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Intervention de Julie Boillot sur les autocars – Décembre 2014

16 février 2015

Monsieur le Maire,

« Je n’accepte plus de voir Paris complètement encombrée d’autocars. » Ce n’est pas moi qui le dis mais la Maire de Paris qui l’a déclaré le 10 décembre dernier.

Mais, selon une habitude désormais établie, le projet de délibération que vous nous présentez est l’exact contrepied de vos propres déclarations. Durant la haute saison touristique, près de 2.000 autocars circulent chaque jour à Paris. Ils n’utilisent pas les parcs souterrains de stationnement qui leur sont réservés. Ainsi, hier matin, 138 des 195 places de parking Louvre, Bercy, Saint-Émilion ou Pershing étaient disponibles.

La raison est simple : les autocars préfèrent rouler à vide dans Paris plutôt que stationner dans les emplacements prévus ; l’hiver, c’est pour le fonctionnement du chauffage, l’été pour celui de la climatisation.

Les autocars sont tous, sans exception, des véhicules diesel, fortement émetteurs de particules fines ; ils polluent énormément la ville, car leurs moteurs ne sont pas conçus pour rouler à basse vitesse.

C’est pourquoi nous défendons l’idée de commencer la lutte contre les véhicules polluants par les poids lourd et les autocars. C’est le sens du vœu que nous avons déposé sur ce projet de délibération. Nous souhaitons que les autocars qui ne respectent pas au moins la norme Euro 5 soient interdits de circuler à Paris, dans un premier temps. Je rappelle qu’un autocar Euro 4 émet 100 fois plus de particules qu’un autocar Euro 5.

Dans le second temps, nous souhaitons durcir l’exigence environnementale en n’autorisant que les autocars Euro 6 immatriculés depuis 2014. Nous ne prenons pas les professionnels au piège car nous annonçons à l’avance le durcissement des normes.

De plus, nous leur proposons une alternative : les sites touristiques sont, en effet, majoritairement situés le long de la Seine. Pourquoi ne pas proposer une alternative par voie fluviale ? Pour les autres sites, nous pensons qu’un système de navettes électriques peut être mis en place, au départ d’escales longues le long de la Seine. Bien évidemment, ces modes alternatifs doivent être mis en œuvre par le concours financier des professionnels du tourisme.

Vous avez annoncé dans la presse vouloir, je cite : « restreindre la circulation des véhicules les plus polluants en commençant par les autocars, en travaillant avec l’État ». Quelques semaines à peine après l’abandon de l’écotaxe par Ségolène ROYAL, vous semblez encore bien naïfs sur les convictions écologiques de votre Gouvernement.

Qui peut croire qu’un gouvernement qui a capitulé devant le lobby des camions pour appliquer une redevance, sera capable d’interdire la circulation des poids lourds dans les agglomérations polluées ? Attendre que le Gouvernement se réveille sur les questions écologiques semble vain. La loi vous donne pourtant les leviers d’action que vous tardez à mobiliser. Vos récentes prises de position dans la presse nous incitent donc à penser que vous soutiendrez ce vœu.

Toutefois, les derniers Conseils de Paris nous ont échaudés et nous invitent à la prudence. Nous avons donc déposé en quelque sorte un amendement de repli. Dans l’attente de l’interdiction des cars les plus polluants, nous souhaitons appliquer le principe du pollueur payeur. En effet, dans sa rédaction actuelle, le projet de délibération ne module pas suffisamment les tarifs de Séance des 15, 16 et 17 décembre 2014 309 stationnement selon le niveau de pollution de l’autocar. Seul un abonnement dit « éco » permettra aux véhicules Euro 6 de payer le même prix qu’aujourd’hui.

Nous souhaitons donc aller plus loin en majorant les tarifs de stationnement selon les niveaux de pollution. Pour les autocars les plus anciens, ceux qui ne respectent pas la norme Euro 5, nous vous proposons de doubler les tarifs occasionnels et de les majorer de 50 % pour les autocars Euro 5. Nous serions encore l’une des capitales les moins chères pour le stationnement des autocars.

Logiquement, nous vous proposons de réserver le bénéfice de l’abonnement aux seuls véhicules Euro 6. Vous le voyez, vous avez les moyens de dépasser les discours et les incantations pour conduire une politique environnementale ambitieuse et crédible. Le reste est une question de volonté. Merci.