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Intervention de Nathalie Kosciusko-Morizet sur le budget supplémentaire d’investissement et de fonctionnement municipal – Juin 2015

29 juin 2015

Délibération 2015 DFA 12 – Budget supplémentaire d’investissement et de fonctionnement municipal pour l’exercice 2015

Madame la Maire, mes chers collègues,

Décidément, quand il s’agit de la gestion des finances de la ville, avec vous le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on tombe de surprise en surprise, pour ne pas dire de Charybde en Scylla.

L’année dernière, nous apprenions qu’il vous manquait 400 millions d’euros pour boucler le budget 2015. Cela ne vous a pas empêché de vous féliciter de votre bonne gestion, et vous avez refusé de prendre la mesure du naufrage des finances de la ville en évacuant d’un revers de main notre proposition de contre budget – et le plan d’économies qui l’accompagnait.

On vous avait crue sortie d’affaire, quand vous présenté en décembre dernier un budget reposant sur quelques économies (130 millions d’euros), mais surtout sur 270 millions d’euros de hausses de taxes diverses, et notamment sur une augmentation sans précédent des tarifs du stationnement. Au passage, votre promesse de ne pas augmenter la fiscalité des Parisiens n’aura donc pas tenu un an…

Mais voilà que votre adjoint aux finances a affirmé il y a quelques jours que vous seriez de nouveau confrontée à un « manque à gagner » de plus de 300 millions d’euros pour le prochain budget.

Cette déclaration appelle trois observations :

  • Tout d’abord, comment se fait-il que pour la deuxième année consécutive, vous soyez incapable d’équilibrer votre budget ? Bien sûr, je sais déjà ce que vous allez répondre, ce n’est pas de votre faute, mais de celle de l’État qui réduit ses dotations. Soyons sérieux une minute, la trajectoire de réduction des dotations est connue depuis des années, et dans la collectivité la plus importante de France, dotée d’un budget de plus de 8 milliards d’euros et d’une direction des finances de qualité, ce genre de choses se prévoit. Ou alors c’est assez inquiétant sur un certain niveau de compétences.
  • Ensuite, malgré l’abondance des sujets financiers à évoquer durant ce Conseil, aucune explication ne nous est apportée dans les documents budgétaires sur ce nouveau trou de plus 300 millions d’euros. Pas la moindre ligne. Si vous étiez un tant soit peu attachée au pluralisme et à la démocratie, non seulement ça se saurait, mais surtout vous auriez pu faire en sorte que les élus soient informés de la situation précise des finances de la ville autrement que par les déclarations de votre adjoint à la presse.
  • Enfin, je constate qu’il est de plus en plus évident que votre politique ne tient pas la route sur un plan financier. Vous vous félicitez dans votre communication de l’« excellente maîtrise des dépenses de fonctionnement », mais quand on regarde de près les chiffres on s’aperçoit que les charges à caractère général n’ont diminué que de 0,2 %, de 823 à 821 millions d’euros. On comprend mieux que vous soyez à la peine pour boucler un budget si 2 millions d’euros d’économies représentent pour vous l’excellence. Et en parallèle, votre incapacité à juguler les dépenses de personnel se confirme, puisqu’elles ont encore augmenté de 4,7 % entre 2013 et 2014.

Il devient de plus en plus évident que vous ne pourrez plus tourner longtemps autour du pot en augmentant toutes les taxes possibles et imaginables, mais que vous toucherez bientôt aux impôts des Parisiens. Nous renouvelons notre proposition d’un plan d’économies beaucoup plus ambitieux, seul à même de préserver les Parisiens de votre mauvaise gestion.

En conclusion Madame la Maire, j’aimerais vous inciter à un peu plus de rigueur et d’honnêteté dans la conduite de nos débats.

Il est déjà peu glorieux d’être à découvert dans des proportions aussi importantes deux années de suite, mais vous ne vous grandissez vraiment pas en escamotant l’information donnée aux élus :

  • Je veux parler par exemple de vos tentatives de dissimuler le seuil des 4 milliards d’euros de dette dans le rapport financier, par le recours à des graphiques qui ne traitent que de la dette bancaire et obligataire, alors que l’état de la dette, que vous avez volontairement dissocié du document principal pour mieux le dissimuler, montre clairement que le montant total de la dette est de 4,428 M€ ;
  • Je veux parler également de la malhonnêteté de certains graphiques du rapport financier, qui prennent en compte le niveau de la dette au 1er janvier 2014 au lieu du 31 décembre 2014. Assumez votre gestion, et cessez de prendre des référentiels antérieurs à votre prise de fonctions pour tromper la vigilance des observateurs. Cela demande juste un peu de courage.