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Intervention de Philippe Goujon sur les réfugiés – Septembre 2015

30 septembre 2015

C’est l’honneur de notre pays, berceau universel des droits de l’homme, que d’accueillir sur son sol, tous ceux qui n’ont pas d’autre choix que de fuir la guerre et la barbarie, faisant valoir les droits imprescriptibles de la personne humaine à vivre libre dans la dignité.

J’évoque bien là les réfugiés politiques persécutés de Syrie et d’Irak, d’Erythrée et d’Afghanistan, éligibles au droit d’asile.
[[C’est un devoir sacré que notre pays leur soit ouvert, contrairement à l’amalgame exploité par ceux qui veulent que notre pays soit fermé à tous.]]

Que serait l’âme de la France sans ce droit d’asile, aussi ancien que notre République qui a placé la fraternité au cœur de sa devise ?

Si les réfugiés politiques demandeurs d’asile doivent être accueillis et protégés, les migrants économiques et ceux qui, irréguliers, défient nos lois et notre hospitalité doivent être systématiquement  renvoyés dans leur pays.

Le Premier Ministre va même plus loin en déclarant : « Disons le clairement, nous ne pouvons pas accueillir tous ceux qui veulent fuir les zones de conflits ou qui sont actuellement dans les camps de réfugiés ».

Plus que jamais la distinction entre demandeurs d’asile et migrants économique est pertinente.

Alors que jamais dans son histoire récente, l’Europe n’a eu à faire face à une telle pression migratoire, [[alors que M. Cazeneuve proclamait en septembre : « on peut brandir les grands principes, mais la France ne peut accueillir tout le monde »]], on s’oriente aujourd’hui en réalité vers l’accueil chaque année de 100 à 120.000 demandeurs [[pour un coût d’1/2 milliard par an, alors que l’asile coûte déjà 2 milliards]] et que l’immigration normale nous apporte chaque année 200.000 nouveaux venus…

Où sont les emplois, les logements, les allocations pour leur permettre de vivre dignement dans notre pays, alors que nos concitoyens sont déjà terriblement éprouvés par une crise économique et sociale sans précédent ?

A tel point qu’en Ile de France, 1 SDF seulement sur 2 appelant le 115 se voit offrir une solution pour la nuit, faisant redouter par la Directrice du SAMU Social de Paris une concurrence entre réfugiés et SDF pour lesquels, selon elle, l’énergie déployée et la solidarité n’étaient pas là pour répondre à la montée des sans abri. Ceux-ci ressentent une profonde injustice avance le DAL qui trouve « curieux  ce traitement des priorités en fonction de l’actualité médiatique ».

Les leçons de morale sont ainsi mal venues sur ces bancs. J’y ajouterais l’abus de procédure dont a usé la Maire de Paris pour l’implantation aussi soudaine qu’improvisée d’un CHU rue du Bessin.

On a menti aux Parisiens en leur faisant croire que l’on y accueillait des migrants, voire même des réfugiés, alors que la cinquantaine d’hébergés est composée de Roms et de clandestins, ces derniers n’ayant rien à faire sur le territoire national.
Violant le pacte parisien de lutte contre la grande exclusion, selon lequel les Maires d’arrondissement sont consultés sur la pertinence de l’installation de structures dans l’arrondissement, et plus gravement encore l’article L2511-30 du CGCT, selon lequel « le Maire d’arrondissement donne son avis sur tout changement d’affectation d’un immeuble communal situé dans l’arrondissement », Mme Versini n’avait déjà pas pris la peine de  seulement même nous prévenir (le Maire et le député JFL) de l’utilisation que la Ville comptait faire de cet immeuble où était prévu une crèche, en y implantant dans la précipitation sans informer la Mairie d’arrondissement  50 personnes en grande précarité et sans papiers.

Devant l’incompréhension de cette localisation dans un secteur déjà abondamment pourvu en logements sociaux et résidences sociales, face aux protestations des élus locaux, du conseil de quartier et des riverains,  Mme Versini décide, dans la panique,  avec la complicité de la Préfecture de Région, de doubler le nombre d’hébergés [[en me prévenant cette fois (quel progrès !) par une lettre de 3 paragraphes fin juillet…]] et c’est par la télévision que j’ai appris qu’on y recevait ceux qui occupaient la Mairie du 18ème…
Ce n’est que depuis que l’émotion des images a submergé la France qu’on nous fait croire qu’il s’agit d’un centre d’hébergement pour réfugiés en pratiquant  l’amalgame des mots, car la Mairie centrale –  et c’est un point de désaccord fondamental entre nous – confond volontairement réfugiés politiques et migrants économiques.
On dit Mme Hidalgo « furieuse » de la façon dont la maltraite le Gouvernement dont elle dénonce la méthode, je cite « hâtive, dirigiste et centralisée ». J’userai exactement des mêmes termes à l’égard de celle qui ignore superbement la loi et le Maire du 15ème.
[[Et pourquoi stigmatiser le 15ème quand le Ministre de l’Intérieur lui-même laisse le choix à chaque collectivité d’accueillir ou pas des migrants ?]]
Depuis lors, ses services n’ont toujours pas pris contact avec moi ne serait-ce que pour m’aider à organiser la vie quotidienne dans ce secteur sensible…
J’apprends au fil de l’eau les demandes de crèches, de scolarisation, d’allocations, les familles effectuant évidemment ces démarches en mairie d’arrondissement…
Mme Hidalgo ayant déclaré que les migrants seraient prioritaires pour l’attribution d’un logement, que fera-t-on des 9000 demandes des habitants du 15ème dont beaucoup enregistrées depuis des années ?
Et se rend on compte à la Mairie de Paris de l’appel d’air prodigieux que ces décisions non préparées et non financées vont susciter ?

Je le dis solennellement : aujourd’hui la situation est hors de contrôle (voir le revirement spectaculaire de l’Allemagne) et c’est pour cela que nos concitoyens ont peur.
Vos leçons de morale n’y changeront rien. Alors cessez de stigmatiser ceux qui ne pensent pas comme vous en exprimant une autre position aussi éloignée de l’angélisme des uns que du cynisme et de l’inhumanité  des autres.