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Transformer le périphérique et les coupures urbaines de Paris – Janvier 2017

16 mars 2017

Mes chers collègues,

Le boulevard périphérique ceint la capitale et l’enferme dans ses 87 km2 intra-muros. Cette coupure entre Paris et sa banlieue est tout simplement anachronique à l’heure de la construction métropolitaine. Le Grand Paris est d’abord une idée urbanistique, dont le bon fonctionnement  s’accommode mal de cette barrière physique, durablement ancrée dans la culture des habitants de la métropole.

Ces dernières années, cette frontière entre Paris et sa banlieue a plutôt tendance à se renforcer qu’à s’estomper. Les projets de couverture de certaines portes sont aujourd’hui à l’arrêt, les précédents programmes ayant accumulé retard et dérives budgétaires, y compris ceux qui étaient inscrits au contrat de plan Etat-région. La création d’une zone à circulation restreinte et les projets de réaménagement dans le centre de la capitale creusent un peu plus la séparation entre Parisiens et Franciliens. Le franchissement de cet ouvrage par les circulations douces est aujourd’hui complexe, constituant une entrave au report modal.

100.000 Parisiens vivent aux abords du périphérique et en subissent les nuisances particulièrement élevées au détriment de leur santé. Les Parisiens qui fréquentent les nombreux équipements implantés au bord du boulevard périphérique sont aussi exposés à ces dangers sanitaires de premier ordre. Le bruit dépasse régulièrement les niveaux réglementaires, notamment la nuit. Les protections phoniques restent partielles et la pose d’enrobé phonique gagnerait à être développée en ce qu’il équivaut à une division par cinq du trafic routier. La baisse de la vitesse à 70 km/h n’a engendré qu’une baisse minimale du volume sonore, imperceptible pour l’oreille humaine, ne saurait être suffisante. La couverture du périphérique permettrait de mieux canaliser les émissions de polluants avant de trouver une solution technique pour les retraiter.

Couvrir le périphérique est un projet à l’échelle de plusieurs décennies. C’est d’ailleurs une formidable source d’inspiration pour les architectes du monde entier. L’appel à projets Réinventer Paris a montré que les contraintes techniques du site sont autant de défis qui poussent à inventer des formes urbanistiques nouvelles. La construction du Parc des Princes démontre que le périphérique peut accueillir des constructions lourdes. Puisque le périphérique n’a pas la même physionomie d’une porte à l’autre, les projets sont nécessairement variés. Il ne s’agit pas de remplacer une enceinte de béton par une autre, certaines portions du périphérique n’ayant pas vocation à être couvertes ou enfouies. Les portes et les grandes places à proximité du périphérique bénéficieront également d’un traitement cohérent pour former autant de passerelles entre Paris et sa banlieue. La mixité du bâti conciliant équipements publics, logements, bureaux et espaces verts est donc un impératif. Certaines portions pourraient utilement accueillir une couverture légère sous forme de panneaux solaires par exemple. La forme de l’appel à projets permet d’ouvrir largement les possibles. Ainsi, les grandes emprises ferroviaires génèrent des coupures identiques, cette fois entre des quartiers de Paris même, et produisent le même type de nuisances, aussi il semble important de les traiter simultanément.

Pour l’ensemble des projets qui seront retenus, un modèle économique peut être trouvé, reposant sur la valorisation foncière des espaces couverts et des surlargeurs. Grâce à la mixité des fonctions, il sera possible de réaliser une couverture progressive sans alourdir les finances de la collectivité parisienne. Le portage des différentes opérations pourra être accompagné par l’État et la région, comme cela a été le cas pour la Porte des Lilas. La métropole qui a rencontré un succès important dans le cadre de son appel à projets «  Inventons la Métropole » est un partenaire naturel de ce type d’opération. Bien évidemment, les communes riveraines doivent être associées à ces projets, et pas seulement concertées.

La couverture du périphérique et des emprises pénétrantes ferroviaires n’est donc pas une utopie, mais une ardente nécessité. C’est favoriser l’inclusion de ses riverains dans la capitale, alors que les projets médiatisés ces dernières semaines se concentrent sur l’hypercentre de Paris.

Nous vous prions, mes chers collègues, de bien vouloir en délibérer.

Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET et les élus du groupe les Républicains

Retrouvez l’ensemble du projet des élus LR de Paris : « Paris sans frontière«