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Intervention de Nathalie Kosciusko-Morizet sur les rythmes scolaires – Juin 2014

29 janvier 2015

Vœu du groupe UMP relatif à l’aménagement des rythmes éducatifs (ARE) à Paris

Intervention de Nathalie Kosciusko-Morizet

(Source : Bulletin municipal officiel)

Ce vœu fait suite au processus de concertation que nous avons vu lancer pour mettre de l’objectivité dans ce que nous pouvions ressentir les uns ou les autres vis-à-vis de l’ARE.

C’est une invitation à écouter les professeurs désorientés, dont l’autorité se retrouve contestée, mise à mal jusque dans leur classe, qui constate les repères perdus des enfants.

C’est une invitation à écouter les parents, des parents mal informés, des parents qui constatent la fatigue, parfois le manque d’intérêt, ou en tout cas la grande diversité d’intérêt des activités qui sont proposées à leurs enfants.

C’est une invitation, enfin, à écouter les animateurs, notamment les animateurs professionnels, les animateurs qui pratiquaient déjà. Je ne parle pas seulement de ceux qui sont entrés dans le cadre du dispositif associatif, des animateurs qui vivent comme une régression cette grande désorganisation qui est celle de l’ARE depuis plusieurs mois maintenant.

Lors du Comité de suivi qui s’est tenu la semaine dernière, nous avons assisté à, d’un côté, une vague de propagande, de présentation irénique au terme de laquelle on pouvait penser que tout allait bien, et que non, nous avions rêvé, il n’y avait aucun problème. Une vague qui est venue se briser sur les interventions successives de tous les représentants syndicaux, parents d’élèves, qui, eux, disaient : Non, tout ne va pas bien. Des problèmes, il y en a.

Il y a la fatigue, il y a l’égalité des chances qui est loin d’être assurée, en tout cas qui est loin d’être confortée par le dispositif. Il y a surtout le gâchis.

Même la FCPE, dont chacun aura compris que, depuis le début, elle est plutôt en soutien à tous points de vue, a déploré que l’égalité des chances, fondement de cette réforme, ne soit pas favorisée. Je la cite parce que c’est l’expression la moins sévère pour donner une idée à ceux qui n’étaient pas au Comité de suivi, c’est l’expression la moins sévère à l’égard de la réforme. La FCPE dénonçait l’inégalité territoriale de l’offre d’activités dans les quartiers défavorisés et une maquette actuelle à améliorer. Nous y voilà.

Améliorer la maquette actuelle, c’est ce que nous vous proposons. Dépassons le débat de pour ou contre l’ARE. Nous avons chacun des idées sur le sujet, nous avons entendu à l’instant Danielle SIMONNET et nous ne sommes pas loin de penser comme elle, que l’ARE est une erreur. Mais, quand bien même, dépassons ce débat et saisissons les opportunités créées par le décret Hamon pour pouvoir améliorer la maquette, comme le disait la FCPE.

Dans ce cadre, nous avons consulté largement toutes les parties prenantes et mis aux voix, puisque nous avons fait voter, différentes propositions de réforme de l’ARE, précisément, quatre d’entre elles. C’est la première qui a été plébiscitée : regroupement sur une demi-journée de toutes les activités périscolaires. Nous avons proposé le jeudi après-midi. D’autres villes ont choisi d’autres formules, comme la Ville de Lyon, qui regroupe toutes ses activités périscolaires, mais le vendredi après-midi. Il y a des pour et des contre, et on peut en débattre.

Pourquoi regrouper sur une après-midi toutes les activités périscolaires ?

  • D’abord, moins de désorientation, moins de confusion : lundi, mardi, vendredi, on sort à 16 heures 30 ; mercredi et jeudi, on sort à 11 heures 30 ; mercredi après-midi : centre de loisirs, pour ceux qui veulent ; jeudi après-midi : activités périscolaires.
  • Moins de complications, notamment pour les maternelles : plus de problème de réveil au moment de la sieste, avec des activités qui commencent à 15 heures les mardis et vendredis.
  • La possibilité d’avoir des activités de plus grand intérêt : oui, parce qu’avec 3 heures de suite, on peut aller au stade, on peut aller dans un établissement culturel, on peut avoir accès à des choses plus intéressantes.

Bref, ce n’est pas par hasard que deux grandes villes – et je le redis : c’est le choix de la Ville de Lyon – ont choisi cette formule. Nous proposons qu’elle soit expérimentée à Paris. Je dis bien « expérimentée », parce que c’est vrai que c’est tard. Cela fait deux mois maintenant que le sujet est sur la table. L’Exécutif n’a pas bougé, on le regrette, mais enfin, c’est la réalité. Ce sera difficile de la mettre en œuvre partout, à partir du mois de septembre, alors même que tous les responsables d’établissement et parents auxquels on peut avoir l’occasion d’en parler la trouvent plutôt plus intéressante et prometteuse que la maquette actuelle.

Mais au moins, expérimentons-la. Expérimentons-la dans les écoles dont les responsables d’établissement et les conseils d’école seraient volontaires. Expérimentons-la dans une série d’établissements dans chaque arrondissement, et faisons un choix, et cette fois-ci, en connaissance de cause, sans rester bloqués sur un choix a priori qui a été fait il y a plus d’un an maintenant. Faisons un choix dans un an, une fois que l’on aura eu le retour d’expérience sur cette proposition-là. Moi, je gage, au regard de son intérêt et au regard des retours qu’on a d’ici et de là, qu’elle sera nettement plus favorable que celle que nous expérimentons actuellement, puisque nous expérimentons aussi.

Merci.