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Grève des éboueurs : « Paris est sale mais Madame Hidalgo est occupée à obtenir plus de pouvoirs »

8 octobre 2015

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INTERVIEW Interrogée par «20 Minutes» sur la grève des éboueurs, Nathalie Kosciusko-Morizet critique les méthodes de la maire de Paris…

Si selon la mairie de Paris, la situation de la collecte des ordures à Paris « s’améliore » au quatrième jour de grève des éboueurs de la capitale, l’incertitude demeure sur la poursuite de leur mouvement. Pour Nathalie Kosciusko-Morizet, présidente du groupe Les Républicains au Conseil de Paris, il y a surtout un problème de « dialogue » de la part de l’exécutif.

Anne Hidalgo annonce ce matin dans Le Figaro vouloir « moderniser Paris ». Dans le même temps, les éboueurs entament leur quatrième jour de grève. Quelle est votre réaction ?
Cette interview donnée en pleine grève des éboueurs illustre les contradictions de la Maire de Paris. Anne Hidalgo veut toujours plus de pouvoirs, mais elle ne rend pas le service de base qu’elle doit aux Parisiens. Avant cette grève, les rues étaient déjà sales. Là c’est franchement dégoûtant. En matière de propreté, la capitale arrive à la 29e place mondiale, selon une enquête Trip Advisor [publiée en 2012]. C’est pénible pour les Parisiens, choquant pour les touristes, et désastreux pour l’image de la Ville. Paris est sale mais Madame Hidalgo est occupée à obtenir toujours plus de pouvoirs.

Selon vous, donner plus de compétences aux maires d’arrondissements permettrait de régler ce type de problème ?
C’est ce que je propose. Il faut changer le système. Les Parisiens se tournent logiquement vers leurs maires d’arrondissement pour demander des comptes sur la propreté. Or aujourd’hui ceux-ci ne peuvent rien faire. Ils n’en ont pas la compétence. Décentralisons les moyens pour les rapprocher du terrain, confions la propreté aux arrondissements. En s’attaquant aux arrondissements, qui sont l’échelon de proximité et un peu de l’identité de Paris, comme en cherchant à centraliser toujours plus de pouvoirs, madame Hidalgo prend le mauvais chemin.

Entre ce conflit social avec les éboueurs et la grève des agents municipaux dans les équipements sportifs qui a duré un an – un record pour l’Hôtel de Ville – y a-t-il un problème de méthode ?
Oui, et c’est toujours le même schéma. La ville ne dialogue pas avec ses personnels et ce sont les Parisiens qui paient l’addition. Financièrement et sur la qualité de service. Dans un premier temps, l’exécutif n’écoute pas, espère et attend l’essoufflement du mouvement avant de prendre trop tard de timides mesures. Entre-temps, la situation se dégrade. De nombreuses associations sportives ont été fragilisées par la grève dans les piscines et dans les gymnases. Et là, rebelote, c’est la même attitude, la même désinvolture. Les ordures s’amoncellent. La ville a attendu avant de mobiliser des prestataires, dont les services sont par ailleurs insuffisants.

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