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Paris : les riverains de la Canopée éblouis par l’effet de réverbération

27 avril 2016

Rue Rambuteau. Danielle Mahieu, riveraine de la canopée, est obligée de fermer ses rideaux les jours de soleil. Elle est éblouie par la réverbération. (LP/Ph.B.)

Dernier avatar en date de la canopée : trois semaines après son inauguration, l’impressionnant toit de verre installé à 14 m de hauteur au-dessus du forum des Halles (Ier), provoque un effet de réverbération qui indispose certains riverains. Au premier rang desquels plusieurs habitants de la rue Rambuteau dont les fenêtres des appartements exposés plein sud s’ouvrent sur la canopée, œuvre des architectes Patrick Berger et Jacques Anziutti.

« Cette énorme toiture en verre réfléchit les rayons du soleil sur nos vitres. Résultat : nous sommes complètement éblouis et la température monte très vite dans l’appartement », constate Claude Philippe, présidente de l’association des locataires d’un immeuble de la rue Rambuteau géré par la RIVP (Régie immobilière de la Ville de Paris) dont les fenêtres sont pourtant équipées de double vitrage.

« C’est comme si on regardait le soleil en face !, s’exclame Danielle Mahieu, retraitée. Pour me protéger de la réverbération, je suis obligée de fermer les rideaux dès 13 heures et de vivre dans l’obscurité ». Cette sexagénaire qui habite au deuxième étage fait état d’un autre grief : « Même si je trouve que c’est une réussite architecturale, je regrette que la canopée me prive de la vue que j’avais naguère sur la fontaine des Innocents et sur la tour Saint-Jacques ».

Evoquant « un effet miroir », son voisin Vincent Dizabo, retraité de la Comédie française, renchérit : « La lumière renvoyée est aussi violente que celle d’un projecteur de cinéma. Et ça chauffe… » Même sa voisine à l’entresol s’inquiète : « Quand il fait beau, je ne peux même plus regarder par la fenêtre. L’éblouissement est tel que j’en attrape mal aux yeux. Sans compter que le 19 avril, le thermomètre a atteint 29 degrés chez moi. Qu’en sera-t-il cet été ? »

Président de l’association ADRAQH (Association pour la défense des riverains et l’animation du quartier des Halles), Jacques Chavonnet déclare : « Je m’étonne que la question de la réverbération n’ait pas été diagnostiquée lors des études ». Et s’inquiète : « je n’ose imaginer ce qui se passera cet été ». Tout en reconnaissant que ce sujet « n’a pas été anticipé », Dominique Huchet, directeur du réaménagement des Halles à la SemPariSeine, relativise le problème : « Le phénomène de réverbération sur la canopée est le même que celui observé sur les façades en verre d’un grand nombre d’immeubles à Paris ».

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