Restez informés

NKM dénonce la « désinvolture » d’Hidalgo

15 juin 2014

© Bernard Bisson / JDD

INTERVIEW – Nathalie Kosciusko-Morizet, présidente du groupe UMP au Conseil de Paris, se veut offensive face à sa rivale socialiste, qui lui a ravi la mairie de Paris. Première grande interview. 

Vous participerez demain à votre deuxième Conseil de Paris. Comment est l’Hôtel de Ville vu de l’intérieur ?


Un incroyable gâchis! Il y a énormément de compétences et d’envie de bien faire du côté des personnels. Une vraie fierté à travailler pour la Ville. Un désir d’exemplarité et d’excellence. Mais en face, l’exécutif fait preuve d’une grande désinvolture. On le voit en ce moment avec les grèves à répétition. L’Hôtel de Ville est un outil formidable. Et que fait l’exécutif? Il multiplie les « vœux » et les « communications », alors qu’on attend des délibérations, des textes exécutoires, de l’action. La maire, perpétuellement satisfaite d’elle-même, se contente de dire « nous souhaitons » au lieu de dire « nous faisons ». C’est un dévoiement de la place du politique. Prenez l’exemple de l’ouverture des commerces le dimanche. Quel besoin de créer une MIE, une Mission d’information et d’évaluation qui durera six mois? Cela fait des années que le débat est posé. Il est temps d’agir!

Que préconisez-vous sur le travail dominical ?

La maire de Paris peut, sur simple signature, étendre immédiatement les zones touristiques ou créer des Puce [Périmètres d’usage de consommation exceptionnel] pour ouvrir les commerces le dimanche là où cela a du sens. Le dossier de Bercy Village, par exemple, est prêt depuis deux ans et demi, il ne manque plus que l’accord de la mairie. Dans la rue Saint-Honoré et sur l’avenue Montaigne, les artères du luxe, plus de 60 % des achats se font en détaxe, c’est-à-dire par des touristes étrangers ; des milliers d’emplois pourraient être créés comme ça en ouvrant le dimanche. Et ils sont perdus aujourd’hui, les touristes partent faire leur shopping ailleurs. De même, je suis clairement pour l’ouverture dominicale dans le quartier des grands magasins. Laurent Fabius s’est prononcé en tant que ministre des Affaires étrangères, en charge des questions liées au tourisme. Mais la majorité municipale est faible, pas claire. La MIE vise à temporiser. On perd du temps.

Vous demandez la mise en place d’une zapa (zone d’action prioritaire pour la qualité de l’air). Anne Hidalgo parle d' »effet de manches post-Grenelle »…

La municipalité est en situation d’échec sur la pollution, comme l’ont montré les récents pics. C’est un problème de santé. Une zapa, qui interdise les véhicules les plus polluants, est indispensable, en commençant très vite par les cars de tourisme les plus anciens. Lorsque le Grenelle a été adopté à l’unanimité, les zapa étaient demandées sur tous les bancs de l’hémicycle. C’est le seul outil qui marche durablement. Les mesures d’urgence à l’occasion d’un pic de pollution ne sont pas à la hauteur de l’enjeu. C’est à la pollution de fond qu’il faut s’attaquer, celle qui nous fait perdre de six à huit mois d’espérance de vie, selon les études internationales. Les socialistes disent : « Attendons la métropole. » Mais si vous interdisez Paris aux poids lourds les plus polluants de façon permanente, les entreprises de la couronne vont anticiper et s’équiper en conséquence. Cela aura un impact positif sur l’ensemble de l’agglomération.

Lire la suite