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Question d’actualité de Déborah Pawlik sur la salle de shoot – Mai 2015

27 mai 2015

Madame la Maire, Chers Collègues,

J’associe à ma question mes collègues Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET, Philippe GOUJON, Frédéric PECHENARD et Pierre-Yves BOURNAZEL.

Depuis plus de deux ans, je vous alerte sur l’’opposition ferme des riverains et des associations du 39 boulevard de la Chapelle sur le projet d’installation d’une salle de shoot à cette adresse. Et voilà 2 ans que vous et le maire du 10e arrondissement êtes sourds et méprisants envers tous celles et tous ceux qui s’opposent au projet.

Face à l’ampleur de la contestation, vous avez été contraint de reculer et de revoir votre copie. Votre adjoint en charge de la Santé  a annoncé lundi- un jour férié-sans doute pour minimiser votre revers – que la salle de shoot serait finalement adossée à l’Hôpital Lariboisière.

Cette annonce a été si rapide que le maire du 10e arrondissement peine à masquer le désaveu qu’il vient de subir. Il est même allé jusqu’à arguer que le site prévu jusqu’ici, le 39 bd de la chapelle, n’était finalement pas adapté, alors que depuis des mois il en vantait les mérites.

Que la salle de shoot ne soit plus implantée aussi près des écoles et des immeubles est pour nous une bonne nouvelle. Pour autant, il s’agit là d’une mascarade. Car son déplacement de 200m ne règle évidemment en rien les questions de fond. L’ouverture même d’une salle de shoot reste pour nous une aberration en termes de santé publique.

Avec mes collègues du groupe UMP, nous détestons votre renoncement face à la toxicomanie. Vous avez choisi de baisser les bras et de tirer un trait sur une frange de la population qui cumule les difficultés. Ce n’est pas notre cas.

Pourquoi sommes-nous élus si ce n’est au contraire pour répondre à la détresse de certains et aux problèmes de tous ?

L’adossement à une structure hospitalière est un leurre, c’est même du cynisme de prôner l’empoisonnement dans un hôpital !
Cette caution n’effacera pas par ailleurs l’hostilité très vive du corps médical comme l’attestent les avis des Académies de Médecine et de Pharmacie.

La direction de Lariboisière elle-même aurait manifesté à plusieurs reprises son hostilité au projet. Et on la comprend. Au lieu d’être un sanctuaire de santé publique, l’hôpital va se trouver au centre d’un vaste trafic de drogue.

La question de la sécurité du site et de ses patients se pose.
Il est évident que des toxicomanes vont se présenter aux urgences, déjà en passe d’être saturées avec la fermeture de celles de l’Hôtel-Dieu. Comment s’assurer que le service ne soit pas perturbé par des toxicomanes en manque, désorientés et parfois violents ?

Surtout, nombre de toxicomanes refuseront simplement d’aller dans une structure  hospitalière même indépendante. Alors à quoi bon vous entêter à porter un projet qui coûtera un million d’euros par an, pour que l’objectif ne soit même pas atteint.

Madame la Maire, ayez cette fois un peu de courage, vous avez déjà fait un premier pas en arrière. Continuez à reculer, et aller au bout de la logique, en abandonnant simplement ce projet funeste. Et nous pourrons alors envisager ensemble un véritable programme d’accompagnement des toxicomanes pour les aider à se diriger vers le sevrage.