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Intervention de Jérôme Dubus sur le budget du logement – Décembre 2014

12 février 2015

Madame le Maire, mes chers collègues,

Mon propos concernera le budget du logement.

Depuis 2001, année après année, vous nous servez la même rengaine : « le logement pour tous les Parisiens doit être une priorité ». Mais si vous le réaffirmez chaque année comme une litanie, c’est que précisément ça n’est pas le cas. Lors du lancement de votre grand plan de mobilisation pour le logement, nous avions eu un petit espoir : on y parlait logement intermédiaire ; on y parlait parcours résidentiel ; on faisait allusion à la transformation de bureaux en logements ; à la nécessaire réduction des contraintes du PLU, bref à une politique plus ouverte et pragmatique.

Mais, ce projet de budget douche tous nos maigres espoirs : c’est bien la même politique du logement mais en pire que vous allez appliquer. Les petits arrangements entre alliés ont à nouveau été privilégiés au détriment des Parisiens : de 2007 à 2014 en faveur des Verts, aujourd’hui en faveur des Communistes, inspirateurs de votre projet municipal écrit sous leur dictée.

La très faible contrition amorcée en juin a donc aujourd’hui disparu : à aucun moment, l’exécutif municipal ne s’est demandé si la politique menée et les outils choisis n’avaient précipité la crise. Et pourtant les résultats sont là et ils sont catastrophiques : plus vous dépensez, plus le nombre de demandeurs de logement augmente ; plus vous dépensez, moins la ville attribue de logements sociaux ; plus vous dépensez et plus le taux de rotation dans le parc social baisse ; enfin plus vous dépensez et plus le départ des familles s’accentue, la timide progression démographique de Paris n’étant due qu’à l’amélioration du solde naturel par une baisse de la mortalité

Et cette politique coûte excessivement chère, bien sûr à la Ville qui augmente les crédits du compte foncier pour répondre au financement de l’absurde préemption dans le secteur diffus cher à M. Brossat, mais aussi à l’Etat puisque Paris consomme à lui seul 20% des crédits nationaux consacrés au logement. Oui, mes chers collègues vous avez bien entendu 20% ! Je note d’ailleurs que si la dotation publique est maintenue en 2015 c’est grâce aux recettes d’Action logement c’est-à-dire à l’argent qu’y consacrent les entreprises, tant vilipendées par M. Bonnet, ce matin, ce M. Bonnet qui n’entend décidément rien à l’économie.

On va donc accentuer les fractures de la politique précédente : conventionnement à marche forcée du parc intermédiaire des bailleurs sociaux ; préemptions dans le secteur diffus : des armes connues pour leur cherté ; leur efficacité pour centrifuger les classes moyennes ; leur capacité à aggraver la crise en détruisant la fluidité du marché et le parcours résidentiel.

Rien dans ce budget sur le logement intermédiaire ; rien sur la relance de la construction neuve ; rien sur la transformation de bureaux en logements.

Les signaux donnés sont clairs : amplifier le verrouillage de l’accès au logement ; continuer à gaspiller la ressource financière à votre seul bénéfice électoral ! C’est le gage d’une augmentation supplémentaire des demandeurs de logement en 2015.