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Les bonnes économies commencent par soi-même – Tribune du groupe UMP

12 décembre 2014

© Sophie Robichon / Mairie de Paris

Tribune du groupe UMP

Confrontée à un « trou » de 400 millions d’euros pour le bouclage du prochain budget, Anne Hidalgo a présenté récemment un plan d’économies pour l’année 2015, dont le montant, malheureusement flou, devrait se situer entre 130 et 180 millions d’euros. Bien sûr, nous nous réjouissons que la Maire de Paris, qui ne proposait que 37 millions d’euros d’économies par an pendant la campagne municipale, se décide enfin à amplifier l’effort de réduction des dépenses. Néanmoins, au lieu de réduire le train de vie de la Mairie, on peut craindre que les économies ne se fassent surtout sur le dos des familles.

L’équipe municipale prévoit en effet la suppression de plusieurs prestations sociales : l’allocation PAPADO pour les familles qui font garder leurs enfants à domicile, l’allocation pour naissances multiples, l’allocation familiale pour le maintien à domicile d’un parent âgé, et même l’allocation d’accompagnement ouverte aux personnes qui cessent leur activité pour s’occuper d’un parent malade. Par ailleurs, les conditions de bénéfice des cartes de transport Emeraude et Améthyste pour les personnes âgées et handicapées devraient être durcies.

De telles mesures ne seraient acceptables que si l’administration réduisait elle drastiquement son train de vie. Or, les économies prévues par la ville sont mineures par rapport à certains gaspillages : l’ensemble des suppressions et réductions d’allocations mentionnées ci-dessous représente à peine 5 millions d’euros, quand la municipalité gaspille 25 millions dans un montage financier inutile sur le chantier de la Philharmonie.

Parce que le plan d’économies ne doit pas être à deux vitesses, la ville doit aussi participer aux efforts, en réduisant certains des postes les plus coûteux. Comment expliquer par exemple que Paris perde chaque année 200 millions d’euros en absentéisme, alors même que l’administration s’est beaucoup étoffée, puisque la masse salariale a progressé de 35 % en deux mandats (de 40 000 à 54 000 agents) ? Il est urgent d’engager une réflexion non seulement pour mieux impliquer les agents publics dans l’action municipale, mais aussi pour réduire peu à peu les effectifs dans la suradministration qui s’est développée : la mairie reconnaît elle-même que de 2001 à 2012, sur les presque 9 000 recrutements qu’a connu l’hôtel de ville, seulement 2200 correspondent à de nouvelles structures au service des Parisiens.

Nous renouvelons donc l’avertissement que nous avons lancé lors du Conseil de Paris d’octobre : la ville doit s’attaquer aux gaspillages et à la modération de son train de vie avant de mettre les Parisiens à contribution. Les efforts, pour être justes, doivent être partagés.