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Intervention de Jérôme Dubus sur les orientations budgétaires – Octobre 2015

3 novembre 2015

Madame la Maire, mes chers collègues,

Je ne reviendrai pas sur les propos tenus par mes collègues républicains et UDI-MODEM, ils démontrent parfaitement ce que nous savions déjà et ce que les Parisiens subissent depuis 2001.

Le triptyque hausse des dépenses, hausse des impôts, hausse de l’endettement est encore parfaitement d’actualité, malgré les appels à la sobriété. Le budget 2016 n’échappera pas à ce trio infernal.

Je voudrais revenir plus particulièrement sur vos objectifs en matière de financement du logement à Paris. Depuis 2001, le logement est, dans les paroles, la priorité des priorités. Vous pouvez reprendre toutes les présentations des orientations budgétaires, tous les budgets primitifs depuis 2001, le logement y est toujours présenté comme une priorité.

Je ne sais pas s’il s’agit d’un tic de langage ou d’un toc nerveux, mais si vous l’affirmez depuis 14 ans, c’est que, précisément, le problème n’est pas réglé mais qu’il s’est au contraire bien aggravé, tellement aggravé ! Rien n’indique d’ailleurs qu’il n’en sera pas de même en 2016.

D’ailleurs votre mandat, Madame la Maire, a mal commencé sur ce sujet. Vous nous aviez annoncé 10.000 logements par an avec, à la manœuvre, Ian BROSSAT, résultat en 2014, premières année de votre mandature, 7.000 logements seulement, dont 3.000 logements neufs seulement, un bide total !

Je vous annonce la même production en 2015, soit un déficit de 6.000 logements en deux ans. La réalité des chiffres est dure pour Mme HIDALGO.

En 2014, le compte administratif nous a indiqué des dépenses d’investissement en matière de logement de l’ordre de 316 millions d’euros, soit une baisse de 20 % par rapport à 2013. Le compte foncier a d’ailleurs baissé, sur la même année, de 19 millions d’euros. Voilà une entrée en fanfare pour la nouvelle maire et son jeune adjoint. Il y a, en effet, un fossé croissant entre les chiffres que vous nous annoncez dans les budgets primitifs et les montants effectivement réalisés. Je vous ai donné l’exemple du logement, mais je pourrais les multiplier.

72 millions de moins pour le logement en 2014, nous attendons avec impatience ceux de 2015, dans le compte administratif 2016, puisque ceux que vous afficherez dans deux mois n’auront, a priori, aucune valeur.

Réaffirmer, comme vous le faites dans ces orientations budgétaires, l’objectif de 10.000 logements relève du masochisme. Vous et M. BROSSAT vous faites vraiment du mal pour rien.

Après, tout cela ne serait pas très grave si vous ne trompiez que vous-mêmes, mais par ces déclarations vous trompez aussi les Parisiens. Les désormais 200.000 inscrits comme demandeurs de logement, record absolu, évidemment n’ont aucune perspective d’avenir.

Mes chers collègues ces 10.000 logements relèvent désormais du fantasme et de la pure démagogie.

Pourquoi ?

D’abord – je l’ai dit à l’instant – parce que les dépenses de logement sont en baisse, tant au niveau national – un budget du logement catastrophique dans le P.L.F. 2016, avec une baisse des aides à la pierre, une baisse de l’A.P.L. -, qu’au niveau municipal. Le budget 2014 en était la démonstration incontestable.

Ensuite, parce que l’augmentation des prélèvements obligatoires que vous prévoyez, une fois de plus, pour 2016, touche essentiellement le marché immobilier. Sur ce marché encore convalescent, vous allez appliquer une véritable saignée avec la hausse des droits de mutation : 1 milliard par an ne vous suffit pas.

Après l’application du stupide encadrement des loyers – Paris est la seule ville à l’appliquer, même Lille y a renoncé -, voici que le marché parisien va être à nouveau ponctionné. Vous faites vraiment tout pour gripper la relance du logement à Paris. Monsieur BROSSAT, sans complexe, d’affirmer que les investisseurs institutionnels sont les bienvenus à Paris. Une blague, mes chers collègues, une énorme blague.

Enfin, parce que vous refusez de décongestionner de logement social en rétablissant le parcours résidentiel totalement bloqué à Paris. 2 %. Vous avez bien entendu, mes chers collègues : 2 %, c’est le montant que consacre la Ville aux aides à l’accession à la propriété. Refuser l’accession sociale à la propriété, alors que toutes les villes, mêmes socialistes, y ont désormais recours : Aubervilliers, Peyrefitte, etc. Paris s’enfonce dans une opposition idéologique et stérile.

Mes chers collègues, oser encore afficher 10.000 logements devrait tous nous faire bondir, quand on voit les résultats de 2014 et les résultats plausibles et prévisionnels de 2015. M. BROSSAT, qui n’est pas là, je le regrette, vous qui êtes un admirateur de Stéphane HESSEL, vous devriez vous indigner de ces chiffres. Indignez-vous contre ces fausses déclarations. Indignez-vous contre ces objectifs de pacotilles. Indignez-vous pour redonner un peu d’espoir aux 200.000 demandeurs de logements parisiens.

Je vous remercie.