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Jérôme Dubus : « Paris s’enfonce dans la triple peine : plus de dépenses publiques, d’impôts et d’endettement »

26 octobre 2015

© Roxanne Neveu / Mairie de Paris

Tribune libre. Jérôme Dubus est Conseiller de Paris et siège au groupe Les Républicains. Pour lui, « il n’y a en effet aucune sobriété budgétaire dans les choix de Madame Hidalgo ».

Sobriété ! Tel est désormais le maitre-mot à l’Hôtel de Ville de Paris. Fini les dépenses somptuaires des deux précédentes mandatures de Bertrand DELANOË dont Anne HIDALGO fût la très fidèle et très discrète Première adjointe. Terminé les futilités auxquelles nous avait habitué le Maire précédent. Désormais, la rigueur, voire l’austérité vont déterminer la politique budgétaire de Paris.

Mais on ne sort pas de 14 années d’explosion des dépenses par la simple magie du verbe.
Il n’y a en effet aucune sobriété budgétaire dans les choix de Madame Hidalgo : tout juste, des déclamations d’intention pour rassurer les agences de notation.

Si tel était le cas, nos gentils élus verts et communistes, drogués à la dépense publique et aux promesses d’un Paris sans pollution et sans demandeur de logement, auraient déjà claqué la porte.

En réalité, rien n’a changé et Paris s’enfonce encore un peu plus dans la triple peine : plus de dépenses publiques ; plus d’impôts ; plus d’endettement.

Plus de dépenses publiques  

En douze ans, de 2002 à 2014, les charges de fonctionnement de la Ville ont augmenté de 65 %.  Parmi celles-ci, les dépenses de personnel ont  cru de plus de  45 % avec 52 000 agents en 2014 contre 40 000 en 2002 auquel s’ajoute une politique statutaire inflationniste et un taux d’absentéisme considérable (11 % pour un coût de 160 M€) en comparaison des autres grandes villes de France.

En 2014, première année du mandat d’Anne Hidalgo, ces dépenses ont encore augmenté de 4,7 %. Qui peut parler sérieusement de sobriété ?

Quant au « train de vie » de la Ville, il ne diminue absolument pas : 821 millions en 2014 contre 823 en 2013. Est-ce cela la modération des dépenses ?

Plus d’impôts et de taxes 

Etant incapable de réduire les charges courantes, Madame Hidalgo augmente d’une manière pernicieuse les impôts et les taxes qui pèsent sur les Parisiens, tout en déclarant le contraire.

Non contente avec son prédécesseur d’avoir encaissé un supplément de recettes fiscales provenant des entreprises de 300 millions d’euros entre 2011 et 2014, dont on se demande bien d’ailleurs à quoi elles ont été affectées, le cocktail fiscal pour 2016 s’annonce à haute teneur : augmentation des droits de mutation, augmentation de la taxe de séjour ; taxe sur les résidences secondaires après l’augmentation sans précédent en 2015 des droits de stationnement et des tarifs des cantines, des conservatoires et des équipements sportifs.

Le choc fiscal auquel les ménages et les entreprises parisiennes ont été soumis depuis 2009 va donc se poursuivre, battant en brèche l’engagement « formel » de cette municipalité de ne pas augmenter les impôts entre 2014 et 2020.

Plus de dettes

Etant incapable de maitriser les dépenses de fonctionnement, Madame Hidalgo va devoir financer son très ambitieux programme d’investissement pour un recours massif à l’endettement.

La dette de Paris a triplé en 14 ans pour atteindre aujourd’hui 4 milliards d’euros. Aucune autre ville d’une importance équivalente n’a connu une telle progression.

Mais le pire  est à venir : pour respecter son programme, la Maire actuelle devra emprunter entre 500 et 700 millions d’euros supplémentaires par an soit un quasi doublement de la dette d’ici 2020 !

La dette par habitant attendrait donc 3 600 €, nettement supérieure à celle de Lyon et quasi identique à celle de Marseille, cancre de la classe.

Paris n’est plus la ville riche d’autrefois. Paris s’est appauvrie.

Minée par les charges de fonctionnement en constante augmentation depuis 14 ans, la collectivité parisienne n’a pu investir qu’au prix d’un endettement massif.

Décidément, à Paris comme en France, sobriété et socialisme ne font pas bon ménage !

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