette année.

Et si vous les réalisez d’ailleurs, puisque les courtes vacances d’été et la cruelle absence d’écoles de repli rendent de plus en plus difficiles et coûteuses les restructurations des bâtiments scolaires.

En réalité, afin de mieux dépenser et de faciliter les restructurations ainsi que l’accessibilité de nos écoles, il est indispensable de réaliser un audit complet et partagé de l’ensemble des écoles et collèges de la capitale ainsi que de leurs cuisines, afin d’établir un plan pluriannuel d’investissement qui pourrait couvrir 2 mandatures.

Sur les moyens dévolus aux écoles, le fonctionnement régulier des établissements et le périscolaire ne doivent pas continuer à supporter le prix de l’ARE.

En effet depuis 2 ans que Paris applique cette grandiose réforme, vous n’avez cessé de rogner, de diminuer, d’annuler ici des classes de découverte, là des sorties en autocar.

Il est vrai que l’ARE coûte au bas mot, 50 M€ par an pour un rendement incertain voire improbable si l’on en juge par le fatigue des élèves dès le jeudi, l’énervement des parents et le mal-être des enseignants.

Avec cette réforme, la ville et l’Etat -pour une fois unis- ont commis beaucoup de dégâts, contribué à la prospérité des écoles privées et créé par des va-et-vient incessants de personnels dans les écoles, des risques d’insécurité et d’accidents pour tous les acteurs de la communauté scolaire.

Vous le savez mes chers collègues, les relations sont complexes -c’est un euphémisme- entre la Mairie de Paris et le pouvoir socialiste.

Exécrables avec le Ministre MACRON, inexistantes avec la pseudo ministre de la Culture, bonnes avec l’Intérieur, mais compliquées avec Matignon, on s’y perd et même les experts en archéologie socialiste n’ont plus de repères.

Certes la vie est un combat et il faut savoir défendre les intérêts des Parisiens -qu’il ne faut pas confondre avec ses propres intérêts !- mais lorsque cela se transforme en match de catch… par équipes, alors là il faut s’inquiéter.

Le budget des affaires scolaires et le nombre de postes d’enseignants affectés à Paris doivent faire l’objet d’une transparence totale : il importe qu’avant la fin de l’année civile et pour le vote du budget, vous obteniez du Rectorat et donc du Ministère, le nombre de postes d’enseignants affectés à Paris pour la rentrée 2016 et ventilés entre les postes de titulaires et ceux de remplaçants en REP et hors REP.

A défaut de vouloir nous répondre, vous devez cette réponse aux enseignants, aux parents d’élèves et à toutes les communautés scolaires !