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Intervention de Nathalie Kosciusko-Morizet sur les réfugiés – Septembre 2015

29 septembre 2015

Intervention de Madame Nathalie Kosciusko-Morizet, Présidente du groupe les Républicains.

Madame la Maire,
Mes chers collègues,

Nous l’avons dit et redit. Les réfugiés sont des migrants mais tous les migrants ne sont pas des réfugiés.

Je ne vais pas revenir dessus mais vous expliquer pourquoi nous insistons tant sur cette distinction? Parce que, Madame la Maire, si nous mélangeons tout nous risquons de n’être ni juste, ni généreux, ni efficace.

Les chiffres se battent entre eux, se contredisent. L’Allemagne a estimé à 30 % le nombre de « faux » réfugiés. Et pourtant une chose est sûre: il faut accueillir dignement ces réfugiés et ce, en contrepartie d’une limitation de l’immigration économique et familiale.

Car nous voyons bien, comme tous les parisiens, que l’Etat et la ville qui n’ont rien fait depuis des années, d’une certaine manière utilisent aujourd’hui cyniquement les réfugiés pour évacuer les regroupements de migrants du boulevard de La Chapelle ou d’ailleurs et par la même, reloger tout le monde sans distinction (et de fait les régularisent sans le dire) au lieu de reconduire les clandestins parmi eux à la frontière.

Robert Badinter a été le premier à dire qu’accueillir ces réfugiés n’était pas un acte de générosité mais un devoir. J’insisterai sur des faits qui peuvent nous permettre de nous réunir, je l’espère sincèrement.

Souvenez-vous : en 1979, politiques et intellectuels français mettaient leurs désaccords de côté et accueillaient plus de 120 000 réfugiés Vietnamiens et Cambodgiens.

La crise des boat people dominait les journaux télévisés, avec des images de familles entières dans des embarcations de fortune en mer de Chine… Des Vietnamiens et des Cambodgiens fuyant le communisme et les persécutions ethniques, rackettés pour pouvoir partir, sans savoir où aller.

L’arrivée des réfugiés de l’ancienne Indochine est d’abord l’occasion d’institutionnaliser et de rendre très concrète une collaboration étroite entre les associations, chargées de l’accueil des réfugiés, et l’Etat, responsable de leur sécurité.
Tout est très cadré et si l’émotion est présente dans le pays, c’est la responsabilité qui domine la classe politique au pouvoir d’alors.
Ainsi, après un court séjour obligatoire dans un des quatre foyers de transit parisiens où ils sont accueillis, les réfugiés peuvent décider de se “débrouiller” par eux-mêmes ou rester sous la tutelle des associations mobilisées pour leur cause.

Dans un même temps, de nombreuses mesures facilitent leur mise au travail. Sur le terrain juridique, les conditions d’obtention de leur carte de travail provisoire et renouvelable n’obéissent pas à la procédure habituelle.
Alors que les demandeurs d’asile en sont privés jusqu’à ce que le titre de réfugié politique leur soit délivré, la politique des quotas offre aux réfugiés en question un droit de travail immédiat. De plus, tandis que les migrants -réfugiés ou non-  sont, à cette époque, dans l’obligation d’être titulaires d’un contrat de travail d’une durée d’un an pour obtenir une carte de travail (non provisoire), un contrat de trois mois, même à temps partiel, suffit aux réfugiés du Sud-Est de l’Asie.

Alors que la France vient de suspendre l’immigration de travail, des cellules ANPE leur sont également réservées et des mesures incitatives, notamment financières, sont prises à l’égard des employeurs pour favoriser leur embauche.

Nous sommes capables de faire la même chose.

Pouvez-vous dépasser le simple hashtag #refugeeswelcome et passer à une vraie discussion sur l’accueil organisé des réfugiés ?

Pouvez-vous informer les mairies d’arrondissements en amont de votre politique en la matière ?

Pouvez-vous appeler vos amis au gouvernement pour qu’ils facilitent l’obtention des visas et permettent aux réfugiés de travailler ?

Pouvez-vous passer des conventions avec des organismes d’apprentissage de la langue française langue étrangère au lieu de vouloir qu’ils conversent dans leur langue d’origine et donc ne pas leur permettre de s’intégrer au mieux ?

Pouvez-vous nous donner des informations précises concernant les places en centres d’hébergement d’urgence à l’approche de la période hivernale et nous garantir que nous ne créerons pas plus de misère que nous ne tentons d’en combattre ?