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Question d’actualité de Nathalie Kosciusko-Morizet sur la gestion de ressources humaines et des service publics – Juin 2014

13 février 2015

Mme Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET. – Madame la Maire, je voudrais vous parler de gestion de ressources humaines et de service public. Depuis votre élection, le nombre de grèves entraînant une diminution des services publics offerts aux Parisiens s’est multiplié : dans les bibliothèques, dans les services d’état civil des mairies d’arrondissement, à la direction de la communication de la Ville, chez les animateurs -et on les comprend- chez les professeurs de la Ville de Paris, chez les personnels des crèches, chez les éboueurs, mais aussi les postiers et même à la Tour Eiffel, sans oublier les gymnases, les stades ou encore les piscines. Dans tous ces équipements sportifs, les usagers individuels et les associations sportives subissent depuis près de trois mois l’inertie de la Mairie de Paris qui n’entend pas, ou refuse d’entendre, la contestation des personnels.

Je voudrais vous interroger aujourd’hui plus particulièrement sur ceux qui relèvent de vos compétences, et parmi ceux-là, les crèches, les équipements sportifs et les conservatoires, pour lesquels on peut clairement dire qu’aujourd’hui que le service public n’est pas assuré.

S’agissant des crèches, la municipalité crée des établissements, et c’est très bien, mais elle ne met pas les moyens humains nécessaires à leur bon fonctionnement. S’agissant des équipements sportifs, les différences de primes entre les directions démotivent les agents et couvrent des injustices de traitement qu’ils dénoncent.

S’agissant enfin des conservatoires, pas plus tard que ce week-end, tous les maires d’arrondissement ont reçu un message de Noël CORBIN, le directeur des affaires culturelles de la Ville, précisant qu’en une seule journée, 360.000 appels avaient été reçus pour seulement 910 places à pourvoir. Ces chiffres sont fous, mais ce sont les chiffres fournis par le directeur des affaires culturelles lui-même. Ma question est donc simple, Madame la Maire : êtes-vous satisfaite de la gestion de chacun de ces dossiers ?

Mme KOSCIUSKO-MORIZET. – Je vous signale que depuis 3 questions, tout le monde dépasse son temps de parole. J’étais plutôt plus économe.

Cher Monsieur, vous répondez aux questions qu’on ne vous pose pas. En tout cas, vous croyez répondre mais vous ne répondez pas à celle qui vous est posée. Les propos que vous tenez seraient recevables si on parlait ici d’un conflit récent, un conflit qui serait à ses débuts. Ce n’est pas du tout le cas. Les Parisiens trouvent porte close devant les piscines tous les dimanches depuis 3 mois, sans aucune info préalable. C’est très laborieux pour les familles qui ne peuvent pas déposer leurs enfants à la crèche le matin, pour certains. Vous n’apportez aucune réponse concrète. Alors vous nous dites : « Ce n’est pas si grave parce qu’il y a seulement un gréviste sur 6 ». Ils sauront que vous les invitez à relativiser leurs problèmes. Je ne suis pas sûre que cela les satisfera.

Tout ça, c’est la marque d’un désintérêt pour les services publics rendus aux Parisiens, et notamment pour les conservatoires. Parce que le problème des inscriptions n’est pas nouveau. Il date de plusieurs années, mais il ne fait que s’aggraver. On ne peut pas considérer comme un problème technique qu’il y ait en une journée 360.000 appels pour 910 places. Là, ce n’est pas un problème technique, c’est plus que ça, c’est un problème politique, c’est un problème de justice, tout simplement.

Comment est fait le tri ? On sait bien que c’est la loterie et ce n’est pas supportable. Ce n’est pas supportable parce que cela dure depuis des années. Cette grève à répétition enfin, c’est aussi l’échec de toute une politique de ressources humaines qui se traduit de manière chronique par de l’absentéisme. Cela a été relevé depuis maintenant plusieurs années dans un rapport qui précisait que l’absentéisme coûte tous les ans 200 millions d’euros aux Parisiens. C’est la traduction véritable d’un mal être. Ce mal être non plus n’est pas nouveau. Ces grèves à répétition en sont aujourd’hui une expression criante, à laquelle il devient urgent de répondre.