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Question d’actualité de Thierry Hodent relative à l’enseignement musical à Paris – Mars 2016

4 avril 2016

Merci Madame la Maire,

Mes chers collègues,

Je vais aujourd’hui vous parler de la réforme des conservatoires et aussi des chamboulements dans les centres d’animation.

Madame la Maire, vous n’avez plus de politique d’enseignement musical pour Paris. Les professionnels, artistes intervenants en milieu scolaire, professeurs en conservatoires, et parents d’élèves s’inquiètent. Et ils ont raison.

Nous demandions une concertation sur l’enseignement musical à Paris en général et sur la réforme des conservatoires en particulier. Nous avons aujourd’hui un comité de pilotage qui donne dans ses conclusions les axes fixés par l’exécutif.

Décryptons vos objectifs :

 L’exécutif dit qu’il veut  développer de nouvelles filières en « démocratisant l’accès au conservatoire », en « favorisant l’accueil des adolescents », en « accompagnant les pratiques contemporaines de la musique » et enfin en « favorisant l’innovation pédagogique ».

Au-delà d’un vocabulaire des années 70, il faut comprendre des intentions bien réelles de remplacer les cours individuels par des filières collectives, d’interdire aux élèves de pratiquer deux disciplines pour réduire les couts. Or, les cours collectifs sont utiles mais ils existent, et ne peuvent remplacer les cours individuels.

Une fois de plus Madame la Maire  privilégie l’affichage à l’efficacité.

L’exécutif dit qu’il veut « mettre en place un plan d’éveil musical » en démocratisant l’accès à l’enseignement artistique et en « co-bâtissant un nouveau parcours d’éducation musicale entre le conservatoire et l’école ».

Il faut comprendre annuler des cours dans les conservatoires pour les remplacer par des heures dans le cadre de la réforme des rythmes scolaires.

Une fois de plus Madame la Maire privilégie le quantitatif au qualitatif.

Enfin l’exécutif dit qu’il veut « développer les partenariats en donnant une visibilité et une complémentarité à l’offre des conservatoires et en élargissant l’offre de ces conservatoires à des publics éloignés »

Il faut comprendre : réduire le magistère supposé illégitime par l’exécutif des conservatoires sur l’enseignement musical et confier la politique d’enseignement musical au tout venant.

Une fois de plus Mme la Maire privilégie l’idéologie à l’intérêt des Parisiens.

Autre sujet, les centres d’animation. Oui nous associons les deux sujets contrairement à vous qui avez volontairement morcelé vos intentions puisque c’est Pauline VERON, qui pilote celle des cours de musique dans les centres d’animation. Nous vous le redisons ici : nous aurions tant aimé voir Bruno JULLIARD se saisir de l’ensemble de ce dossier, ce dans un souci de cohérence et d’ambition, qui manquent cruellement à l’ensemble de votre politique.

Les Parisiennes et les Parisiens auront donc la possibilité d’expérimenter un enseignement musical inédit en centre d’animation et d’ ailleurs celui d’ « une pédagogie innovante individualisée en petits groupes ».

Comme nous l’avions déjà souligné et comme l’a relayé un article du Lab, cela est surtout funeste car ce n’est pas la musique qui sera enseignée à tous, mais bien un nivèlement par le bas généralisé.

La conséquence sera « encore une fois » une anti-mixité sociale puisque les usagers des centres d’animation qui pourront se le permettre migreront vers l’enseignement musical privé.

Notre question sera :

Quels sont vos intentions réelles par rapport à l’enseignement musical à Paris ?