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Voeu relatif au projet d’installation d’une salle de shoot dans le 10e arrondissement – Juillet 2014

12 février 2015

Déposé par Déborah PAWLIK, Philippe GOUJON, Frédéric PECHENARD et les élus du groupe UMP

Relatif au projet d’installation d’une salle de shoot dans le 10e arrondissement

Le Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil municipal,

Considérant que le gouvernement a annoncé que la loi santé présentée en septembre prochain en Conseil des ministres définirait le cadre de l’expérimentation d’une « salle de consommation à moindre risques » ;

Considérant que le maire du 10e a réitéré son souhait d’accueillir dans son arrondissement la première salle d’injection supervisée dans le cadre de cette expérimentation ;

Considérant pourtant que, si la question de la lutte contre la toxicomanie doit faire l’objet d’une pleine mobilisation des pouvoirs publics et notamment en matière de réduction des risques, l’ouverture d’une salle d‘injection supervisée ne peut être un instrument adapté à la lutte contre la toxicomanie à Paris ;

Considérant d’une part que les exemples étrangers montrent que si les salles d’injection supervisée permettent de diminuer les risques sanitaires liés à la consommation de drogue, elles ne présentent pas de résultats probants dans l’accompagnement des toxicomanes dans leur sevrage nécessaire ;

Considérant qu’aujourd’hui l’urgence consiste avant tout à aider les toxicomanes à sortir de leur addiction ;

Considérant d’autre part que la politique de réduction des risques sanitaires instaurée à Paris, par la mise à disposition notamment de matériels propres, l’ouverture de nombreux centres d’accompagnement et les traitements de substitution ont permis déjà de réduire les risques liés à l’injection,

Considérant en outre que l’implantation d’une salle d’injection supervisée à proximité de la gare du nord, aura des conséquences particulièrement lourdes sur le quartier, notamment en matière de tranquillité publique, alors même que ce quartier est déjà en proie à une forte insécurité ; à Genève c’est ainsi une mafia géorgienne qui s’est installée à proximité du quai 9 ;

Considérant par ailleurs que la mise en place d’un tel projet conduira inévitablement à stopper le développement de ce quartier, alors que, par la présence de deux gares internationales, il présente un fort potentiel qu’il est essentiel de développer, dans l’intérêt du 10e et de ses habitants ;

Considérant également que, pour tendre la main aux toxicomanes et les accompagner dans le sevrage, des alternatives existent, par exemple l’installation d’une structure fixe d’accueil médico-sociale, à proximité d’un centre hospitalier, ou encore le renforcement des équipes mobiles de professionnels allant à la rencontre des toxicomanes ;

Considérant enfin que, au regard de la situation actuelle, et de la concentration d’un public toxicomane dans certaines rues et lieux publics identifiés du quartier des deux gares, il est essentiel d’apporter au plus vite des propositions aux inquiétudes des riverains ;

Sur proposition de Déborah PAWLIK, Philippe GOUJON, Frédéric PECHENARD et des élus du groupe UMP, émet le vœu que la Maire de Paris :

–   renonce au projet dexpérimentation dune salle dinjection supervisée dans le 10e, celle-ci n’étant pas adaptéà la spécificité parisienne et aux réels besoins des toxicomanes 

–   propose une politique forte en matière daccompagnement des toxicomanes vers le sevrage pour les aider à sortir de cette addiction 

–   organise au plus vite une réunion de concertation avec lensemble des habitants des quartiers du 10e où un important public toxicomane est présent, afin denvisager au plus vite des solutions adaptées pour la vie du quartier.