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Intervention de Nathalie Kosciusko-Morizet sur les perturbateurs endocriniens – Septembre 2014

16 février 2015

Mme Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET

Dérèglement de la thyroïde, baisse de la fertilité, puberté précoce, tels sont quelques-uns des effets connus à ce jour des perturbateurs endocriniens, des substances qui sont contenues dans de nombreux produits de la vie quotidienne. Face à l’évidence du risque sanitaire, que fait aujourd’hui la Ville de Paris ? Bien trop peu.

La seule fois dans l’année où notre Assemblée a évoqué rapidement la question, c’était lors de l’attribution de la subvention annuelle, 1.500 euros, pour le Réseau Santé et Environnement.

C’est vrai, la Mairie de Paris a été l’une des premières municipalités à éradiquer le bisphénol A de ses établissements d’accueil de la petite enfance, et c’est une bonne chose. Mais pour le reste, énormément de retard a été pris, par exemple, dans la campagne de mesures des polluants dans les écoles maternelles et les établissements d’accueil des enfants de moins de six ans.

Je vous rappelle que ce sont eux, avec les femmes enceintes, qui sont les premiers en situation de risque. Ces mesures-ci qui, avec le Grenelle de l’environnement, devaient être achevées au 1er janvier, ne le seront que mi-2015, six mois après. Ce qui veut dire que les travaux, les mesures correctives aussi, sont différés d’autant.

La Ministre de l’Ecologie, si on peut encore la qualifier de telle, vient d’annoncer que ces campagnes seront remplacées par un guide de bonnes pratiques pour limiter l’emploi des perturbateurs endocriniens, mieux ventiler les espaces scolaires. Est-ce que c’est un aveu ou un cadeau fait, finalement, aux municipalités retardataires mais, en l’occurrence, ce n’est certainement pas un cadeau fait aux Parisiens.

Concernant le bio dans les cantines, la Ville de Paris n’est pas non plus au rendez-vous de ces ambitions affichées. Quand on regarde la subvention aux caisses des écoles pour l’alimentation durable, elle représente moins de 2 % de leurs dotations globales. Tout cela est moins qu’insuffisant.

Nous avons donc déposé un vœu – ce vœu – pour intimer la Ville de Paris à s’inscrire dans une trajectoire zéro perturbateur endocrinien. Pour cela, nous proposons trois mesures.

D’abord, renforcer les clauses de marchés de travaux – on peut le faire très vite – marchés de travaux, d’entretien, de fournitures des établissements à la petite enfance, en excluant clairement tous produits contenant des perturbateurs endocriniens.

Deuxièmement, donner des moyens financiers aux caisses des écoles pour accroître la part du bio dans l’alimentation et faire en sorte que cela avance correctement dans tous les arrondissements. On sait que des arrondissements sont en retard des deux côtés de l’hémicycle. Il y en a pour tout le monde.

Enfin, renforcer l’information des Parisiens pour les sensibiliser aux dangers des polluants chimiques. Il y a des choses simples à faire pour se protéger. Chacun, bien informé, peut prendre des mesures pour se protéger.

Puis il y a aussi des mesures simples à prendre pour protéger les Parisiens. Sur ce sujet, la Ville ne peut pas traîner plus longtemps, mes chers collègues.