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Voeu relatif au projet d’ouverture d’une salle de shoot rue Ambroise Paré dans le 10e arrondissement – Mars 2016

22 mars 2016

Vœu présenté par Déborah PAWLIK, Philippe GOUJON, Fréderic PÉCHENARD et les élus du groupe les Républicains

Relatif au projet d’ouverture d’une salle de shoot rue Ambroise Paré dans le 10e arrondissement

Le Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil municipal ;

Considérant l’adoption du projet de loi de modernisation de notre système de santé autorisant, en son article 43, l’ouverture d’une « salle de consommation à moindre risque » dans le 10e arrondissement ;

Considérant que, si nous demeurons opposés à l’ouverture même de cette salle et à cette expérimentation, il ne peut être fait abstraction des nombreuses questions posées par celle-ci ;

Considérant que la loi susmentionnée prévoit que le Ministre de la Santé arrête un cahier des charges national qu’il conviendra de diffuser aux personnes qui le souhaitent ;

Considérant que, alors que cette salle était initialement prévue au 39 boulevard de la Chapelle, Bernard Jomier, adjoint en charge de la santé a annoncé en mai 2016, que l’ouverture se ferait au sein de l’hôpital Lariboisière ;

Considérant toutefois que, in fine, nous apprenons, par la voie de l’exposé des motifs de la délibération DASES 101G,  « Subvention (848 976 euros) et convention avec l’association GAIA PARIS (11e) pour les travaux d’aménagement d’une salle de consommation à moindres risques sur le site de l’Hôpital Lariboisière à Paris (10e) » que cette salle sera implantée au 2 rue Ambroise Paré, au sein de l’immeuble Pierre Laurent, à quelques pas de l’entrée de l’hôpital et avec un accès direct sur la rue ;

Considérant par ailleurs que, à ce jour, aucune communication n’a été faite par la Mairie à destination des riverains ;

Considérant notamment qu’une réunion d’information avait été annoncée pour le début d’année 2016 puis sans cesse repoussée ;

Considérant que le seul échange que les riverains aient eu sur le sujet fut avec l’association Gaïa, lors d’une réunion qui fut particulièrement agitée le 9 mars;

Considérant d’une part que le choix du lieu d’implantation de cette salle n’est absolument pas adapté, car en plein cœur d’une zone résidentielle, au sein de laquelle se trouvent nombre de logements et commerces ;

Considérant d’autre part que, quel que soit le lieu finalement retenu, et en tout état de cause,  de nombreuses questions se posent quant aux conditions de fonctionnement de cette salle, et quant à l’impact de son implantation pour les riverains plus ou moins proches tant en termes de sécurité que de risques d’accroissement du trafic de stupéfiants à proximité de la salle ;

Considérant notamment que la BST, déjà mise en place il y  a plusieurs mois, et qui avait initialement vocation à sécuriser la zone autour de la salle de shoot, est déjà largement occupée par la gestion des nombreuses difficultés autour de la gare du nord, et qu’il semble difficile désormais qu’elle puisse prendre en charge seule la sécurisation de la zone ;

Considérant qu’il est pourtant essentiel, et de la responsabilité des pouvoirs publics, d’assurer aux habitants du quartier la tranquillité et la sécurité à laquelle ils ont droit ;

Considérant que rien n’a été précisé par ailleurs concernant la manière dont les flux d’entrée et de sortie seront gérés, et comment seront évitées les stagnations devant la salle, en pleine rue ;

Considérant également que rien n’a été développé quant à la manière dont les toxicomanes seront accompagnés avant leur sortie sur la voie publique, alors même qu’une sortie prématurée peut conduire à des comportements susceptibles d’être dangereux pour les passants ;

Considérant que le trafic de drogue va se concentrer aux alentours de la salle de consommation de drogue, dans une impunité totale afin de ne pas « stresser » les consommateurs ; comme l’ont démontré les expérimentations étrangères ;

Considérant enfin que les habitants de ce quartier, qui seront les premiers impactés par l’installation de cette salle qui devrait accueillir plus de 200 toxicomanes par jour selon les chiffres sortis à ce jour, sont en droit d’attendre de la majorité municipale une information complète sur les conditions d’ouverture de cette salle ;

Considérant l’exaspération légitime et grandissante qui est la leur, et qui s’est notamment matérialisée par la constitution d’un collectif nommé « Collectif des habitants du quartier Saint-Vincent-de-Paul Paris 10ème» et par la signature d’une pétition qui a recueilli plus de 700  signataires ;

Considérant qu’il est dès lors devenu urgent de prêter attention à leurs requêtes, au nom des principes élémentaires de la démocratie participative dont la mairie se fait le chantre ;

Sur proposition de Déborah PAWLIK , Philippe GOUJON, Fréderic PÉCHENARD et des élus du groupe les Républicains, émet le voeu :

  • Que la Ville de Paris renonce au projet d’implantation d’une salle d’injection de drogue ;
  • Qu’à défaut de suspendre ce projet funeste,
    • Que soit remis en cause le lieu d’implantation de la salle de shoot, rue Ambroise Paré, et qu’une réflexion soit rapidement engagée afin que soit trouvé un lieu éloigné des zones d’habitation
    • Que des informations précises soient communiquées quant au calendrier d’ouverture de cette salle d’injection de drogue ;
    • Qu’une réunion publique soit organisée dans les plus brefs délais par le maire du 10e arrondissement, en présence des représentants de la Préfecture de Police, à destination des riverains de l’ensemble du quartier de la gare du nord
    • Que soit fait état d’une part des mesures qui seront prises en matière de sécurité,  notamment en termes de moyens policiers, afin d’assurer la sécurité des riverains et d’autre part des mesures de fermeté mises en œuvre pour que le quartier ne devienne pas un lieu de deal à ciel ouvert
    • Qu’un état précis du coût de fonctionnement de cette salle soit présenté