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NKM : « On laisse se déployer dans Paris des centaines de lieux de prostitution »

22 juin 2015

Crédit photo : LP/Benoit Hasse

Nathalie Kosciusko-Morizet, député (LR) et chef de file de l’opposition parisienne pousse un coup de gueule contre la prolifération des salons de massage dans la capitale à l’heure où le projet de loi visant à lutter contre la prostitution vient d’être voté à l’Assemblée nationale.

Vous partez en guerre contre les salons de massage ?


NATHALIE KOSCIUSKO-MORIZET. – Je m’insurge surtout contre une certaine hypocrisie ! En même temps que l’on débat longuement dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale de la pénalisation du client — une mesure que j’ai votée et que je soutiens —, on laisse se déployer dans Paris des centaines de nouveaux lieux de prostitution. Plus grave encore, on fait comme si cela n’existait pas. C’est insupportable !

C’est, selon vous, le retour des maisons closes ?

NKM. – Depuis la loi Marthe-Richard du 13 avril 1946, les maisons closes sont interdites. Or on assiste ces dernières années à l’ouverture dans les rues de Paris, de centaines de lieux de prostitution qui s’apparentent à des maisons closes. Il n’y a pas besoin d’être grand clerc pour comprendre ce qui se passe derrière ces devantures opaques. Mais on laisse faire ce que la loi interdit.

Que préconisez-vous ?

NKM. – Avec Philippe Goujon (Ndlr :député maire LR du XVe), nous avons écrit au Préfet de Police de Paris pour lui demander de renforcer les contrôles dans le cadre de la loi existante, sans attendre. En 2014, seules 17 procédures judiciaires ont été engagées contre des établissements. La même année, 575 salons de massage et de relaxation étaient répertoriés dans la capitale, qui n’en abritait qu’une centaine en 2009. Tous ne sont pas, naturellement, des lieux de prostitution. Cependant dans certains quartiers tout le monde sait que le salon de massage coincé entre la boulangerie et le café est une maison close. Je lance une pétition sur mon site et sur la plateforme Internet www.stop-hypocrisie-prostitution.fr pour sortir de cette hypocrisie.

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