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Question d’actualité de Nathalie Kosciusko-Morizet sur la démocratie – Juin 2015

30 juin 2015

Madame la maire,

Depuis quelques temps, vous nous donnez démonstration sur démonstration de votre difficulté à accepter les conséquences du vote. Et vous ne vous encombrez pas de principes, ni même de morale, pour arriver à vos fins.

Ce matin, vous nous demandez de revoter sur un projet déjà soumis au conseil de Paris, et rejeté alors. Et ce, le jour même ou le tribunal administratif débat de votre requête de casser le premier vote. Mais qui peut croire ici que vous auriez cherché à casser le premier vote s’il vous avait été favorable? Madame la maire, le tribunal administratif n’a pas vocation à servir de béquille à votre majorité divisée.

Ces dernières semaines, vous manœuvrez pour éviter que la présidence du SIAAP ne bascule à droite. C’est pourtant la suite logique des élections départementales du mois de mars, que la gauche a perdues. Mais à votre demande, la règle ancienne qui veut que les délégués soient désignés à la proportionnelle a été violée. Vous prenez ainsi le risque de bloquer le fonctionnement d’un syndicat important pour toute la région parisienne.

Enfin, comme la défaite de la gauche aux élections municipales a donné la métropole du grand Paris à la droite, vous réclamez un amendement pour m’en évincer personnellement. En dépit de son rejet au Sénat, malgré le désavoeu de vos propres amis politiques à la commission des lois de l’assemblée nationale, qui n’ont pas voulu tremper dans vos basses manœuvres, vous vous obstinez et demandez qu’il soit redéposé.

Là aussi, personne ne peut croire que si la gauche avait gardé la majorité à la Métropole, elle aurait imaginé un dispositif pareil. Pire, vous défendez l’indéfendable avec un argument particulièrement absurde: alors je ne pourrais pas siéger au grand Paris, parce que je suis minoritaire dans mon arrondissement? Mais à ce jeu, madame Hidalgo, vous n’avez rien à faire à ce fauteuil, vous qui avez été battue à plates coutures par notre collègue Philippe Goujon dans votre arrondissement.

La démocratie a ses règles. Ce sont celles du vote, qui seul donne légitimité. Elles font son honneur.

Refuser les règles, prétendre les changer à son seul bénéfice, en inventer de nouvelles en fonction de son propre intérêt, c’est tourner le dos à la démocratie.

Quand il s’agit des autres, vous n’êtes jamais avare de leçons de morale en matière de démocratie ou de respect des minorités. Ma question est donc simple : quand cesserez vous de faire à Paris ce que vous critiquez ailleurs dans le monde ?