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Intervention de Jérôme Dubus sur le logement – Mai 2014

13 février 2015

M. Jérôme DUBUS. – Merci, Madame la Maire.

Mes chers collègues, aujourd’hui c’est la rentrée des classes. Et nous avons sur nos pupitres le même devoir qu’en 2001 et 2008 à la même époque : comment améliorer le logement à Paris ?

Promesses déjà formulées en 2001, promesses répétées en 2008 par la même équipe. Après 13 ans, cela devient un vrai serpent de mer.

D’ailleurs un chiffre, dans cette déclaration, nous claque au visage, dans cette enfilade de promesses illusoires, c’est celui des demandeurs de logement à Paris : 147.000, contre 90.000 en 2001. 147.000, c’est le résultat affolant d’une politique inefficace qui a baissé de moitié la construction de logement neufs.

147.000, c’est aussi le résultat affolant d’une politique injuste qui agit comme une formidable machine à exclure les classes moyennes et qui a concentré 60 % de la réalisation des logements sociaux sur quatre arrondissements déjà bien au-delà du seuil de 25 %.

147.000, c’est le résultat d’une politique dispendieuse qui aboutit malgré 500 millions d’euros de crédit par an au pire déséquilibre entre l’offre et la demande qu’ait connu notre capitale. L’accès au logement n’a jamais été aussi verrouillé. La ressource foncière, dont chacun connaît la valeur dans une capitale de 105 kilomètres carrés, a été gaspillée, l’objectif de cette majorité étant moins de construire que de consolider sa base politique.

147.000, ce n’est que la phase émergée d’une politique qui aboutit à d’autres chiffres aussi mauvais. 12.000 logements sociaux attribués par an, contre 14.000 avant 2001. Un taux de rotation inférieur à 3 %.

En résumé, un parcours résidentiel pour le Parisien totalement bloqué si l’on considère également que les prix du logement ont été multipliés par deux en 10 ans et ceux des loyers par trois.

Devant l’inefficacité du couple institutionnel DELANOË-MANO, on aurait pu s’attendre de la part du nouveau couple électoral HIDALGO-BROSSAT à un sursaut, à une nouvelle politique tirant les leçons des échecs du passé.

Hélas, la lucidité a vite fait place à l’amnésie et aux vieilles rengaines socialistes. Pour un accord de premier tour, vous avez, Madame HIDALGO, rédigé sous la dictée des communistes un projet improbable où la part du logement social doit atteindre d’ici 2030 30 % du total des résidences et emporter le peu de la diversité sociologique subsistant dans la capitale.

Au regard de votre promesse de produire 10.000 logements par an, nous attendions un plan sérieux, financé, faisant apparaître de nouvelles opportunités foncières pour les réaliser. Et nous n’avons qu’un vœu – une prière – qui, s’il prouve la conversion du parti communiste au fait religieux, marque surtout le vide opérationnel de votre action politique.

Car à l’exception de maigres chiffres et l’assurance d’une grande messe des acteurs du logement, rien n’est indiqué des outils réglementaires, des moyens financiers de ce qui ressemble de plus en plus à un gigantesque bluff électoral.

À titre d’exemple, les fameux 7.500 logements par an nécessitent pour la proportion neuve une recherche, une captation quasi exclusive du foncier, sans doute une hauteur dérogatoire à l’actuelle P.L.U. intensifié, une prolifération d’emplacements réservés inscrits à l’ordre des documents d’urbanisme ainsi que la cession accélérée des terrains publics dont bizarrement, on ne parle plus. Que sont-ils devenus ? Ils nécessitent, ces 7.500 logements sociaux, également des crédits supplémentaires de la part de l’Etat alors que celui -ci va baisser ses dotations dans les années à venir.

L’Etat impécunieux qui n’a d’ailleurs pas trouvé mieux cette année que de faire les poches du 1 % logement pour tenter de compenser son désengagement. Est-ce à dire que c’est la Ville qui compensera ce retrait prévisible, mais au détriment de quels autres secteurs puisque Mme HIDALGO avait promis aux Parisiens de ne pas augmenter les impôts pendant cette mandature ? Ou alors la métropole du Grand Paris, totalement absente de votre déclaration alors qu’elle devrait jouer un rôle considérable en matière d’habitat.

Mes chers collègues, vous avez aimé DELANOË-MANO, vous allez adorer HIDALGO-BROSSAT.