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Salle de shoot : le cri d’alarme des riverains

8 mars 2017

(c) Capture Facebook

DROGUE C’est « un cri d’alarme » à la suite d’« incidents très graves ». Un collectif de riverains de la salle de consommation à moindre risque (SCMR) du Xe  arrondissement de Paris dénonce dans une lettre ouverte les multiples désagréments dont ils sont victimes et évoque une « bataille rangée d’une ­extrême violence entre deux bandes rivales de toxicomanes et de dealers », ­survenue le dimanche 26 février, rue Ambroise-Paré. Du côté de la mairie, on relativise : « Depuis l’ouverture de la salle, en octobre, souligne Stéphane Bribard, conseiller d’arrondissement délégué à la sécurité, c’est le premier moment “un peu de violence”, qui a été très rapidement l’objet d’action, à la fois de la police et de l’association Gaïa qui gère la salle. On espère juste que ça se passera le moins possible et qu’on trouvera des réponses adaptées. »

Sur son compte Twitter, le collectif poste de nombreuses photos du « quotidien » et une vidéo de la « bataille rangée ». « L’un des hommes a laissé échapper de son sac à dos une arme à feu ! », rapporte une riveraine qui souhaite garder l’anonymat, car « désormais nous vivons sous les menaces ». « Les responsables de la SCMR ont décidé de fermer la salle, laissant la violence suivre son cours, poursuit la lettre ouverte. (Cela) a eu pour effet de transformer les rues avoisinantes en “salle de shoot” à ciel ouvert, d’autant plus que le personnel distribuait aux toxicomanes survoltés les kits d’injection à travers la grille. »

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Au-delà de cet incident, les habitants du quartier assurent que « la situation dégénère de jour en jour ». « Pendant les deux premiers mois, on s’est dit “rien de pire, tant mieux !”, se souvient la riveraine. Mais à partir de janvier, on a perçu un tournant : les policiers se sont fait plus rares ». « Le trafic et la consommation de drogues se font désormais publiquement et impunément dans la mesure où dealers et toxicomanes profitent d’un périmètre protégé », souligne le collectif. Sa lettre fait état de « consommation en pleine rue d’alcool », « bagarres régulières », « déjections humaines et canines », et même de « l’occupation par les toxicomanes des Autolib’ transformées en “salles de shoot” individuelles ». Trois « phénomènes nouveaux » seraient récemment apparus : la prostitution, la consommation de crack et « des véhicules haut de gamme aux vitres teintées, tôt le matin, pour visiblement livrer de la “marchandise” ». « On est excédé, conclut la riveraine. On a peur que notre quartier devienne une zone de non-droit absolu. »

« L’hypocrisie de la Mairie »

Conseillère LR de Paris, élue du Xe arrondissement, Deborah Pawlik dénonce « l’hypocrisie de la Mairie de Paris, qui dit que tout va bien, alors que les membres du collectif, apolitique, et même des gens qui au départ étaient favorables à la salle de shoot sont unanimes sur le fait qu’il y a des difficultés ». Du côté de la mairie du Xe, on réplique qu’« on n’a jamais dit que la salle était une baguette magique ! ». « Une partie des remarques est liée non pas à la salle en tant que telle, mais à la présence d’usagers de drogue dans le quartier, note Stéphane Bribard. Comme avant, effectivement, les toxicomanes continuent à fréquenter les toilettes Decaux, la gare, les parkings. Mais depuis l’ouverture de la SCMR, il y a eu plus de 15 000 injections à l’intérieur, donc pas à l’extérieur. La salle compte plus de 500 inscrits et environ 180  passages par jour. La réflexion à avoir, c’est peut-être sur l’extension des horaires, et aussi sur le nettoyage public. On est vigilant. »

Lire l’article du Figaro : « Salle de shoot : le cri d’alarme des riverains«