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Rythmes scolaires à Paris : la droite veut recentrer les moyens

25 avril 2016

(c) Photo Martin Bureau/AFP

Une mission d’information remettra début mai un bilan à la maire de Paris. Aux manettes du rapport, les élus LR fustigent une certaine dispersion des moyens.

Trois ans après sa mise en place à Paris, avant toutes les autres villes, la réforme des rythmes scolaires fait encore débat. Et son bilan paraît plutôt mitigé. Selon un rapport réalisé par plusieurs élus parisiens, piloté par la droite, qui sera transmis d’ici à quelques jours à Anne Hidalgo, la Ville de Paris y consacre clairement de généreux moyens. Mais trop peu optimisés aux yeux de Jean-Baptiste Menguy, élu LR et pilote de l’étude. « Paris a une offre périscolaire riche mais pas de politique périscolaire, regrette-t-il. Il y a 8.200 ateliers dans 662 écoles, c’est trop et le nombre d’intervenants est excessif. »

Dans la capitale, l’offre périscolaire était déjà très fournie entre la cantine, les études surveillées, les ateliers bleus (activités payantes après l’école) et les centres de loisirs. La réforme des rythmes scolaires l’a encore développée puisque depuis la rentrée 2013, deux ateliers sont proposés aux élèves les mardi et vendredi après-midi en contrepartie du retour à l’école le mercredi matin. Avec, selon le rapport, pas moins de 22 thèmes d’activité en maternelle et 27 en élémentaire. Trop varié aux yeux de Jean-Baptiste Menguy, qui préconise un recentrage sur 5 à 10 activités semestrielles, davantage liées aux enseignements scolaires et mieux évaluées.

Un saut qualitatif d’autant plus assumable, selon lui, que la ville a les moyens de ses ambitions : un tiers des activités sont assurées par des associations, deux tiers par des agents municipaux. La mairie dépense 60 millions d’euros (incluant l’aide de l’Etat de 6,7 millions). En intégrant la masse salariale, ce budget monte à 200 millions d’euros annuels. Le rapport évalue les effectifs à plus de 6.000 agents de la ville (Asem et animateurs), mais Jean-Baptiste Menguy juge, lui, que les intervenants sont en réalité deux fois plus nombreux, en incluant le rôle des associations.

La droite s’inquiète par ailleurs de la faiblesse des contrôles du personnel dans les associations. « Il n’y a eu que 114 contrôles effectués en 2015, soit à peine 8 % des accueils et une cinquantaine ont montré des problèmes, ce n’est pas acceptable pour la sécurité des enfants », juge l’élu LR. Il regrette également que la comparaison avec le fichier des délinquants sexuels n’ait été faite que sur la moitié des effectifs.

Des usagers plutôt satisfaits

Le rapport, très détaillé, reste néanmoins globalement nuancé. Après quelques dysfonctionnements manifestes les premiers mois, la situation semble désormais davantage sur les rails. « Le jugement global porté par les usagers est positif mais critique », indique le document. La mairie avait d’ailleurs brandi mi-mars un sondage de la CAF affirmant que 81 % des usagers des ateliers étaient satisfaits. Mais ce satisfecit ne vaut pas chèque en blanc, estime Jean-Baptiste Menguy, qui continue de batailler en faveur d’une nouvelle organisation « plus équilibrée » des rythmes scolaires hebdomadaires, (ateliers quotidiens…). Sans avoir forcément gain de cause : si les membres de la mission ont adopté le rapport à l’unanimité mi-avril, la préconisation de rationalisation émise par la droite a été rejetée par les élus de gauche.

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