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NKM : « L’avenir de Paris ne peut dépendre des sautes d’humeur de tel ou tel »

14 janvier 2016

PHOTO : ERIC PIERMONT/AFP

INTERVIEW- Police municipale, modification de l’élection du maire, référendum local sur le découpage des arrondissements, la présidente du groupe les Républicains au Conseil de Paris présente un contre-projet sur le statut de la capitale.

LE FIGARO.- Êtes-vous favorable à la fusion ville-département?
Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET.– Oui, sur le principe car c’est un archaïsme qui n’a plus lieu d’être, même si la question est plus globale et devrait être abordée à l’échelle de la métropole et des quatre départements Paris et petite couronne. Surtout, en politique, il faut de la constance. J’ai été la seule dans ma campagne pour Paris à évoquer la nécessité de réformer le statut de Paris à travers le changement de mode de scrutin pour l’élection du maire et la création – de plus en plus nécessaire et évidente – d’une police municipale. J’y suis naturellement toujours favorable. Je me félicite de constater que ma concurrente de l’époque, qui était opposée à toute évolution, vient finalement sur cette position. Les conversions mêmes tardives sont toujours bonnes à prendre. François Hollande et Manuel Valls défendent bien nos positions dans la lutte contre le terrorisme, Anne Hidalgo aussi peut se rallier à nos convictions…

Vous proposez une modification du mode de scrutin pour l’élection du maire de Paris. Pourquoi et comment?
Personne ne peut comprendre que le mode de scrutin du maire de Paris ne soit pas plus direct et que la capitale ait un statut d’exception par rapport à l’ensemble des villes de France. Chacun comprendra qu’un mode d’élection qui permet d’élire un maire qui a obtenu moins de voix que son concurrent est non démocratique et qu’il doit être révisé. Nous proposons de légitimer simultanément le maire de Paris et les maires d’arrondissements, en organisant un double scrutin de liste, l’un pour les conseillers d’arrondissements, l’autre pour les conseillers de Paris sur la base d’une liste globale: un scrutin, deux bulletins, comme cela existe dans de nombreux pays.

Jusqu’au faut-il aller au niveau de la décentralisation des compétences?
De très nombreux Parisiens se tournent régulièrement vers leur maire d’arrondissement, lorsqu’ils sont face à des problématiques locales, parce qu’ils le considèrent comme leur interlocuteur légitime. Mais dans les faits, les maires d’arrondissement n’ont que très peu de pouvoir. Nous proposons de leur redonner des compétences sur la propreté, l’entretien et l’aménagement des espaces publics mais aussi un certain nombre d’actions relatives à la petite enfance. Et surtout de leur donner les moyens de ces compétences, tant sur le plan humain ou financier que réglementaire. Je constate d’ailleurs que la maire de Paris brandit souvent ses convictions décentralisatrices dans les médias alors qu’elle fait le contraire dans son mandat en recentralisant les décisions. Avec ses services, elle travaille actuellement à supprimer les compétences des maires d’arrondissement en matière de restauration scolaire!

Pourquoi un référendum local vous semble-t-il indispensable concernant l’évolution des arrondissements?
Quand on modifie profondément l’architecture des pouvoirs publics et l’organisation administrative qui concerne chaque citoyen, il me paraît indispensable de les consulter. Il suffit de regarder l’opposition qu’a suscitée la réorganisation des régions. Les Parisiens sont attachés à leur arrondissement et il n’y a pas de raisons sérieuses et raisonnables d’en modifier profondément l’architecture. Par deux fois le Conseil constitutionnel s’est récemment penché sur la question de la division de Paris en arrondissements. Dans les deux cas, rien dans ses décisions n’appelait à une réforme de la carte.

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