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Voeu relatif à une stratégie globale et concertée des déplacements – Janvier 2017

23 janvier 2017

Voeu déposé par Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET, Jean-François LEGARET, Florence BERTHOUT, Jean-Pierre LECOQ, Jeanne d’HAUTESERRE, Delphine BURKLI, Philippe GOUJON, Claude GOASGUEN,  Brigitte KUSTER et les élus du groupe les Républicains

Relatif à une stratégie globale et concertée des déplacements

Rattaché au projet de délibération 2016 DVD 5 « Stratégie Piétons »

Le conseil de Paris siégeant en formation de conseil municipal,

Considérant que les Parisiens découvrent sans cesse dans la presse de nouveaux projets qui viennent bouleverser leur quotidien, que ces projets sont dévoilés sans concertation préalable, sont relativement flous et qu’ils suscitent de nombreuses interrogations et angoisses, créant ainsi pour les Parisiens un stress quant à l’évolution de leur vie quotidienne ;

Considérant  que  la mise en œuvre erratique de ces projets, souvent inaboutis et partiels, ne leur laisse le plus souvent que peu d’alternative, dégrade leur conditions de déplacement et augmente leur stress et leur énervement

Considérant que cette instabilité chronique des projets municipaux, valable pour l’ensemble des champs d’intervention de la Ville, fait parfois fi des engagements pris précédemment comme pour le réaménagement de la rive droite, augmentant ainsi l’inquiétude des Parisiens ;

Considérant que les objectifs de la politique de déplacement doivent s’exprimer en termes de facilitation du développement économique et social et de diminution indispensable de la pollution et du bruit,  plutôt qu’en termes de diminution de tel ou tel moyen de déplacement ;

Considérant qu’une politique de déplacement durable ne peut se résumer à contraindre un seul mode de déplacement pour le diviser par deux, mais au contraire se bâtit en favorisant les alternatives en transports en commun confortables, fiables et performants ;

Considérant que la capitale pâtit comme l’ensemble de la région d’un sous-investissement en matière de transports en commun pendant 18 ans qui ne peuvent être rattrapés en 18 mois malgré des investissements en hausse sur les deux derniers exercices budgétaires ;

Considérant que l’autorité organisatrice des transports et la région ne peuvent être appelés à cofinancer des opérations auxquelles elles n’ont pas été pleinement associées ;

Considérant que la construction métropolitaine appelle légitimement à toujours plus de concertation entre les acteurs du territoire métropolitain aujourd’hui défaillante comme l’attestent les recours contre la fermeture de la voie sur berges ;

Considérant que la démocratie participative ne consiste pas à mettre devant le fait accompli les personnes concernées par la succession d’opérations présentées, surtout en présentant les projets un par un au fil du temps et sans donner au citoyen une vision globale ;

Considérant qu’en raison de son statut de capitale politique et économique, Paris ne peut se réduire à sa seule dimension de destination touristique, fût-elle la première mondiale ;

Considérant le lien aujourd’hui admis par tous les experts entre développement des déplacement et développement économique ;

Considérant que l’accumulation des projets de déplacements, quelque soit l’intérêt de chacun d’entre eux pris individuellement, produit nécessairement des impacts cumulés qui ne sont aujourd’hui pas étudiés ;

Considérant que la segmentation de la politique de déplacement selon les publics cibles, tour à tour les vélos, les piétons, les automobilistes, les usagers des transports en commun etc conduit forcément à une politique de déplacements contre-productive puisqu’incohérente ;

Considérant que certains projets ne survivent que difficilement passé l’effet d’annonce, comme le plan vélo dont le manque de financements conduit à retarder nombre d’opérations ;

Considérant que les projets lancés ne sont que trop rarement évalués de manière scientifique et transparente, notamment quant à leur impact en matière de bruit et de pollution ;

Considérant que le plan parisien de déplacement date de 2007 et ne comprenait pas de nombreux projets déjà réalisés alors que le plan de déplacement de l’administration parisienne va être prochainement revu ;

Sur proposition de Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET, Jean-François LEGARET, Florence BERTHOUT, Jean-Pierre LECOQ, Jeanne d’HAUTESERRE, Delphine BURKLI, Philippe GOUJON, Claude GOASGUEN,  Brigitte KUSTER et des élus du groupe les Républicains émet le vœu que la Maire de Paris :

    • présente en Conseil de Paris une cartographie de l’ensemble des projets prévus d’ici 2020 ;
    • révise le plan de déplacement de Paris ;
    • lance une concertation avec les maires d’arrondissements, les communes riveraines, la métropole et la région sur l’ensemble de ces projets, à l’appui d’une étude d’impacts globale (pollution, bruit, économie, etc) ;
    • mette en place une série d’indicateurs pour évaluer les projets en termes de diminution de la pollution, du bruit et d’évolution des habitudes de déplacements ainsi qu’un baromètre de l’opinion des Parisiens sur ces sujets.